30Jours dans le monde
UNION EUROPÉENNE
La communauté juive et les racines judéo-chrétiennes

Amos Luzzatto
HISTOIRE
Dix millions de demandes d’aide à Pie XII durant la guerre

Pie XII
PARDON
Totti et la Vierge du Divino Amore

L’image de la Vierge du Divino Amore
«Très sainte Vierge du Divino Amore, je te demande pardon et je te prie de me jamais m’abandonner. Ton Francesco». Telle est la prière que le numéro dix de la Roma a écrite sur un billet, enroulé dans le maillot qu’il portait durant le premier match à Guimaraes, le 14 juin dernier. Totti s’est rendu chez un prêtre, don Fernando Altieri (qui connaît le joueur depuis son enfance) et lui a remis le maillot de l’équipe nationale et un billet à porter au sanctuaire. Totti a choisi la voie de la foi pour effacer son geste: «La plus belle façon de s’excuser», a-t-il ensuite expliqué, «c’est de ne s’adresser qu’a qui peut pardonner. Et c’est pour cela que j’ai senti le besoin de donner à la Vierge du Divino Amore mon maillot. Je me confie à elle et je me sens en paix avec Dieu et avec les hommes». Tiré de la Repubblica du dimanche 4 juillet.
PAPE/ I
Je partage votre aspiration au patriarcat, mais…
«…Je partage votre aspiration, bien fondée également dans la discipline canonique et conciliaire, à obtenir une pleine configuration juridique et ecclésiale. Je la partage dans la prière et également dans la souffrance, en attendant le jour établi par Dieu où je pourrai confirmer, en tant que Successeur de l’Apôtre Pierre, le fruit mûr de votre développement ecclésial. Entre-temps, vous savez bien que votre demande est étudiée sérieusement, notamment à la lumière des évaluations d’autres Églises chrétiennes». C’est en ces termes que Jean Paul II s’est adressé aux membres du Synode permanent de l’Église gréco-catholique ukrainienne – guidés par le cardinal Lubomyr Husar – qui ont été reçus en audience le 3 juin. Le Pape ne l’a pas explicité, mais l’aspiration en question concerne la création d’un patriarcat qui aurait son siège à Kiev.
PAPE/ 2
Annonce d’une Année eucharistique spéciale pour 2004-2005
«Je suis heureux d’annoncer à présent une Année de l’Eucharistie spéciale. Celle-ci débutera lors du Congrès eucharistique mondial, prévu du 10 au 17 octobre 2004 à Guadalajara (Mexique), et se terminera avec la prochaine Assemblée ordinaire du Synode des Évêques, qui se tiendra au Vatican du 2 au 29 octobre 2005». C’est ce qu’a dit le Pape le 10 juin, durant la célébration de la Fête Dieu.
ÉGLISE
Erdogan rencontre es évêques catholiques
Le 21 juin, le premier ministre musulman Recep Tayyip Erdogan a reçu pour la première fois les évêques catholiques de Turquie. La nouvelle a été annoncée par Sandro Magister dans la rubrique en ligne de L’Espresso dont il s’occupe. Selon le journaliste, Erdogan, durant la rencontre, «a demandé aux évêques de soutenir l’entrée de la Turquie dans l’Union et s’est réjoui quand ceux-ci lui ont répondu que leur Conférence épiscopale faisait déjà partie du Conseil des Conférences épiscopales d’Europe. Il a assuré que serait formée une commission bilatérale sur la question de la situation juridique de l’Église et il a annoncé la parution d’un décret pour la restitution aux pères Assomptionnistes de bâtiments qui leur ont été confisqués par le passé».
CARDINAUX/ I
Sodano légat pontifical aux funérailles de Reagan
L’Osservatore Romano du 9 juin a publié en première page le télégramme de condoléances signé par le Pape pour la mort de l’ex-président des États-Unis Ronald Reagan, disparu quatre jours auparavant. À la fin du texte est annoncée la nouvelle de la nomination du cardinal secrétaire d’État Angelo Sodano à la charge de “légat pontifical” aux funérailles qui ont été célébrées le 11 juin, à Washington. Il est rare que le secrétaire d’État soit envoyé par le Pape aux obsèques de personnalités ecclésiastiques ou laïques. Cela s’est déjà produit pour les funérailles du roi Baudoin en 1993, de Mère Teresa de Calcutta en 1997 et du cardinal de New York John Joseph O’Connor en 2000.
