30Jours dans le monde
PAUL VI
L’eucharistie: Jésus, tu te fais nôtre

Paul VI durant la procession de la Fête-Dieu à Milan
GIUSSANI
Noël: Un Être nouveau, en ce lieu, fleurit

Vierge avec l’Enfant, Salle Jules César, Capitole, Rome
ORTHODOXES
Problèmes entre les autorités turques et le Patriarcat

Bartholomée Ier
CARDINAUX/ I
Kasper et la foi indivise de l’Orient et de l’Occident
Le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’Unité des chrétiens, a guidé une délégation pontificale dans la Cathédrale Saint-Georges, à Constantinople, à l’occasion de la fête de saint André apôtre. La visite a eu lieu deux jours après que le Pape a eu remis au patriarche de Constantinople, Bartholomée Ier, les reliques de saint Grégoire de Nazianze et de saint Jean Chrisostome. Parlant des deux saints évêques de Constantinople, ale cardinal allemand a dit: «Deux témoins et deux maîtres de notre foi commune, appartenant au premier millénaire, une foi à laquelle l’Orient et l’Occident sont restés fidèles dans le second millénaire et que nous sommes appelés par le Seigneur Jésus-Christ à témoigner dans le troisième millénaire». Les paroles du cardinal Kasper ont été rapportées par l’Avvenire du 1er décembre.
CARDINAUX/ 2 Tettamanzi: l’Église ambrosienne et la Tradition
Le discours traditionnel prononcé par l’archevêque de Milan, le cardinal Dionigi Tettamanzi, la veille de la solennité de saint Ambroise, a eu un grand écho. La Padania du 7 décembre a rapporté ce passage: «Il faut récupérer un passé dont les racines plongent dans une Milan qui désormais, hélas, existe toujours moins, mais qui, à travers l’Église ambrosienne, peut chercher à renouer avec ses valeurs traditionnelles».
CARDINAUX/ 3 Pompedda: mais l’Europe n’est plus chrétienne
«La Constitution européenne correspond à la vision chrétienne par plusieurs aspects». C’est ce qu’a dit le cardinal Mario Francesco Pompedda, préfet émérite du Tribunal suprême de la Signature apostolique, lors d’une interview publiée sur le Corriere della Sera du 17 décembre. On lit dans l’interview: «Le christianisme doit à nouveau se faire message et prendre acte qu’aujourd’hui, sur la scène publique, il n’est plus compris; et la raison de cette situation n’est pas que les autres composantes se sont unies dans une conjuration contre lui: il faut, à mon avis, éviter le double risque d’un triomphalisme facile d’une part et, de l’autre, d’une attitude défaitiste à l’égard d’une sécularisation donnée pour fatalement victorieuse […]. Le présupposé d’une Europe encore essentiellement et majoritairement chrétienne ne correspond pas à la réalité. C’est évident dans des pays comme la France qui, alors qu’elle a été la fille aînée de l’Église, compte aujourd’hui un grand nombre de non-baptisés. Mais nous devons aussi avoir le courage, dans des pays comme l’Italie, de regarder, au-delà des statistiques sur les baptêmes, la réalité vécue des gens».
SAINTS ET BIENHEUREUX Promulgation des décrets sur les miracles attribués à l’intercession de von Galen et de Charles de Foucauld
Le 20 décembre, ont été promulgués en présence du Pape un certain nombre de décrets de la Congrégation pour les Causes des Saints, dont ceux qui concernent les miracles attribués à l’intercession des vénérables serviteurs de Dieu, Clemens August von Galen, le “Lion de Münster” et Charles de Foucauld, le prêtre français qui a vécu pendant quinze ans dans le désert algérien avant d’être assassiné en 1916. Le Figaro a fait remarquer que, bien que Charles de Foucauld ait été assassiné par des musulmans qui se battaient contre la présence française dans le Sahara, il ne sera pas béatifié comme martyr.
ZAPATERO «Le respect vaut mieux que la tolérance»
Sur son supplément La Domenica du 19 décembre, la Repubblica a publié un long reportage de Concita De Gregorio sur la polémique qui embrase l’Espagne et qui oppose les autorités catholiques et le nouveau gouvernement socialiste. La journaliste raconte une rencontre avec le premier ministre espagnol: «Zapatero tire de sa bibliothèque un texte de Fernando de los Rios, père du socialisme humaniste, l’anti-Ortega y Gasset, ministre du gouvernement en exil et lit: “Être laïque ne signifie pas être tolérant, ce qui suppose une supériorité, mais être respectueux des convictions des autres”».
