Rubriques
Tiré du n°06 - 2003


HISTOIRE

Le Vatican essaya de sauver Gramsci








On a trouvé au Vatican la “preuve” de la négociation secrète qu’engagea le gouvernement soviétique avec le Saint-Siège dans l’espoir d’obtenir la libération des leaders communistes Antonio Gramsci et Umberto Terracini, détenus dans les prisons fascistes. La documentation sur cet épisode a été découverte par Emma Fattorini, professeur d’Histoire contemporaine à l’Université “La Sapienza” de Rome, dans les Archives secrètes du Vatican.




LITURGIE

Unité dans la foi, liberté des rites


Le 24 mai, le cardinal Darío Castrillón Hoyos, préfet de la Congrégation pour le Clergé et président de la Commission pontificale Ecclesia Dei a célébré dans la basilique romaine Sainte-Marie-Majeure une messe selon le rite romain pré-conciliaire. C’était la première fois depuis les temps de la réforme liturgique qu’un cardinal célébrait une messe “tridentine” dans une basilique patriarcale. La liturgie, précédée de la récitation du rosaire, a été célébrée, à la demande de nombreux groupes de fidèles liés à la messe dite de saint Pie V, en l’honneur de Jean Paul II à l’approche du XXVe anniversaire de son élection au pontificat.
Ont assisté à la célébration, outre deux mille fidèles et une centaine de prêtres et de séminaristes, cinq cardinaux (l’américain Bernard Francis Law et William Wakefield Baum, le chilien Jorge Arturo Medina Estévez, l’autrichien Alfons Maria Stickler et l’africain Armand Gaétan Razafindratandra), deux chefs de dicastère de la Curie romaine (les archevêques Luigi De Magistris, propénitencier majeur, et Julián Herranz, de l’Opus Dei, président du Conseil pontifical pour les Textes législatifs), l’évêque Karl Josef Romer, secrétaire du Conseil pontifical pour la Famille. Étaient aussi présents don Manlio Sodi, doyen de la Faculté de Théologie de l’Université pontificale salésienne et directeur, pour la Libreria editrice vaticana, de la collection “Monumenta Liturgica Concilii Tridentini”.
Au début de la cérémonie a été lu un message que le cardinal secrétaire d’État Angelo Sodano a adressé au nom du Pape aux participants. Castrillón, après avoir évoqué la figure de la sainte Vierge Marie et celle du Pape, a consacré la troisième partie de son homélie au “vénérable rite de Saint Pie V”. «Une coïncidence providentielle», a dit le cardinal, «nous permet aujourd’hui de rendre un culte à Dieu en célébrant le divin Sacrifice selon le rite romain. Ce rite prit forme dans le Missel dit de Saint Pie V dont la dépouille mortelle repose précisément dans cette basilique». «Vous-mêmes», a poursuivi le cardinal, «très chers fidèles, particulièrement sensibles à ce rite qui, pendant des siècles, a constitué la forme officielle de la liturgie romaine, vous avez pris l’initiative de la célébration d’aujourd’hui. Et moi j’ai été très heureux de pouvoir accéder à votre désir, qui est celui de gens dont le nombre dépasse largement celui des présents, que ces gens soient animés par la dévotion filiale au Saint-Père, à l’approche du vingt-cinquième anniversaire de son pontificat, ou qu’ils reconnaissent les fruits de sainteté que le peuple chrétien a obtenus de la sainte Eucharistie dans le cadre de ce rite». «Le rite dit de Saint Pie V», a rappelé Castrillón, «ne peut être considéré comme hors d’usage et l’autorité du Saint Père a réservé un accueil bienveillant aux fidèles qui, tout en reconnaissant la légitimité du rite romain rénové selon les indications du Concile Vatican II, restent liés au rite précèdent et trouvent en lui une nourriture spirituelle valable dans leur chemin de sanctification». «L’ancien rite romain», a souligné le président d’Ecclesia Dei, «conserve donc dans l’Église son droit de cité dans la multiplicité des formes des rites catholiques, qu’ils soient latins ou orientaux. Ce qui unit la diversité de ces rites, c’est la même foi dans le mystère eucharistique, dont la profession a toujours assuré l’unité de l’Église sainte, catholique et apostolique». «Je sais», a enfin conclu Castrillón, «que vous êtes infiniment reconnaissants au Saint-Père de l’invitation qu’il a adressée aux évêques du monde entier “à avoir une compréhension et une attention pastorales nouvelles pour les fidèles liés à l’ancien rite et à aider, au seuil du troisième millénaire, tous les catholiques à vivre la célébration des saints mystères avec une dévotion qui soit un véritable aliment pour leur vie spirituelle et qui soit source de paix” (L’Osservatore Romano, 26-27 octobre 1998, éd.it. p. 8). Dévotion qui, comme l’enseigne saint Thomas d’Aquin, doit être extrême, “propter hoc quod in hoc sacramento totus Christus continetur” (Summa Theologica III q. 83 a. 4 ad 5). Nous sommes tous appelés à l’unité dans la Vérité, avec un respect réciproque pour la diversité des opinions, sur la base de la même foi, en procédant “in eodem sensu” et en nous souvenant de ce que dit Augustin: “in necessariis unitas, in dubiis libertas, in omnibus caritas”».
Le quotidien Avvenire et la Radio vaticane ont accordé une grande place à la nouvelle de la messe du 24 mai. L’Ossevatore Romano, pour sa part, n’a pas parlé de cet événement. De même, la Salle de presse du Vatican n’a pas publié dans son bulletin le texte du message du cardinal Sodano.





