INTERVIEW DU CARDINAL CORMAC MURPHY-O’CONNOR
L’Eucharistie, le plus grand signe de l’unité de l’Église
Beaucoup d’interventions ont été vraiment émouvantes. Le Saint-Père a naturellement exprimé dans ses interventions son intérêt personnel et son inquiétude pour la liturgie dans l’Église. C’est évidemment quelque chose qui le touche très profondément
Interview du cardinal Cormac Murphy o'Connor par Giovanni Cubeddu
Dixième archevêque de Westminster et
président de la Conférence épiscopale
d’Angleterre et de Galles, le cardinal Cormac Murphy-O’Connor
est depuis toujours engagé dans le dialogue avec la Communion
anglicane. De 1982 à 2000 il a aussi été
co-président de l’ARCIC, la Commission internationale
anglicane et catholique romaine qui est le lieu privilégié de
ce rapprochement intense et délicat.
Sur invitation de la reine Elisabeth, le cardinal O’Connor a prononcé en 2002 un sermon devant les souverains anglais. Cela n’était plus arrivé depuis 1680.

Éminence, que pensez-vous du Synode qui vient de
se terminer?
CORMAC MURPHY-O’CONNOR: Cela a été une grande source de joie de passer ces trois semaines non seulement sub Petro mais aussi cum Petro. Le pape Benoît XVI a été avec nous la majeure partie du temps, écoutant avec attention et créant entre les pères du Synode un climat d’amitié. Je crois que ce climat a aussi été favorisé par les changements opérés dans l’organisation de cette assemblée. Ces changements représentent des pas en avant vers la réforme du Synode, laquelle, sans aucun doute, sera poursuivie. Mais le principal, c’est que le Pape s’intéresse manifestement au Synode, qu’il s’en occupe et qu’il ait été heureux d’être avec nous. Le Pape a un style vraiment collégial et il est ouvert aux évêques de l’Église
Quels ont été, selon vous, les points principaux du Synode?
MURPHY-O’CONNOR: Les évêques ont principalement cherché à approfondir l’amour, la compréhension et le respect pour la sainte Eucharistie, en tant qu’événement central de la vie des catholiques. Nous nous sommes rencontrés pour voir comment on pouvait augmenter la dévotion pour la messe. Cela veut dire que l’on a réfléchi sur la façon dont la messe se célèbre et sur la façon dont le peuple y participe. L’objet du Synode était d’étudier le besoin dans le monde d’une plus grande compréhension du mystère de l’Eucharistie. Nous avons naturellement parlé aussi d’autres choses, du manque de prêtres, du problème des personnes qui ne peuvent recevoir la communion. Et l’on a écouté l’opinion des évêques sur ces questions qui ne sont pas faciles. Mais l’attention s’est principalement portée sur le désir des pères synodaux d’aider les évêques à guider leur peuple et à l’ouvrir au mystère et à l’amour de l’Eucharistie.
Qu’est-ce qui, dans ce colloque, a pu le plus intéresser le monde anglican?
MURPHY-O’CONNOR: Trois évêques anglicans étaient présents au Synode et ils ont aussi apporté leur contribution. Je crois que les anglicans, dans l’ensemble, regarderont l’enseignement de l’Église catholique sur l’Eucharistie comme quelque chose à quoi ils pourraient adhérer.
J’ai été membre de la Commission internationale composée d’anglicans et de catholiques romains qui a produit des documents sur l’Eucharistie plus ou moins approuvés par le Saint-Siège et par la Communion anglicane. Notre doctrine sur l’Eucharistie est, pour l’essentiel, la même. Naturellement, nous ne pouvons avoir une intercommmunion avec les anglicans pour une série de raisons: l’absence d’accord sur l’autorité, la question de la validité des ordinations anglicanes que nous ne pouvons encore reconnaître. Mais un grand pas a été fait dans la compréhension réciproque de l’Eucharistie et je crois que le Synode favorisera ce processus par le fait qu’il aidera les anglicans dans leur enseignement du mystère de l’Eucharistie.
Y avait-il un sujet qui aurait pu être traité de façon plus approfondie?
MURPHY-O’CONNOR: Je pense que la majeure partie des pères du Synode sont repartis assez satisfaits. Nous avons eu récemment d’excellents textes pontificaux sur l’Eucharistie et je pense que le Synode a favorisé leur réception. Le Synode nous a aussi aidés à comprendre comment la doctrine de l’Église au sujet de l’Eucharistie pouvait être communiquée à travers l’enseignement du catéchisme. Ce devrait être là l’un des principaux résultats de ce Synode.
Y a-t-il des témoignages qui vous ont particulièrement frappé?
MURPHY-O’CONNOR: Beaucoup d’interventions ont été vraiment émouvantes. Le Saint-Père a naturellement exprimé dans ses interventions son intérêt personnel et son inquiétude pour la liturgie dans l’Église. C’est évidemment quelque chose qui le touche très profondément, comme cela touche du reste tous les évêques. Et, en un certain sens, un Synode qui a pour sujet l’Eucharistie est un Synode sur ce qui constitue le centre de l’unité dans l’Église. L’Eucharistie est la plus grande expression de l’unité de l’Église.
Avez-vous profité de l’occasion du Synode pour engager quelque forme de dialogue avec les évêques anglicans présents?