CARDINAUX/ 2
Le cardinal Lehmann et Hans Küng
«L’événement, c’est que le prince des critiques Küng participe pour la première fois, avec un prince de l’Église, dans un siège ecclésial tout ce qu’il y a de plus officiel comme le rassemblement des catholiques, à un débat consacré au Concile et à l’avenir de la catholicité». C’est ce qu’écrit Marco Politi dans un article dans lequel le journaliste de la Repubblica fait un bref compte-rendu du Katholikentag, l’assemblée catholique de l’Église allemande à laquelle participent des milliers de fidèles, qui s’est tenu cette année à Ulm, du 16 au 20 juin. L’article, publié le 20 juin sous le titre Et l’hérétique rencontra le cardinal, fait remarquer que le moment-clou du meeting allemand a été le débat entre le théologien Hans Küng et le cardinal Karl Lehmann, président de la Conférence épiscopale allemande. Nous rapportons la conclusion de l’article: «Le public suit, applaudit, gronde, siffle, en s’adressant à l’un ou l’autre des courtois duellistes. “Je voudrais un Pape qui voyage moins mais qui accepte la communion commune des chrétiens et qui reconnaisse, à charge de revanche, les ministres du culte des différentes églises”, dit Küng, et les auditeurs désapprouvent en murmurant la critique des voyages pontificaux et, convaincus, applaudissent en même temps la communion avec les protestants et les orthodoxes. “Serrez-vous la main, serrez-vous la main!”, exige la foule à la fin du débat. Et Hans et Karl échangent volontiers une poignée de mains. Küng exprime un souhait: “Qu’il y ait dans le conclave beaucoup de cardinaux qui soient du même avis que Lehmann pour élire un Jean XXIV”. Le cardinal est plus sobre: “Au-delà des points sur lesquels nous ne sommes pas d’accord, je n’ai jamais eu de doute sur ce qu’a réalisé théologiquement Küng”. N’avez-vous pas eu peur de la confrontation? , ai-je demandé – à la fin – au cardinal. “Il est important de montrer une Église qui n’a pas peur du dialogue ni de la discussion”. Élirez-vous un Jean XXIV? “Qui sait quel nom il aura!”, répond-il en riant». Naturellement, le plus tard possible, ajoutons-nous.
CARDINAUX/ 3
Tettamanzi: humilité, courage et sagesse
«Nous comprenons la complexité de la situation politique israélienne, mais nous sommes venus jusqu’à Jérusalem comme des rêveurs de paix, animés d’un désir qui est chrétien mais aussi profondément humain. La paix a un prix, pour l’obtenir, il faut que chacun des deux adversaires recule d’un pas et fasse un geste de réconciliation». C’est là un passage du discours qui a été prononcé par le cardinal de Milan, Dionigi Tettamanzi à la Knesset (Parlement) israélienne et repris dans un article de la Repubblica du 22 juin. Le quotidien rapporte ensuite un autre passage de l’intervention du cardinal: «J’ai rencontré ces jours-ci une grande souffrance – a dit le cardinal – mais aussi beaucoup de petites expériences de paix et de réconciliation. Nous avons tous un très grave devoir en ce qui concerne la nécessité de construire la paix dans le monde. La complexité de la réalité ne peut être simplifiée par les rêves de ceux qui veulent la paix, mais les parties en cause dans ce conflit doivent avoir la capacité de reculer chacune d’un pas dans la direction du dialogue et de la réconciliation. Pour le faire, il faut humilité, courage et sagesse».
