Rubriques
Tiré du n°09 - 2004

30Jours dans le monde




ŒCUMÉNISME/ I
Don d’une croix pectorale à un évêque luthérien

«Le Pape, et cela m’a profondément touché, non seulement m’a offert ses paroles, mais il m’a fait un don concret: une croix pectorale, réalisée à l’occasion de son XXVe anniversaire de pontificat, que je remporterai à Berlin. Je crois qu’il s’agit du signe visible qu’est reconnue implicitement la signification profonde du ministère épiscopal au sein de l’Église évangélique: c’est comme cela que j’ai interprété ce geste». Tels sont les mots de remerciement que Wolfgang Huber, évêque président du Conseil de l’Église évangélique d’Allemagne, a prononcés à la Radio vaticane, le 25 août, lendemain du jour où il a été reçu en audience par Jean Paul II.


ŒCUMÉNISME/ 2
Mort, le 11 septembre, dans un accident d’avion, du Patriarche orthodoxe d’Alexandrie

Le patriarche orthodoxe d’Alexandrie d’Égypte et de toute l’Afrique, Petros VII, est mort dans un accident d’avion qui s’est produit le 11 septembre, alors que le prélat, en visite en Grèce, se rendait en hélicoptère d’Athènes au mont Athos. Cinq membres de l’équipage et onze personnes qui accompagnaient le Patriarche – dont son frère et trois évêques du patriarcat – ont également perdu la vie dans cet accident. Petros Papapetrou était né à Chypre en 1949; ordonné prêtre en 1978, il a été nommé évêque de Babylone en 1983 et, après avoir assumé la charge de métropolite dans divers sièges africains, il a été élu en 1997 patriarche orthodoxe d’Alexandrie d’Égypte. Selon des indiscrétions publiées sur deux journaux populaires russes et reprises par les journaux italiens, l’hélicoptère utilisé par la Patriarche aurait été destiné à transporter le président russe Vladimir Poutine au cours d’une visite en Grèce prévue deux jours avant le tragique accident et annulée à la suite de l’attentat de Beslan.


AUTRICHE
Fermeture du séminaire de Sankt Pölten

«Une heure douloureuse pour le diocèse de Sankt Pölten et pour l’Église dans toute l’Autriche». C’est ainsi que le 12 août, le visiteur apostolique Klaus Küng, évêque de Feldkirch, a communiqué sa décision de fermer «avec effet immédiat» le séminaire du diocèse de Sankt Pölten, dirigé par Kurt Krenn. Le séminaire se trouve en effet au centre d’un scandale sexuel. Radio Vatican en a donné la nouvelle le 13 août. L’envoyé du Pape, nommé le 20 juillet, a rappelé que, pour le séminaire, «un début totalement nouveau est nécessaire».


SACRÉ COLLÈGE
La mort du cardinal González Martín. Les quatre-vingts ans de Fernandes de Araújo

Le 25 août est mort le cardinal espagnol Marcelo González Martín, 86 ans, archevêque de Tolède de 1971 à 1995, créé cardinal par Paul VI en 1973. Peu avant, le 13 août, a atteint 80 ans le cardinal brésilien Serafim Fernandes de Araújo, archevêque de Belo Horizonte de 1986 à 2003, créé cardinal par Jean Paul II en 1998.
À la fin d’août donc, le Sacré Collège était composé de 189 cardinaux, dont 123 électeurs dans un éventuel conclave. Il reste 15 cardinaux créés par Paul VI, dont 4 électeurs. Le nombre de cardinaux brésiliens “votants” tombe à 5, moins de la moitié des Américains et moins que les Allemands et les Espagnols (6 chacun).


CURIE

L’évêque Piacenza président de la Commission d’archéologie sacrée

Le 28 août, l’évêque Mauro Piacenza, génois, soixante ans, président de la Commission pontificale pour les Biens culturels de l’Église depuis octobre 2003, a été aussi nommé président de la Commission pontificale d’archéologie sacrée. Il prend la place du cardinal Francesco Marchisano, 75 ans depuis le 25 juin, qui garde sa charge d’archiprêtre de la basilique vaticane, de vicaire du Pape pour la Cité du Vatican, de président de la Fabrique de Saint-Pierre et de la Commission permanente pour la protection des monuments historiques et artistiques du Saint-Siège.