ANNIVERSAIRES

Tous les cardinaux en octobre, à Rome, pour la XXVe année de pontificat de Jean Paul II


u 15 au 19 octobre, dans le cadre des célébrations pour le XXVe anniversaire du pontificat de Jean Paul II, est prévue une réunion de tous les cardinaux du Sacré Collège. Comme l’a expliqué Joaquín Navarro-Valls dans une interview à La Stampa (17 mai), «ce sera une réunion de cardinaux auxquels leur doyen, le cardinal Ratzinger, a adressé une invitation». «Réunion», a précisé le porte-parole du Vatican, «qui ne prendra cependant pas la forme d’un consistoire».
Les célébrations débuteront le mercredi 15 au soir avec la récitation des vêpres. Le jeudi 16, anniversaire de l’élection de Karol Wojtyla au pontificat, il y aura une messe à Saint-Pierre avec le Te Deum de remerciement. Le 17 et le 18, se tiendra un congrès comprenant cinq interventions sur “Ministère pétrinien et communion dans l’épiscopat” (intervenant, le cardinal Bernardin Gantin, doyen émérite), sur “Prêtres, vie consacrée et vocations” (Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris), “Famille” (Alfonso López Trujillo, président du Conseil pontifical compétent), “Œcuménisme” (Nasrallah Pierre Sfeir, patriarche maronite), “Missions” (Ivan Dias, archevêque de Bombay). Le samedi 18 est encore prévu un message au Saint-Père. On sait enfin que durant ces jours le Pape remettra l’exhortation post-synodale du dernier synode général, célébré en 2001, sur le thème “L’évêque: serviteur de l’Évangile de Jésus-Christ pour l’espérance du monde”.


ANNIVERSAIRES/ 2
Congrès à Pérouse
en l’honneur
de Léon XIII

Du 29 mai au 1er juin s’est déroulé à Pérouse le congrès international sur le thème : “La philosophie chrétienne entre le XIXe et le XXe siècle et le magistère de Léon XIII”. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des célébrations pour le centenaire de la disparition du Pontife, survenue le 20 juillet 1903. Gioacchino Pecci, avait été, avant d’être élu en 1878 au siège de Pierre, archevêque de Pérouse.





30JOURS DANS LE MONDE


SACRÉ COLLÈGE
La mort du cardinal
Colasuonno

Le 31 mai est décédé le cardinal Francesco Colasuonno, 78 ans, malade depuis longtemps. Créé cardinal en 1998, il avait été auparavant nonce en Italie et premier représentant pontifical à Moscou. Avec sa disparition, le Sacré Collège comprend désormais 167 cardinaux dont 111 électeurs (110 le 17 juin, date où le cardinal américain Anthony Joseph Bevilacqua atteindra quatre-vingts ans).