SHARON «2005 sera l’année des grandes occasions»
C’est ce qu’a déclaré le premier ministre israélien Ariel Sharon au cours de la Conférence académique annuelle de Herzliya, durant laquelle il a parlé aussi d’un «tournant historique dans les relations avec les Palestiniens, d’une occasion pour la paix». Les propos du premier ministre israélien ont été rapportés par le Corriere della Sera du 17 décembre.
CULTURE/ 1 Magris: Del Noce et la Monarchie de Dante
Sur la première page du Corriere della Sera du 13 décembre a paru un article de Claudio Magris, dont nous rapportons un passage. «Augusto del Noce», écrit Magris, «– philosophe catholique rigoureusement orthodoxe et traditionaliste, critique acharné et fasciné du marxisme et interprète génial de l’athéisme et de la modernité nihiliste – parlait souvent du silence qui avait pesé, pendant des siècles, sur la Monarchie de Dante, excluant cet ouvrage du débat politique et en effaçant presque le souvenir. Ce bûcher qui n’avait rien de métaphorique était né à l’origine de la volonté de l’Église d’étouffer la théorie dantesque des deux soleils, c’est-à-dire de la dignité égale du pouvoir spirituel et du pouvoir politique, tous deux également légitimes dans leurs sphères spécifiques de compétence – théorie donc dangereuse pour l’intégrisme catholique qui voulait que l’État fût subordonné à l’Église […]. Dans les formes et selon les modes qui étaient ceux du Moyen Âge, ce texte de Dante, que Del Noce considérait presque comme un samizdat, était un manifeste de laïcité».
CULTURE/ 2 Brague: La transcendance ne se crée pas
«Loin de moi l’idée selon laquelle on pourrait se créer la transcendance dont on a besoin. Par définition une transcendance créée, ou une transcendance horizontale, n’est pas une transcendance». C’est ce qu’a dit Rémi Brague dans une interview publiée par la Repubblica du 23 décembre.
CULTURE/ 3 Depardieu: Dieu, Augustin et la psychiatrie
«J’ai découvert Dieu depuis que je déclame dans toutes les églises de France les Confessions de saint Augustin. Je les porterai bientôt dans toute l’Europe. Si l’on ne regarde pas vers le ciel, l’homme n’est rien. C’est un homme qui, en vingt-huit ans d’analyse a enterré deux psychiatres qui vous le dit. Qui est Freud comparé à Dieu?». C’est ce qu’a dit l’acteur français Gérard Depardieu dans une interview accordée au Giornale du 19 décembre.
ITALIE Ruini fait un bilan de vingt ans
Sur la rubrique en ligne de l’Espresso, dont s’occupe Sandro Magister, sont rapportés les passages les plus significatifs de l’article du cardinal Camillo Ruini publié sur Vita e Pensiero (revue de l’Université Catholique de Milan) de janvier 2005, dans lequel le cardinal, ne se contentant pas d’aborder des thèmes habituels tels que la «nouvelle question anthropologique», trace un bilan du rapport entre catholiques et politique depuis le Congrès de Lorette de 1985. Un bilan de vingt ans qui part de l’objectif «ambitieux» proposé à Lorette de restituer à la foi chrétienne en Italie «un rôle de guide et de moteur», et relancé avec force après la chute du Mur de Berlin, en 1989. Un projet qui a traversé aussi la fin de l’unité politique des catholiques, unité que, dit Magister, Ruini a «défendu jusqu’au dernier moment», mais dont il a cependant considéré «qu’elle ne pouvait plus être proposée après 1994». Cette année-là, dit encore Magister, «Ruini a présenté à la direction de la CEI réunie à Montecassino, le “projet culturel orienté en sens chrétien”». Tel est le climat dans lequel s’est déroulé le congrès ecclésial de Palerme de 1995. C’est là, selon Ruini, que le Pape a dicté lui-même la nouvelle attitude que les catholiques devaient adopter en politique, par une formule souvent reprise par le président de la CEI: «L’Église ne doit pas et n’entend pas s’impliquer par le choix d’une formation politique ou d’un parti». Un bilan dans lequel Ruini s’arrête aussi sur les résistances opposées par certains milieux ecclésiaux dans lesquels Magister reconnaît en particulier le «catholicisme progressiste». Ce bilan, selon le cardinal, ne peut pas ne pas être considéré comme positif, vu le respect dont ont joui les institutions ecclésiastiques, respect qui a été confirmé par «le très haut pourcentage d’élèves qui bénéficient de l’enseignement de la religion catholique et de contribuables qui destinent à l’Église le “8 pour mille” [du montant des impôts]». Commentaire de Magister: «L’article est à lire en entier. Il fournit de bonnes armes au petit nombre de personnes qui apprécient le cardinal Ruini et au grand nombre de celles qui lui sont hostiles ou qui l’ignorent».