ITALIE
Atzei archevêque de Sassari

Le 14 septembre, Paolo Mario Virgilio Atzei, franciscain, conventuel 62 ans, a été promu archevêque de Sassari. Né à Mantoue, prêtre depuis 1966, Atzei était depuis 1993 évêque de Tempio-Ampurias. Le prélat est très connu dans les milieux traditionalistes pour avoir toujours refusé d’appliquer dans son diocèse l’indult pour la célébration de la messe dite de saint Pie V.


TERRORISME/ I

Beslan et «les nouveaux nazis»

À la suite du massacre de Beslan, la rubrique online de l’Expresso dont s’occupe Sandro Magister, s’est intéressée à la façon dont les quotidiens catholiques ont couvert cet événement. «L’Osservatore Romano, le quotidien du Saint-Siège dirigé par Mario Agnes, s’est limité, dans son édition du 5 septembre, à mettre en évidence la photo d’une petite main ensanglantée qui serre une croix, sous ce titre L’innocence crucifiée. À côté de la photo, la seule déclaration officielle du Vatican sur l’événement jusqu’à cette date: un télégramme de routine du secrétaire d’État, le cardinal Angelo Sodano, qui transmet “la douleur et la prière du Saint-Père” au “peuple russe”, à travers le nonce apostolique à Moscou, Antonio Mennini. En seconde page, le récit des événements sous ce titre: Sur les trois cents personnes mortes dans le blitz, la plupart sont des enfants. Et le récit des faits se termine ainsi: “Le blitz des forces armées russes qui a marqué hier le tragique épilogue du séquestre de plus de mille personnes a causé plus de trois cents morts, pour la plus grande part des enfants. Ce massacre qui s’est déroulé dans une école de Beslan, en Ossétie du Nord, a été accompli par un commando terroriste”. Le jour précédent, le journal du Vatican avait présenté la même interprétation des faits en attribuant avant tout la responsabilité de l’“épisode sanglant” aux auteurs du “blitz”, à savoir les forces spéciales russes et leurs commandants et, en haut, tout en haut, au président Vladimir Poutine. Voilà pour L’Osservatore Romano. Mais Avvenire – le quotidien dirigé par Dino Boffo et appartenant à la Conférence épiscopale italienne, présidée par le vicaire du Pape, le cardinal Camillo Ruini – a fait encore plus. Deux éditoriaux sur quatre et deux très grands titres dans les trois premières pages du numéro du dimanche 5 septembre ont concentré l’inquiétude sur Poutine, comme si c’était lui le danger numéro un». Dans le même article, un journaliste de l’Expresso note avec soulagement le “manifeste” de condamnation du terrorisme signé par des dizaines de représentants musulmans résidant en Italie, parmi lesquels l’imam du Centre culturel islamique de Colle Val d’Elsa, dans la région de Sienne, Feras Jabareen, qui a qualifié les terroristes de «nouveaux nazis».


TERRORISME/ 2
Le terrorisme est un nazisme mystique
«Ce fanatisme religieux sanguinaire ressemble à une sorte de nazisme mystique». C’est ce que dit l’écrivain juif roumain Norman Manea, au cours d’une interview accordée au Messaggero, le 8 septembre.


TERRORISME/ 3
L’empire global a désormais besoin du terrorisme
«L’altruisme n’est pas dans la nature des Américains. Nous ne nous intéressons qu’à nous-mêmes, à notre prospérité et la forme que nous avons choisie pour l’obtenir est l’empire global. Autrefois, nous déclarions combattre le communisme même dans des pays qui n’en avaient jamais entendu parler. Nous parlons maintenant de lutte contre le terrorisme et s’il n’existait pas nous l’inventerions, pour nous engager dans ce que nous appelons une guerre mais qui ne l’est pas». Ce sont là des considérations de Gore Vidal, citées par Enzo Biagi dans un article publié sur la première page du Corriere della Sera du dimanche 12 septembre.


