«Il est beau d’être l’ami de Jésus»
Quelques passages des discours de Benoît XVI au cours de son voyage apostolique au Portugal
par pape Benoît XVI
![Benoît XVI au cours de son voyage apostolique au Portugal <BR>[© Osservatore Romano]](/upload/articoli_immagini_interne/1279721929372.jpg)
Benoît XVI au cours de son voyage apostolique au Portugal
[© Osservatore Romano]
Chers pèlerins,
«Tous ensemble, avec en main votre cierge allumé, vous semblez un océan de lumière autour de cette simple chapelle, érigée avec empressement en l’honneur de la Mère de Dieu et notre Mère, elle don« chemin de retour de la terre au ciel était apparu aux jeunes bergers comme un faisceau de lumière. Cependant, comme Marie, nous ne jouissons pas d’une lumière propre: nous la recevons de Jésus. Sa présence en nous renouvelle le mystère et le rappel du buisson ardent, celui qui, un temps, sur le mont Sinaï a attiré Moïse et n’arrête pas de fasciner tous ceux qui se rendent compte qu’une lumière spéciale brûle en nous mais sans nous consumer ( Ez 3, 2-5). Par nous-mêmes, nous ne sommes qu’un misérable buisson, sur lequel pourtant est descendue la gloire de Dieu. À lui, donc, toute gloire, à nous l’humble confession de notre néant et l’adoration déférente des desseins de Dieu, qui seront accomplis quand “Dieu sera tout en tous” (1Co 15, 28). La Vierge, pleine de grâce, est la servante incomparable de tels desseins: “Voici la servante du Seigneur: que tout se passe pour moi selon ta parole” (Lc 1, 38)».
Prière du chapelet, esplanade du sanctuaire de Fatima, 12 mai
La foi dans de vastes régions de la terre, risque de s’éteindre comme une flamme qui n’est plus alimentée
«À notre époque, où la foi dans de vastes régions de la terre, risque de s’éteindre comme une flamme qui n’est plus alimentée, la première de toutes les priorités est celle de rendre Dieu présent dans ce monde et d’ouvrir aux hommes l’accès à Dieu. Pas à un dieu quelconque, mais à ce Dieu qui a parlé sur le Sinaï; ce Dieu dont nous reconnaissons le visage dans l’amour vécu jusqu’au bout ( Jn 13, 1), en Jésus Christ crucifié et ressuscité. Chers frères et sœurs, adorez le Christ Seigneur dans vos cœurs (1P 3, 15)!»
Prière du chapelet, esplanade du sanctuaire de Fatima, 12 mai
Les attaques contre le Pape et contre l’Église ne viennent pas seulement de l’extérieur, mais les souffrances de l’Église viennent proprement de l’intérieur de l’Église, du péché qui existe dans l’Église
[Répondant à une question du père Lombardi sur le troisième secret de Fatima]
«Je dirais donc, ici aussi, au-delà de cette grande vision de la souffrance du Pape que nous pouvons en premier lieu rapporter au Pape Jean-Paul II, que sont indiquées des réalités de l’avenir de l’Église qui au fur et à mesure se développent et se manifestent. Par conséquent, il est vrai qu’au-delà du moment indiqué dans la vision, on parle, on voit la nécessité d’une passion de l’Église, qui naturellement se reflète dans la personne du Pape, mais le Pape est pour l’Église et donc ce sont des souffrances de l’Église qui sont annoncées. Le Seigneur nous a dit que l’Église aurait toujours souffert, de diverses façons, jusqu’à la fin du monde. L’important est que le message, la réponse de Fatima, ne réside pas substantiellement dans des dévotions particulières, mais dans la réponse de fond, c’est-à-dire la conversion permanente, la pénitence, la prière et les trois vertus théologales: foi, espérance et charité. Ainsi voyons-nous ici la réponse véritable et fondamentale que l’Église doit donner, que nous, chacun de nous, devons donner dans cette situation. Quant aux nouveautés que nous pouvons découvrir aujourd’hui dans ce message, il y a aussi le fait que les attaques contre le Pape et contre l’Église ne viennent pas seulement de l’extérieur, mais les souffrances de l’Église viennent proprement de l’intérieur de l’Église, du péché qui existe dans l’Église. Ceci s’est toujours su, mais aujourd’hui nous le voyons de façon réellement terrifiante: que la plus grande persécution de l’Église ne vient pas de ses ennemis extérieurs, mais naît du péché de l’Église et que donc l’Église a un besoin profond de réapprendre la pénitence, d’accepter la purification, d’apprendre d’une part le pardon, mais aussi la nécessité de la justice. Le pardon ne remplace pas la justice»