CARDINAUX/ 4
Scola: le moi désirant et le sacrifice
«La faiblesse de la proposition chrétienne actuelle réside dans l’incapacité à montrer l’implication anthropologique, sociale et cosmologique des mystères de notre foi». Il s’agit là d’un passage de l’interview que le patriarche de Venise, Angelo Scola, a accordée à Marco Politi et qui a été publiée sur la Repubblica le 27 juin. Dans son interview, le patriarche, abordant le thème du plaisir et de la jouissance, a déclaré; «“Il s’agit de comprendre que l’accomplissement du désir n’est pas à la portée du moi désirant. C’est là le problème. Le fait que l’horizon de mon désir soit l’infini ne signifie pas que je sois capable de l’exaucer”. Et alors? “Pour le réaliser, je dois passer par l’autre et à ce point, mon désir rencontre le sacrifice, parce que l’autre est toujours différent. Le secret réside dans le fait de comprendre que le désir ne finit pas là où commence le sacrifice et que la volonté ne finit pas là où commence le devoir. Le sacrifice est la vérité du désir. Le devoir est interne à la volonté”». Le jour suivant, Sandro Magister, dans la rubrique en ligne de L’Espresso dont il est chargé, faisait ce commentaire: «Cette interview est annoncée comme la première d’une série où seront interrogés les “nouveaux cardinaux italiens”. Et il est juste que l’on commence par l’étoile montante Scola, toujours plus accrédité comme “papabile”».
RELIGION
“Marteleur de la nuit” à Venise
Vandalisme estival à Venise à la fin de juin. Ont été endommagés le chapiteau de la justice du Palais Ducal et deux statues d’une église. La Stampa du 29 juin a en particulier expliqué comment un déséquilibré s’est acharné contre l’image de «Dieu qui tend à Moïse les tables de la Loi. Les coups de marteau ont donc entaillé les bras des deux personnages principaux ainsi que le Décalogue. Le “marteleur de la nuit” a également cassé les mains des statues de saint Marc et de saint François» situées sur la façade extérieure de l’église du Rédempteur. Le jour suivant a été annoncé un autre dommage causé cette fois à un bas-relief dit “de la Vierge de Quintavalle”, situé près de l’église San Pietro di Castello. Sur ce bas-relief est représenté l’Enfant Jésus qui, dans les bras de la Vierge, tend à saint Pierre les clefs du Royaume. Les coups de marteau ont endommagé «la tiare et la main de Pierre, la main de la Vierge qui soutient l’enfant, l’auréole et la clef que celui-ci remet au pêcheur d’hommes». Le 30 juin, celui que l’on pense être le “marteleur de la nuit”, un ingénieur qui présente des troubles psychiques, a été arrêté.
BUSH/ I
Décoration à Jean Paul II
Durant sa visite au Vatican, le président des États-Unis a remis au Pape la plus importante décoration des États-Unis, la Presidential Medal of Freedom. Revenu aux États-Unis, Bush a conféré la même médaille à d’autres personnalités, parmi lesquelles figure le journaliste Norman Podhoretz, un intellectuel new-yorkais d’origine juive, considéré comme l’“ancêtre” des néo-conservateurs. Podhoretz, qui a dirigé pendant 35 ans la revue Commentary, a confirmé à cette occasion qu’il souscrivait à la doctrine de la guerre préventive, mais qu’il voulait aller au-delà dans un livre qu’il a l’intention de publier. Le New York Times du 24 juin a écrit que le titre provisoire de ce nouveau livre se réfère à l’ère qui a commencé avec les attaques du 11 septembre: Quatrième guerre mondiale: ses débuts, sa signification et pourquoi nous devons la gagner.
BUSH/ 2
Oui aux préservatifs
«De la chaire de l’église baptiste du grand exode de Philadelphie, devant la congrégation noire qui applaudit, George W, Bush, apôtre de l’abstinence sexuelle contre le sida, propose, pour la première fois en Amérique, le recours, entre autres, aux prophylactiques pour empêcher la diffusion de la maladie. Il le fait avec une certaine réticence, rappelant ce que l’on appelle la formule ABC utilisée en Ouganda avec – souligne-t-il – un succès notable: l’abstinence d’abord, la fidélité conjugale ensuite, enfin, “quand c’est la mesure appropriée, les prophylactiques“». C’est ainsi que commence un article du Corriere della Sera du 25 juin, dans lequel on explique que ABC vient de abstain (abstiens-toi), de be faithful (sois fidèle), et condoms (prophylactiques) ».