PERA
Est-ce une guerre d’agression contre tout l’Occident?
«Sauf quelques exceptions très louables de personnalités éminentes comme le cardinal Ratzinger, le patriarche Scola, Mgr Caffarra, lesquels insistent à juste titre non certes sur la guerre mais sur l’appel pour freiner la crise de l’Europe, une grande partie du clergé ou se tait ou manifeste pour la paix comme si ce n’était pas son rôle de défendre la civilisation européenne et chrétienne. Mais en fait, si, c’est son rôle et c’est celui de tout l’Occident, parce que la guerre est menée contre tout l’Occident. Et il s’agit d’une guerre d’agression et non de réaction. Pourquoi n’a-t-on pas le courage de le dire et laisse-t-on seule – ou ironise-t-on sur son compte – Oriana Fallaci et quelques autres qui le disent depuis longtemps. Et pourtant qu’il s’agisse d’une guerre d’agression à laquelle il faut réagir, c’est ce dont beaucoup de gens sont convaincus, comme le montre le grand nombre de lecteurs de Mme Fallaci lesquels forment, pour la seule Italie, un parti politique». C’est ce qu’a déclaré le président du Sénat Marcello Pera dans une interview accordée à la Repubblica du 30 août.


LUZZATTO
Choc de civilisations: une expression qui remplit d’horreur
Au sujet du choc de civilisations, le président de l’Union des communautés juives italiennes Amos Luzzatto, a fait cette déclaration lors d’une interview publiée dans L’Unità, le 8 septembre: «Nous devons nous opposer à ces interprétations, organiser l’opinion publique pour qu’elle dise non, nous sommes horrifiés. L’expression “choc de civilisations” devrait disparaître de notre vocabulaire. Il ne s’agit pas d’un tribut verbal mais d’une contribution éducative fondamentale pour que la mauvaise herbe de la violence ne se développe pas: une civilisation qui s’affronte à une autre n’est pas une civilisation. Toute civilisation exclut la possibilité de tuer l’autre».


MEETING
Les starlettes du mal
La présence au Meeting de Rimini des ex-terroristes Francesca Mambro et Nadia Mantovani a suscité des controverses. Massimo Gramellini écrit en particulier sur La Stampa du 24 août, dans sa rubrique quotidienne, sous le titre Le veline del male [Les starlettes du mal]: «Les débats publics ne sont pas des œuvres d’art: ce sont des indicateurs de notoriété. Inviter Francesca Mambro et non les filles et les veuves des victimes du terrorisme signifie envoyer aux jeunes un signal ambigu qui est: pour s’acquérir le respect et l’attention du monde, il vaut mieux avoir été bourreau que victime».


DÉCHRISTIANISATION
L’heure de religion à Milan
Heure de religion, la grande fuite est à Milan: c’est là le titre d’un article publié sur La Stampa du 8 septembre et consacré à la rencontre, dans la basilique Saint Ambroise, des 1800 enseignants de religion de Milan. Voici l’article: «Il y a 182 classes de lycée dans lesquelles pas un seul élève n’a choisi l’heure de religion: des classes entières sans un seul élève qui soit intéressé par la religion. Et le nombre de ceux qui ont abandonné cet enseignement est désormais arrivé à 60 000. Pratiquement une apostasie de masse».


BALKANS
Le ministre des Affaires étrangères Serbe chez le Pape et au Vatican pour le Kosovo
Le 9 septembre, le Pape a reçu en audience Vuk Draskovic, ministre des Affaires étrangères de Serbie et du Montenegro. À cette occasion, le leader de la diplomatie de Bagdad a fait don au Souverain Pontife du livre Crucified Kosovo (Kosovo crucifié) dans lequel ont été recueillis les témoignages photographiques des nombreuses églises orthodoxes serbes détruites ou endommagées dans la région autonome à majorité albanaise. Draskovic a ensuite été reçu au Vatican par le ministre des Affaires étrangères du Saint-Siège, l’archevêque Giovanni Lajolo, et par son second, Mgr Pietro Parolin. Dans ce cas aussi, l’entretien a porté principalement sur la situation dramatique du Kosovo. Draskovic a fait savoir que Belgrade n’était pas satisfaite de la situation dans laquelle se trouve la minorité serbe dans la région.