CELAM
Errázuriz Ossa
à la tête de l’épiscopat
latino-américain

Du 13 au 16 mai s’est tenu au Paraguay la XXIXe assemblée ordinaire du Conseil épiscopal latino-américain (CELAM). À cette occasion ont été élus les nouveaux responsables de cet organisme ecclésial. Pour les quatre années 2003-2007 le président du CELAM sera le cardinal Francisco Javier Errázurriz Ossa, des pères de Schönstatt, 70 ans, archevêque de Santiago du Chili depuis 1998. Le mexicain Carlos Aguiar Retes, 53 ans, évêque de Texcoco et le brésilien Geraldo Lyrio Rocha, 61 ans, archevêque de Vitória da Conquista, ont été nommés respectivement premier et second vice-présidents. Le secrétaire général sera le dominicain Ramón de La Rosa y Carpio, 64 ans, évêque à Higüey. Enfin la charge de président du Conseil économique sera confiée au cardinal colombien Pedro Rubiano Sáenz, 71 ans, archevêque de Bogota.
RELIGIEUX
Un Espagnol à la tête
des frères mineurs

Le 5 juin, les frères mineurs ont élu un nouveau ministre général pour succéder à l’italien Giacomo Bini. C’est l’espagnol José Rodríguez Carballo, 50 ans, jusqu’à présent définiteur général et secrétaire général pour la formation et les études, qui a été choisi pour être le 119e successeur de saint François.


CEI
Montenegro nouveau
président de Caritas

Au cours de la cinquante et unième assemblée générale de l’épiscopat italien, qui s’est tenue au Vatican du 19 au 23 mai, l’évêque sicilien Francesco Montenegro, 57 ans, auxiliaire de Messine depuis 2000, a été nommé président de la Commission épiscopale de la CEI pour le service de la charité et du salut, et donc aussi responsable de la Caritas italienne. Montenegro a été élu au second tour où il l’a emporté sur l’évêque d’Alessandria, Fernando Charrier, 72 ans.


ITALIE
Castellani coadjuteur
à Lucques

Le 31 mai, Benvenuto Italo Castellani, 60 ans, de Cortona (près d’Arezzo), a été nommé coadjuteur de l’archevêque de Lucques. Ordonné prêtre en 1973, docteur en théologie (diplôme de l’Université de Trente), il était depuis 1997 évêque de Faenza-Modigliana.


EX-URSS
Réorganisation ecclésiastique
au Kazakhstan

Du 16 au 19 mai, le cardinal secrétaire d’État Angelo Sodano s’est rendu au Kazakhstan où, le 17, il a annoncé la réorganisation des juridictions ecclésiastiques de la République ex-soviétique, avec la création de l’archi-diocèse métropolitain de Sainte Marie d’Astana qui aura pour suffragants le diocèse de la Sainte-Trinité en Almaty, de Qaraghandhy, et l’administration apostolique d’Atyrau. Ces mesures ont provoqué une dure réaction de la part du Patriarcat de Moscou.


GORBATCHEV
Un cierge dans une église pour Raïssa

«Vous êtes croyant?». «Non. Et pourtant ma famille était paysanne comme la sienne et, comme la sienne, elle était habituée à prier. Je n’ai jamais dans ma vie adressé de prière à Dieu. Mais depuis que j’ai perdu Raïssa, il m’arrive quelque chose d’étrange: parfois, j’entre dans un église et j’allume un cierge en souvenir d’elle, comme cela se fait chez nous. Un geste irrationnel, je le sais, mais dicté par quelque instinct». C’est ce qu’a dit l’ex-président de l’URSS Mikhaïl Gorbatchev, alors qu’il était interviewé par le chanteur Bono Vox, leader des U2, à l’occasion de la présentation du Forum international qu’il préside. L’interview a été reprise par La Stampa du 21 mai.
FOOTBALL
Dziwisz et la Lazio;
le Pape et le Cracovia
disparu