BUSH/ 3
La Turquie en Europe et la théorie du choc de civilisations
Bush: l’Europe n’est pas un club chrétien, faites-y entrer les Turcs. Tel est le titre d’un article publié sur la Stampa du 30 juin et consacré à la visite de George W. Bush en Turquie, dans lequel est repris le discours prononcé par le président des États-Unis à l’université de Galatasaray. En voici un passage: «L’entrée d’Ankara prouvera que l’Europe n’est pas le club réservé exclusivement à une religion et fera apparaître la théorie du choc des civilisations comme un mythe dépassé par l’Histoire». Une déclaration à laquelle le président français Jacques Chirac a répliqué: «Nous sommes les alliés des Américains, non leurs serviteurs».
EUROPÉENNES
Le Pape et la propagande des radicaux
Au cours de la campagne électorale pour les élections européennes, beaucoup d’Italiens ont trouvé dans leur boîte à lettre un pamphlet de propagande du Parti radical qui s’ouvrait par une grande photo sur laquelle on voit Emma Bonino et Marco Pannella s’entretenant avec le Pape. Une propagande malheureuse, surtout si l’on se rappelle que, dans un passé récent, les radicaux ont mené à l’intérieur du Parlement européen, une campagne pour chasser le Saint-Siège de son rôle d’observateur auprès des Nations Unies.
ESPAGNE
Barcelone démembrée,Tarragone à l’Opus
Le 15 juin a été annoncé le démembrement de l’archidiocèse de Barcelone, désormais divisé en trois parties par la création des nouveaux diocèses de Terrassa et Sant Feliu de Llobregat. Dans le même temps, Barcelone, jusqu’alors immédiatement soumise au Saint-Siège, est devenu archidiocèse métropolitain dont sont suffragants les deux nouveaux diocèses. Le 15 juin toujours, a été acceptée la démission du cardinal Ricardo María Carles Gordó, 78 ans en septembre prochain, de sa charge de chef de l’archidiocèse catalan. À sa place a été nommé archevêque de Barcelone Lluís Martínez Sistach, 67 ans, originaire de la ville, ancien évêque auxiliaire de Barcelone en 1987, puis évêque de Tortosa en 1991 et, depuis 1997, archevêque de Tarragone. Jaume Pujol Balcells, 60 ans, prêtre du clergé de l’Opus Dei, a ensuite été nommé à la tête de ce dernier archidiocèse. Il s’agit du premier évêque en terre ibérique appartenant au clergé de l’Obra fondée par san Josémaria Escrivá de Balaguer.
DIPLOMATIE/ 1
Nouvel ambassadeur d’Espagne
Le 18 juin, le nouvel ambassadeur d’Espagne près le Saint-Siège a présenté ses lettres de créance. Il s’agit de Jorge Dezcallar de Mazarredo, 59 ans, diplomate de profession, précédemment ambassadeur au Maroc et, dans les quatre dernières années, directeur du Centre supérieur d’information pour la défense avec rang de ministre. Dans son discours au nouvel ambassadeur, le Pape, a rappelé, entre autres, le droit de «naître et de grandir dans une maison dans laquelle règne la stabilité et où les mots père et mère puissent être prononcés avec joie et sans tromperie». Les “vraies conquêtes sociales”, a dit le Pape, «sont celles qui promeuvent et protègent la vie de chacun et en même temps le bien commun de la société».
Le 21 juin, Jean Paul II a reçu ensuite en audience le nouveau premier ministre espagnol, le socialiste José Luis Rodríguez Zapatero.