Entretien avec les journalistes au cours du vol vers le Portugal, 11 mai
![Benoît XVI au cours de son voyage apostolique au Portugal [© Osservatore Romano]](/upload/articoli_immagini_interne/1279721888747.jpg)
Benoît XVI au cours de son voyage apostolique au Portugal [© Osservatore Romano]
«“L’Église” – écrivait le Pape Paul VI – doit entrer en dialogue avec le monde dans lequel elle vit. L’Église se fait parole; l’Église se fait message; l’Église se fait dialogue”» (Encyclique Ecclesiam suam, n. 67). […] C’est justement dans le but de “mettre le monde moderne en contact avec les énergies vivifiantes et pérennes de l’Évangile” (Jean XXIII, Constitution apostolique Humanae salutis, n. 3), qu’a eu lieu le Concile Vatican II, au cours duquel l’Église, partant d’une conscience renouvelée de la tradition catholique, prend au sérieux et discerne, transfigure et dépasse les critiques qui sont à la base des courants qui ont caractérisé la modernité, c’est-à-dire la Réforme et les Lumières. Ainsi, d’elle-même, l’Église accueille et régénère le meilleur des exigences de la modernité, d’une part en les assumant et en les dépassant et d’autre part en évitant ses erreurs et les chemins sans issue»
Rencontre avec le monde de la culture, Lisbonne, 12 mai
Souvent nous nous préoccupons fébrilement des conséquences sociales, culturelles et politiques de la foi, escomptant que cette foi existe
«Souvent nous nous préoccupons fébrilement des conséquences sociales, culturelles et politiques de la foi, escomptant que cette foi existe, ce qui malheureusement s’avère de jour en jour moins réaliste. On a peut-être mis une confiance excessive dans les structures et dans les programmes ecclésiaux, dans la distribution des responsabilités et des fonctions; mais qu’arrivera-t-il si le sel s’affadit?»
Homélie de la messe, Lisbonne, 11 mai
![Benoît XVI au cours de son voyage apostolique au Portugal [© Osservatore Romano]](/upload/articoli_immagini_interne/1279721889106.jpg)
Benoît XVI au cours de son voyage apostolique au Portugal [© Osservatore Romano]
«Chers Frères et jeunes amis, le Christ est toujours avec nous et il marche toujours avec son Église, il l’accompagne et la garde, comme il nous l’a dit : “Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde” (Mt 28, 20). Ne doutez jamais de sa présence! Cherchez toujours le Seigneur Jésus, grandissez dans l’amitié avec lui, recevez-le dans la communion. Apprenez à écouter et à connaître sa parole et aussi à le reconnaître dans les pauvres. Vivez votre existence avec joie et enthousiasme, sûrs de sa présence et de son amitié gratuite, généreuse, fidèle jusqu’à la mort de la croix. Témoignez à tous la joie de sa présence forte et douce, en commençant par ceux qui ont votre âge. Dites-leur qu’il est beau d’être l’ami de Jésus et qu’il vaut la peine de le suivre. Par votre enthousiasme montrez que, parmi tant de modes de vie que le monde aujourd’hui semble nous offrir – tous apparemment du même niveau –, l’unique dans lequel se trouve le vrai sens de la vie et donc la joie véritable et durable est de suivre Jésus. Cherchez chaque jour la protection de Marie, Mère du Seigneur et miroir de toute sainteté. Elle, la toute Sainte, vous aidera à être de fidèles disciples de son Fils Jésus Christ».
Homélie de la messe, Lisbonne, 11 mai
Homélie de la messe, Porto, 14 mai