«“Un grand cœur, blanc-bleu dans l’âme”. C’est ainsi qu’a été défini l’évêque Stanislao Dziwisz, secrétaire personnel de Karol Wojtyla depuis 36 ans et depuis peu membre honoraire du “Lazio club easy rider”». C’est en ces termes qu’Il Messagero du 9 mai annonçait les sympathies du secrétaire du Pape en matière de football. Le curieux article poursuivait en notant que «sa capacité à “se réjouir avec qui se réjouit et de souffrir avec qui souffre” qui s’exerçait aussi, dans un esprit sacerdotal, à l’égard des supporters de la Roma, avait laissé penser que ses sympathies allaient vers les jaunes-rouges [couleurs de la Roma]. Le même Mgr Dziwisz tint à préciser que notre scoop avait manqué son but». L’article se terminait en faisant allusion à la passion pour le football de Karol Wojtyla, supporter du “Cracovie” le club glorieux qui n’existe plus depuis quelques années. Le “Wisla Cracovia” était soutenu par les habitants de Cracovie et de ses alentours.


CORRIERE
DELLA SERA

1968, trente années
de folie et le retour
de la Tradition

«Une époque qui avait commencé en 68 est en train de se terminer. Trente ans de folie. Nous préparons de toutes nos forces le retour de la Tradition des valeurs de la famille». C’est ce qu’a écrit le ministre italien pour les réformes, Umberto Bossi, sur Il Corriere della Sera du 11 mai. Le leader de la Ligue du Nord est revenu sur ce thème au cours d’une interview télévisée qu’il a accordée le 20 mai à Telepadania avec ces explications: «Aujourd’hui l’Église parle un langage trop différent de celui de la Tradition. C’est de ce facteur aussi que découle la grande confusion d’esprit dans laquelle se trouvent les gens, lesquels écoutent à la messe des choses très, trop différentes de celles qu’ils entendaient au même endroit, il n’y a de cela que quelques années. Mais la Tradition est en train de revenir. Il est peut-être trop tôt pour que ce changement soit perceptible part tous. Mais le monde change. Il a même peut-être déjà changé».


L’AVVENIRE
Vingt-cinq ans
de folie

Vingt-cinq ans de solitude pour la folie: tel est le titre de l’éditorial d’Avvenire du 14 mai, rédigé au moment du vingt-cinquième anniversaire de l’approbation en Italie de ce que l’on appelle la “loi Basaglia”: une loi qui fermait les hôpitaux psychiatriques et qui, selon l’éditorialiste, devrait être changée.


LA STAMPA/ I
Les jésuites
et le pouvoir

Sur la Civiltà Cattolica du 17 mai (cahier n. 3670), le père Michele Simone, spécialiste de politique intérieure de la revue des jésuites, signe un article critique à l’égard de certaines rigidités du président du Conseil Silvio Berlusconi à l’égard de la magistrature italienne, Au-delà du contenu de l’article, le commentaire qu’en a fait Filippo Ceccarelli dans La Stampa du 16 mai est intéressant. Nous en rapportons un passage: «Conseillers du prince par vocation et tradition, les jésuites connaissent le pouvoir comme peu de gens au monde. Berlusconi et les siens auraient tort de les sous-évaluer. Pour s’en tenir à l’Italie et à son passé récent, il sera bon de se rappeler que ce fut un ardent prédicateur jésuite, le père Lombardi, que l’on appelait alors – et ce n’était pas un hasard – “le microphone de Dieu”, qui inventa la “mobilisation” anticommuniste. Mobilisation qui, par l’intermédiaire des Comités civiques de Gedda, mena à la victoire du 18 avril 1948. Et même , pour être exact, ce “plan” avait été soumis à Mgr Montini par le directeur de la Civiltà Cattolica, le père Giacomo Martegani, quand De Gasperi “vira” le PCI du gouvernement».


LA STAMPA/ 2
D’Alema, Lula
et les maximalistes

Le 5 juin, au cours d’un congrès, Massimo D’Alema, président des Démocrates de gauche, a fait l’éloge de la modération et du réalisme du nouveau président brésilien Lula et a conclu par ces mots: «C’est ainsi qu’il a gagné les élections. Avec les recettes des “lulistes” italiens, il aurait dû attendre un autre quart de siècle pour gagner les élections». Dans un article paru sur La Stampa le jour suivant, Filippo Ceccarelli, après avoir expliqué que les «Lula de noantri», autrement dit les “lulistes” italiens se trouvaient soit dans le mouvement anti-mondialisation soit dans le monde bigarré de la gauche, catholiques compris, conclut en conseillant «de lire la polémique “dalémienne” comme une variante mise à jour et mondialisée de l’ancienne dispute entre réformistes et maximalistes».