DIPLOMATIE/ 2
Saint-Siège: attention aux Ordres équestres non reconnus
C’est l’usage que les diplomates vaticans accrédités au Vatican, «s’abstiennent d’adhérer à des Ordres équestres qui ne sont pas liés au Saint-Siège, même s’ils sont dédiés à des saints ou ont des titres religieux». C’est ce que rappelle une circulaire récente de la première section de la Secrétairerie d’État envoyée à toutes les missions diplomatiques accréditées au Vatican sur «les traditions qui doivent être respectées au sujet de l’usage et de l’acceptation des décorations». On rappelle dans la circulaire qu’il n’y a que deux Ordres équestres reconnus par le Saint-Siège: le souverain Ordre militaire de Malte et l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Et l’on rappelle aussi que, traditionnellement, «les hautes personnalités membres de gouvernement, n’acceptent pas durant leur présence à Rome pour les audiences pontificales, de distinctions honorifiques non reconnues par le Saint-Siège». La circulaire en question, écrite en français, porte la date du 27 avril.
Je partage votre aspiration au patriarcat, mais…
«…Je partage votre aspiration, bien fondée également dans la discipline canonique et conciliaire, à obtenir une pleine configuration juridique et ecclésiale. Je la partage dans la prière et également dans la souffrance, en attendant le jour établi par Dieu où je pourrai confirmer, en tant que Successeur de l’Apôtre Pierre, le fruit mûr de votre développement ecclésial. Entre-temps, vous savez bien que votre demande est étudiée sérieusement, notamment à la lumière des évaluations d’autres Églises chrétiennes». C’est en ces termes que Jean Paul II s’est adressé aux membres du Synode permanent de l’Église gréco-catholique ukrainienne – guidés par le cardinal Lubomyr Husar – qui ont été reçus en audience le 3 juin. Le Pape ne l’a pas explicité, mais l’aspiration en question concerne la création d’un patriarcat qui aurait son siège à Kiev.
PAPE/ 2
Annonce d’une Année eucharistique spéciale pour 2004-2005
«Je suis heureux d’annoncer à présent une Année de l’Eucharistie spéciale. Celle-ci débutera lors du Congrès eucharistique mondial, prévu du 10 au 17 octobre 2004 à Guadalajara (Mexique), et se terminera avec la prochaine Assemblée ordinaire du Synode des Évêques, qui se tiendra au Vatican du 2 au 29 octobre 2005». C’est ce qu’a dit le Pape le 10 juin, durant la célébration de la Fête Dieu.
ÉGLISE
Erdogan rencontre es évêques catholiques
Le 21 juin, le premier ministre musulman Recep Tayyip Erdogan a reçu pour la première fois les évêques catholiques de Turquie. La nouvelle a été annoncée par Sandro Magister dans la rubrique en ligne de L’Espresso dont il s’occupe. Selon le journaliste, Erdogan, durant la rencontre, «a demandé aux évêques de soutenir l’entrée de la Turquie dans l’Union et s’est réjoui quand ceux-ci lui ont répondu que leur Conférence épiscopale faisait déjà partie du Conseil des Conférences épiscopales d’Europe. Il a assuré que serait formée une commission bilatérale sur la question de la situation juridique de l’Église et il a annoncé la parution d’un décret pour la restitution aux pères Assomptionnistes de bâtiments qui leur ont été confisqués par le passé».
CARDINAUX/ I
Sodano légat pontifical aux funérailles de Reagan
L’Osservatore Romano du 9 juin a publié en première page le télégramme de condoléances signé par le Pape pour la mort de l’ex-président des États-Unis Ronald Reagan, disparu quatre jours auparavant. À la fin du texte est annoncée la nouvelle de la nomination du cardinal secrétaire d’État Angelo Sodano à la charge de “légat pontifical” aux funérailles qui ont été célébrées le 11 juin, à Washington. Il est rare que le secrétaire d’État soit envoyé par le Pape aux obsèques de personnalités ecclésiastiques ou laïques. Cela s’est déjà produit pour les funérailles du roi Baudoin en 1993, de Mère Teresa de Calcutta en 1997 et du cardinal de New York John Joseph O’Connor en 2000.