MURPHY-O’CONNOR: Pas de manière formelle, mais de manière informelle, bien sûr. De fait, il n’y a pas eu à Rome un évêque anglican pour toute la période du Synode, mais un évêque par semaine. Je les ai tous rencontrés et nous avons eu des conversations très amicales et utiles et je crois qu’ils ont été très heureux d’être venus à Rome.
Et les anglicans, qu’ont-ils retiré selon vous de cette expérience?
MURPHY-O’CONNOR: Je crois qu’ils ont apprécié la diversité et l’unité de l’Église catholique et aussi la force de l’autorité de l’Église dans son enseignement.
Sur invitation de la reine Elisabeth, le cardinal O’Connor a prononcé en 2002 un sermon devant les souverains anglais. Cela n’était plus arrivé depuis 1680.

Cormac Murphy-O’Connor
CORMAC MURPHY-O’CONNOR: Cela a été une grande source de joie de passer ces trois semaines non seulement sub Petro mais aussi cum Petro. Le pape Benoît XVI a été avec nous la majeure partie du temps, écoutant avec attention et créant entre les pères du Synode un climat d’amitié. Je crois que ce climat a aussi été favorisé par les changements opérés dans l’organisation de cette assemblée. Ces changements représentent des pas en avant vers la réforme du Synode, laquelle, sans aucun doute, sera poursuivie. Mais le principal, c’est que le Pape s’intéresse manifestement au Synode, qu’il s’en occupe et qu’il ait été heureux d’être avec nous. Le Pape a un style vraiment collégial et il est ouvert aux évêques de l’Église
Quels ont été, selon vous, les points principaux du Synode?
MURPHY-O’CONNOR: Les évêques ont principalement cherché à approfondir l’amour, la compréhension et le respect pour la sainte Eucharistie, en tant qu’événement central de la vie des catholiques. Nous nous sommes rencontrés pour voir comment on pouvait augmenter la dévotion pour la messe. Cela veut dire que l’on a réfléchi sur la façon dont la messe se célèbre et sur la façon dont le peuple y participe. L’objet du Synode était d’étudier le besoin dans le monde d’une plus grande compréhension du mystère de l’Eucharistie. Nous avons naturellement parlé aussi d’autres choses, du manque de prêtres, du problème des personnes qui ne peuvent recevoir la communion. Et l’on a écouté l’opinion des évêques sur ces questions qui ne sont pas faciles. Mais l’attention s’est principalement portée sur le désir des pères synodaux d’aider les évêques à guider leur peuple et à l’ouvrir au mystère et à l’amour de l’Eucharistie.
Qu’est-ce qui, dans ce colloque, a pu le plus intéresser le monde anglican?
MURPHY-O’CONNOR: Trois évêques anglicans étaient présents au Synode et ils ont aussi apporté leur contribution. Je crois que les anglicans, dans l’ensemble, regarderont l’enseignement de l’Église catholique sur l’Eucharistie comme quelque chose à quoi ils pourraient adhérer.
J’ai été membre de la Commission internationale composée d’anglicans et de catholiques romains qui a produit des documents sur l’Eucharistie plus ou moins approuvés par le Saint-Siège et par la Communion anglicane. Notre doctrine sur l’Eucharistie est, pour l’essentiel, la même. Naturellement, nous ne pouvons avoir une intercommmunion avec les anglicans pour une série de raisons: l’absence d’accord sur l’autorité, la question de la validité des ordinations anglicanes que nous ne pouvons encore reconnaître. Mais un grand pas a été fait dans la compréhension réciproque de l’Eucharistie et je crois que le Synode favorisera ce processus par le fait qu’il aidera les anglicans dans leur enseignement du mystère de l’Eucharistie.
Y avait-il un sujet qui aurait pu être traité de façon plus approfondie?
MURPHY-O’CONNOR: Je pense que la majeure partie des pères du Synode sont repartis assez satisfaits. Nous avons eu récemment d’excellents textes pontificaux sur l’Eucharistie et je pense que le Synode a favorisé leur réception. Le Synode nous a aussi aidés à comprendre comment la doctrine de l’Église au sujet de l’Eucharistie pouvait être communiquée à travers l’enseignement du catéchisme. Ce devrait être là l’un des principaux résultats de ce Synode.
Y a-t-il des témoignages qui vous ont particulièrement frappé?
MURPHY-O’CONNOR: Beaucoup d’interventions ont été vraiment émouvantes. Le Saint-Père a naturellement exprimé dans ses interventions son intérêt personnel et son inquiétude pour la liturgie dans l’Église. C’est évidemment quelque chose qui le touche très profondément, comme cela touche du reste tous les évêques. Et, en un certain sens, un Synode qui a pour sujet l’Eucharistie est un Synode sur ce qui constitue le centre de l’unité dans l’Église. L’Eucharistie est la plus grande expression de l’unité de l’Église.
Avez-vous profité de l’occasion du Synode pour engager quelque forme de dialogue avec les évêques anglicans présents?
MURPHY-O’CONNOR: Pas de manière formelle, mais de manière informelle, bien sûr. De fait, il n’y a pas eu à Rome un évêque anglican pour toute la période du Synode, mais un évêque par semaine. Je les ai tous rencontrés et nous avons eu des conversations très amicales et utiles et je crois qu’ils ont été très heureux d’être venus à Rome.
Et les anglicans, qu’ont-ils retiré selon vous de cette expérience?
MURPHY-O’CONNOR: Je crois qu’ils ont apprécié la diversité et l’unité de l’Église catholique et aussi la force de l’autorité de l’Église dans son enseignement.