DIPLOMATIE/ I
Nouveaux nonces en Afrique, Suisse et Biélorussie

Le 31 juillet, l’espagnol Andrés Carrascosa Coso, 49 ans, a été nommé archevêque et nonce apostolique au Congo. Prêtre depuis 1980, entré dans la diplomatie pontificale en 1985, Carrascosa a prêté ses services au Liberia, au Danemark, à la seconde section de la Secrétairerie d’État, au siège de l’ONU de Genève, au Brésil et, pour finir, au Canada. Le 26 août, Carrascosa a été nommé aussi nonce au Gabon.
À la même date, l’archevêque sarde Mario Roberto Cassari, 61 ans, a été nommé nonce en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso. Il était depuis 1999 nonce au Congo et au Gabon. Le 8 septembre, Cassari a été nommé aussi nonce au Niger.
Le 8 septembre, l’archevêque Francesco Canalini, 68 ans, originaire des Marches, nonce en Australie depuis 1998, a été nommé nonce apostolique en Suisse et au Liechtenstein. Canalini avait été précédemment nonce en Équateur et en Indonésie.
Le 15 septembre, le croate Martin Vidovic, 51 ans, travaillant à la première section de la Secrétairerie d’État depuis 1994, a été nommé archevêque et nonce apostolique en Biélorussie. Il a été de 1983 à 1994 rédacteur pour le programme croate de Radio Vatican. Il a été ensuite, à partir de 1994, secrétaire de nonciature en Bosnie et il est depuis 2001 membre de la Consulte pastorale de la Pere­grinatio ad Petri Sedem.


DIPLOMATIE/ 2
Nouveaux ambassadeurs près le Saint-Siège du Guatemala, du Canada, et de l’Irlande

Le 2 septembre, le nouvel ambassadeur du Guatemala près le Saint-Siège a présenté ses lettres de créance. Il s’agit de Juan Gavarrete Soberón, 62 ans, avocat et notaire, libre entrepreneur du secteur légal et bancaire. Dans le texte de son discours au nouvel ambassadeur, le Pape a déclaré entre autres: «J’ai plaisir à constater que la défense de la vie humaine, de sa conception jusqu’à son terme naturel, est garantie constitutionnellement dans votre pays, et cela constitue un motif d’honneur pour le Guatemala». L’ambassadeur a souligné, de son côté, la vieille amitié qui le lie au cardinal du Guatemala, Rodolfo Quezada Toruño. C’est une «personne extraordinaire», a-t-il dit, «connue dans mon pays comme “l’évêque de la paix”».
Le 5 septembre, c’était le tour du nouveau représentant du Canada près le Saint-Siège. Il s’agit de Donald Smith, 59 ans, diplomate de carrière, ancien ambassadeur à Zagreb et, ces quatre dernières années, directeur de division au Ministère des Affaires étrangères. Dans le texte de son discours, le Pape a fait cette déclaration: « Face aux souffrances et aux divisions qui frappent si souvent la famille humaine, la nécessité de trouver des solutions durables aux conflits humains devient d'autant plus apparente». Le nouvel ambassadeur a, pour sa part, rappelé que tombe cette année le 35e anniversaire du jour où Paul VI et le premier ministre Pierre Elliot Trudeau décidèrent de nouer les premiers rapports diplomatiques. Smith a en outre parlé de lui-même en disant: «Je suis un protestant qui éprouve pour vous, Saint-Père, et pour l’Église catholique, une profonde admiration et un profond respect».
Le 5 septembre, c’était le nouvel ambassadeur d’Irlande qui présentait ses lettres de créance. Il s’agit de Philip McDonagh, 52 ans, diplomate de carrière, de 1994 à 1999 conseiller d’ambassade à Londres et de 1999 à aujourd’hui, ambassadeur en Inde. Dans le texte de son discours, le Pape a, entre autres, déclaré: «L’Irlande est à juste titre fière de son antique héritage de chaleureuse hospitalité et d’assistance généreuse aux personnes dans le besoin. Fondées sur l'amour chrétien du prochain et nourries par une vie familiale stable, ces vertus ont formé l’”âme" de l'Irlande et continuent d'être l'une de ses ressources les plus précieuses». Le nouvel ambassadeur, de son côté, qui, en 1977-78, était premier secrétaire à l’ambassade d’Irlande auprès du Quirinal, a utilisé quelques expressions italiennes. Il a, en particulier, rappelé le jour où, sur la place Saint-Pierre, il a vu s’élever la fumée qui annonçait l’élection de Jean Paul II. C’est cette année le 75e anniversaire de l’établissement des rapports diplomatiques entre Dublin et le Saint-Siège.


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