CARDINAUX/ 2
Le cardinal Lehmann et Hans Küng
«L’événement, c’est que le prince des critiques Küng participe pour la première fois, avec un prince de l’Église, dans un siège ecclésial tout ce qu’il y a de plus officiel comme le rassemblement des catholiques, à un débat consacré au Concile et à l’avenir de la catholicité». C’est ce qu’écrit Marco Politi dans un article dans lequel le journaliste de la Repubblica fait un bref compte-rendu du Katholikentag, l’assemblée catholique de l’Église allemande à laquelle participent des milliers de fidèles, qui s’est tenu cette année à Ulm, du 16 au 20 juin. L’article, publié le 20 juin sous le titre Et l’hérétique rencontra le cardinal, fait remarquer que le moment-clou du meeting allemand a été le débat entre le théologien Hans Küng et le cardinal Karl Lehmann, président de la Conférence épiscopale allemande. Nous rapportons la conclusion de l’article: «Le public suit, applaudit, gronde, siffle, en s’adressant à l’un ou l’autre des courtois duellistes. “Je voudrais un Pape qui voyage moins mais qui accepte la communion commune des chrétiens et qui reconnaisse, à charge de revanche, les ministres du culte des différentes églises”, dit Küng, et les auditeurs désapprouvent en murmurant la critique des voyages pontificaux et, convaincus, applaudissent en même temps la communion avec les protestants et les orthodoxes. “Serrez-vous la main, serrez-vous la main!”, exige la foule à la fin du débat. Et Hans et Karl échangent volontiers une poignée de mains. Küng exprime un souhait: “Qu’il y ait dans le conclave beaucoup de cardinaux qui soient du même avis que Lehmann pour élire un Jean XXIV”. Le cardinal est plus sobre: “Au-delà des points sur lesquels nous ne sommes pas d’accord, je n’ai jamais eu de doute sur ce qu’a réalisé théologiquement Küng”. N’avez-vous pas eu peur de la confrontation? , ai-je demandé – à la fin – au cardinal. “Il est important de montrer une Église qui n’a pas peur du dialogue ni de la discussion”. Élirez-vous un Jean XXIV? “Qui sait quel nom il aura!”, répond-il en riant». Naturellement, le plus tard possible, ajoutons-nous.
CARDINAUX/ 3
Tettamanzi: humilité, courage et sagesse
«Nous comprenons la complexité de la situation politique israélienne, mais nous sommes venus jusqu’à Jérusalem comme des rêveurs de paix, animés d’un désir qui est chrétien mais aussi profondément humain. La paix a un prix, pour l’obtenir, il faut que chacun des deux adversaires recule d’un pas et fasse un geste de réconciliation». C’est là un passage du discours qui a été prononcé par le cardinal de Milan, Dionigi Tettamanzi à la Knesset (Parlement) israélienne et repris dans un article de la Repubblica du 22 juin. Le quotidien rapporte ensuite un autre passage de l’intervention du cardinal: «J’ai rencontré ces jours-ci une grande souffrance – a dit le cardinal – mais aussi beaucoup de petites expériences de paix et de réconciliation. Nous avons tous un très grave devoir en ce qui concerne la nécessité de construire la paix dans le monde. La complexité de la réalité ne peut être simplifiée par les rêves de ceux qui veulent la paix, mais les parties en cause dans ce conflit doivent avoir la capacité de reculer chacune d’un pas dans la direction du dialogue et de la réconciliation. Pour le faire, il faut humilité, courage et sagesse».
CARDINAUX/ 4
Scola: le moi désirant et le sacrifice
«La faiblesse de la proposition chrétienne actuelle réside dans l’incapacité à montrer l’implication anthropologique, sociale et cosmologique des mystères de notre foi». Il s’agit là d’un passage de l’interview que le patriarche de Venise, Angelo Scola, a accordée à Marco Politi et qui a été publiée sur la Repubblica le 27 juin. Dans son interview, le patriarche, abordant le thème du plaisir et de la jouissance, a déclaré; «“Il s’agit de comprendre que l’accomplissement du désir n’est pas à la portée du moi désirant. C’est là le problème. Le fait que l’horizon de mon désir soit l’infini ne signifie pas que je sois capable de l’exaucer”. Et alors? “Pour le réaliser, je dois passer par l’autre et à ce point, mon désir rencontre le sacrifice, parce que l’autre est toujours différent. Le secret réside dans le fait de comprendre que le désir ne finit pas là où commence le sacrifice et que la volonté ne finit pas là où commence le devoir. Le sacrifice est la vérité du désir. Le devoir est interne à la volonté”». Le jour suivant, Sandro Magister, dans la rubrique en ligne de L’Espresso dont il est chargé, faisait ce commentaire: «Cette interview est annoncée comme la première d’une série où seront interrogés les “nouveaux cardinaux italiens”. Et il est juste que l’on commence par l’étoile montante Scola, toujours plus accrédité comme “papabile”».