DIPLOMATIE/ I
Nouveau nonce
à Malte

Le 5 juin, l’archevêque espagnol Félix del Blanco Prieto, 66 ans, a été nommé nonce apostolique à Malte. Il succède à Luigi Conti, 74 ans, qui a renoncé à sa charge «pour avoir atteint la limite d’âge». Le nouveau représentant à La Valette est entré dans la diplomatie vaticane en 1968 et a travaillé dans les légations pontificales d’Espagne, du Mexique, d’Argentine, d’Autriche. De 1988 à 1991 il a prêté ses services comme second secrétaire du cardinal Agostino Casaroli. En 1991, il a été nommé archevêque et nonce apostolique à São Tomé et Príncipe et délégué apostolique en Angola. Il était depuis 1996 nonce au Cameroun et en Guinée équatoriale.
DIPLOMATIE/ 2
Nouveaux ambassadeurs
du Japon et d’Israël

Le 30 mai, le nouvel ambassadeur du Japon près le Saint-Siège a remis ses lettres de créance. Il s’agit de Gunkatsu Kano, 61 ans, diplomate de profession, ambassadeur en Colombie depuis 1999.
Le 2 juin, le nouvel ambassadeur d’Israël près le Saint-Siège a à son tour remis ses lettres de créance. Il s’agit d’Oded Ben-Hur, 52 ans, diplomate de carrière, attaché culturel et scientifique de l’ambassade d’Israël auprès du Quirinal de 1989 à 1994.


DIPLOMATIE/ 3
Douze nouveaux
ambassadeurs
non résidents

Le 15 mai, douze nouveaux ambassadeurs qui ne résideront pas à Rome ont présenté leurs lettres de créance. Il s’agit des représentants de l’Australie, du Zimbabwe, de la Syrie, de Trinité-et-Tobago, de l’Éthiopie, de la Lettonie, des Îles Figi, du Burundi, de la Géorgie, du Vanuatu, de la Moldavie, du Pakistan.




SODANO

La paix en Terre Sainte et la santé du Pape







Le secrétaire d’État du Vatican, Angelo Sodano, a répondu, durant le voyage du Pape en Croatie, à des questions que lui ont posées des journalistes. Nous rapportons ci-dessous d’amples passages de ses déclarations qui ont été reprises par La Stampa du 6 juin. Voici ce qu’il a dit à propos du Moyen-Orient: «Il y a trois grands problèmes. Le premier est celui des frontières; puis viennent celui du retour des émigrés et celui de Jérusalem, Commençons par parler des frontières, ce qui est plus facile: il ne peut exister un État troué comme un gruyère. Depuis que le monde est monde, un État doit avoir des frontières claires. Et puis il y a le problème du retour des réfugiés. La justice existe dans le monde entier: si quelqu’un a été chassé de chez lui… moi aussi, si j’avais été chassé de chez moi, je souhaiterais revenir; ou, au moins, je dirais: donnez-moi quelque chose. Cela s’est déjà produit par le passé: les Polonais ont été chassés de l’Ukraine, les Italiens de Fiume. La justice exige une forme de compensation. Et, pour finir, le problème de Jérusalem doit être résolu. Sans toucher au fond du sujet, le Saint-Siège est sensible à la question de la protection des Lieux Saints; donc le statut actuel garanti sur le plan international». Le cardinal a, de plus, fait allusion au prochain voyage du Pape en Mongolie: «Nous sommes dans les mains de Dieu», a-t-il dit. «Le voyage est en projet […], la décision se prendra d’ici juin ou juillet». Il a finalement donné des nouvelles rassurantes de la santé du Pape en expliquant que «le Pape fait un check-up tous les deux ou trois mois, un contrôle normal comme nous en faisons nous aussi. Et il va mieux, même sans papaye».




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