RELIGION
“Marteleur de la nuit” à Venise
Vandalisme estival à Venise à la fin de juin. Ont été endommagés le chapiteau de la justice du Palais Ducal et deux statues d’une église. La Stampa du 29 juin a en particulier expliqué comment un déséquilibré s’est acharné contre l’image de «Dieu qui tend à Moïse les tables de la Loi. Les coups de marteau ont donc entaillé les bras des deux personnages principaux ainsi que le Décalogue. Le “marteleur de la nuit” a également cassé les mains des statues de saint Marc et de saint François» situées sur la façade extérieure de l’église du Rédempteur. Le jour suivant a été annoncé un autre dommage causé cette fois à un bas-relief dit “de la Vierge de Quintavalle”, situé près de l’église San Pietro di Castello. Sur ce bas-relief est représenté l’Enfant Jésus qui, dans les bras de la Vierge, tend à saint Pierre les clefs du Royaume. Les coups de marteau ont endommagé «la tiare et la main de Pierre, la main de la Vierge qui soutient l’enfant, l’auréole et la clef que celui-ci remet au pêcheur d’hommes». Le 30 juin, celui que l’on pense être le “marteleur de la nuit”, un ingénieur qui présente des troubles psychiques, a été arrêté.
BUSH/ I
Décoration à Jean Paul II
Durant sa visite au Vatican, le président des États-Unis a remis au Pape la plus importante décoration des États-Unis, la Presidential Medal of Freedom. Revenu aux États-Unis, Bush a conféré la même médaille à d’autres personnalités, parmi lesquelles figure le journaliste Norman Podhoretz, un intellectuel new-yorkais d’origine juive, considéré comme l’“ancêtre” des néo-conservateurs. Podhoretz, qui a dirigé pendant 35 ans la revue Commentary, a confirmé à cette occasion qu’il souscrivait à la doctrine de la guerre préventive, mais qu’il voulait aller au-delà dans un livre qu’il a l’intention de publier. Le New York Times du 24 juin a écrit que le titre provisoire de ce nouveau livre se réfère à l’ère qui a commencé avec les attaques du 11 septembre: Quatrième guerre mondiale: ses débuts, sa signification et pourquoi nous devons la gagner.
BUSH/ 2
Oui aux préservatifs
«De la chaire de l’église baptiste du grand exode de Philadelphie, devant la congrégation noire qui applaudit, George W, Bush, apôtre de l’abstinence sexuelle contre le sida, propose, pour la première fois en Amérique, le recours, entre autres, aux prophylactiques pour empêcher la diffusion de la maladie. Il le fait avec une certaine réticence, rappelant ce que l’on appelle la formule ABC utilisée en Ouganda avec – souligne-t-il – un succès notable: l’abstinence d’abord, la fidélité conjugale ensuite, enfin, “quand c’est la mesure appropriée, les prophylactiques“». C’est ainsi que commence un article du Corriere della Sera du 25 juin, dans lequel on explique que ABC vient de abstain (abstiens-toi), de be faithful (sois fidèle), et condoms (prophylactiques) ».
BUSH/ 3
La Turquie en Europe et la théorie du choc de civilisations
Bush: l’Europe n’est pas un club chrétien, faites-y entrer les Turcs. Tel est le titre d’un article publié sur la Stampa du 30 juin et consacré à la visite de George W. Bush en Turquie, dans lequel est repris le discours prononcé par le président des États-Unis à l’université de Galatasaray. En voici un passage: «L’entrée d’Ankara prouvera que l’Europe n’est pas le club réservé exclusivement à une religion et fera apparaître la théorie du choc des civilisations comme un mythe dépassé par l’Histoire». Une déclaration à laquelle le président français Jacques Chirac a répliqué: «Nous sommes les alliés des Américains, non leurs serviteurs».
EUROPÉENNES
Le Pape et la propagande des radicaux
Au cours de la campagne électorale pour les élections européennes, beaucoup d’Italiens ont trouvé dans leur boîte à lettre un pamphlet de propagande du Parti radical qui s’ouvrait par une grande photo sur laquelle on voit Emma Bonino et Marco Pannella s’entretenant avec le Pape. Une propagande malheureuse, surtout si l’on se rappelle que, dans un passé récent, les radicaux ont mené à l’intérieur du Parlement européen, une campagne pour chasser le Saint-Siège de son rôle d’observateur auprès des Nations Unies.
ESPAGNE
Barcelone démembrée,Tarragone à l’Opus
Le 15 juin a été annoncé le démembrement de l’archidiocèse de Barcelone, désormais divisé en trois parties par la création des nouveaux diocèses de Terrassa et Sant Feliu de Llobregat. Dans le même temps, Barcelone, jusqu’alors immédiatement soumise au Saint-Siège, est devenu archidiocèse métropolitain dont sont suffragants les deux nouveaux diocèses. Le 15 juin toujours, a été acceptée la démission du cardinal Ricardo María Carles Gordó, 78 ans en septembre prochain, de sa charge de chef de l’archidiocèse catalan. À sa place a été nommé archevêque de Barcelone Lluís Martínez Sistach, 67 ans, originaire de la ville, ancien évêque auxiliaire de Barcelone en 1987, puis évêque de Tortosa en 1991 et, depuis 1997, archevêque de Tarragone. Jaume Pujol Balcells, 60 ans, prêtre du clergé de l’Opus Dei, a ensuite été nommé à la tête de ce dernier archidiocèse. Il s’agit du premier évêque en terre ibérique appartenant au clergé de l’Obra fondée par san Josémaria Escrivá de Balaguer.
DIPLOMATIE/ 1
Nouvel ambassadeur d’Espagne
Le 18 juin, le nouvel ambassadeur d’Espagne près le Saint-Siège a présenté ses lettres de créance. Il s’agit de Jorge Dezcallar de Mazarredo, 59 ans, diplomate de profession, précédemment ambassadeur au Maroc et, dans les quatre dernières années, directeur du Centre supérieur d’information pour la défense avec rang de ministre. Dans son discours au nouvel ambassadeur, le Pape, a rappelé, entre autres, le droit de «naître et de grandir dans une maison dans laquelle règne la stabilité et où les mots père et mère puissent être prononcés avec joie et sans tromperie». Les “vraies conquêtes sociales”, a dit le Pape, «sont celles qui promeuvent et protègent la vie de chacun et en même temps le bien commun de la société».
Le 21 juin, Jean Paul II a reçu ensuite en audience le nouveau premier ministre espagnol, le socialiste José Luis Rodríguez Zapatero.
DIPLOMATIE/ 2
Saint-Siège: attention aux Ordres équestres non reconnus
C’est l’usage que les diplomates vaticans accrédités au Vatican, «s’abstiennent d’adhérer à des Ordres équestres qui ne sont pas liés au Saint-Siège, même s’ils sont dédiés à des saints ou ont des titres religieux». C’est ce que rappelle une circulaire récente de la première section de la Secrétairerie d’État envoyée à toutes les missions diplomatiques accréditées au Vatican sur «les traditions qui doivent être respectées au sujet de l’usage et de l’acceptation des décorations». On rappelle dans la circulaire qu’il n’y a que deux Ordres équestres reconnus par le Saint-Siège: le souverain Ordre militaire de Malte et l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Et l’on rappelle aussi que, traditionnellement, «les hautes personnalités membres de gouvernement, n’acceptent pas durant leur présence à Rome pour les audiences pontificales, de distinctions honorifiques non reconnues par le Saint-Siège». La circulaire en question, écrite en français, porte la date du 27 avril.