DIPLOMATIE/ 1 Nouveau nonce en Grande-Bretagne et en Australie
Le 11 décembre, l’archevêque espagnol Faustino Sainz Muñoz, 67 ans, a été nommé nonce en Grande-Bretagne. Prêtre depuis 1964, Sainz Muñoz est entré dans le service diplomatique vatican en 1970 et a travaillé au Sénégal, dans les pays scandinaves et, depuis 1973, à la Secrétairerie d’État. En 1988, il a été promu archevêque et prononce à Cuba. En 1992, ensuite, il a été nommé nonce au Zaïre et il était depuis 1999 nonce auprès des Communautés européennes de Bruxelles.
Le 18 décembre, l’archevêque Ambrose B. De Paoli a été nommé nonce apostolique en Australie. De Paoli, américain, 70 ans, prêtre depuis 1960, était depuis 1997 nonce au Japon après l’avoir été précédemment au Sri Lanka et en Afrique du Sud.
Le 15 décembre ensuite, l’archevêque Thomas E. Gullickson, nonce à Trinité-et-Tobago et dans d’autres petits pays des Antilles depuis le 2 octobre, a été également nommé nonce à Antigua-et-Barbuda, Barbados, la Jamaïque, la Guyane et au Surinam. Le 20 décembre, le même Gullickson a été également nommé nonce dans l’État de Grenade.
DIPLOMATIE/ 2 Nouveaux ambassadeurs de Lituanie, du Pérou et de Croatie près le Saint-Siège
Le 6 décembre, le nouvel ambassadeur de Lituanie près le Saint-Siège a présenté ses lettres de créance. Il s’agit d’Algirdas Saudargas, 56 ans, ancien professeur de mathématiques puis ministre des Affaires étrangères (1990-1992 et 1996-2000), président de la DC lituanienne (1995-1999), parlementaire (1992-2004). Le Pape s’adressant à lui, a dit, entre autres: «Dans le débat culturel et social qui intéresse en ce moment votre patrie, je sais qu’apparaît le besoin de souligner les racines chrétiennes dont le tissu populaire a tiré la sève vitale tout au long des siècles». L’ambassadeur a, de son côté, rappelé que «la plus courageuse et la plus efficace résistance au régime totalitaire se regroupait autour de la Chronique de l’Église catholique en Lituanie, publication périodique clandestine qui a joui de la plus grande autorité».
Le 7 décembre, c’était au nouveau représentant du Pérou de présenter ses lettres de créance. Il s’agit de Pablo Moral Van, 72 ans, diplomate de carrière, ancien ambassadeur en Union Soviétique, en Hongrie, et ces deux dernières années, en Italie. Le Pape lui a dit entre autres: «Satisfaire les besoins de base des personnes les plus déshérités et les plus exclues doit être considéré comme une priorité fondamentale, vu que l’accélération des changements économiques internationaux a mis beaucoup d’entre eux dans une situation presque désespérée». Le diplomate péruvien a rappelé, de son côté, le rôle de fra Bartolomeo de Las Casas et du père Francisco de Vitoria dans la défense des droits des populations indigènes des Amériques.
Le 11 décembre enfin, le nouvel ambassadeur de Croatie a présenté ses lettres de créance. Il s’agit d’Emilio Marin, né à Split il y a 53 ans, professeur d’Archéologie romaine à l’Université de sa ville natale et enseignant à Oxford et à la Sorbonne, membre correspondant de l’Académie pontificale romaine d’Archéologie. Dans son discours, le Pape a souligné que les Croates «forts de leur identité spirituelle, pourront apporter aux peuples européens la contribution de leur expérience». De son côté, Marin a remercié le Pape pour «son engagement personnel et aussi pour le soutien du Saint-Siège à la République de Croatie dans son chemin vers l’indépendance, la reconnaissance, le développement et la pleine insertion dans la famille européenne…».
DIPLOMATIE/ 3 Nouveaux ambassadeurs, non résidents, du Malawi, de Thaïlande, du Luxembourg, du Kenya et de Norvège
Le 16 décembre, cinq ambassadeurs près le Saint-Siège – non résidents à Rome – ont présenté leurs lettres de créance. Il s’agit des représentants du Malawi (Gilton Bazilio Chiwaula, ambassadeur aussi à Berlin, où il réside), de la Thaïlande (Pradap Pibulsonggram, Suisse), du Luxembourg (Georges Santer, également secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères), du Kenya (Raychelle Awuor Omamo, France) et de Norvège (Lars Petter Forberg, Suisse).
LIVRES/ I Le De civitate Dei traduit en coréen
La Maison d’édition coréenne Benedictine Press de Waugwan a publié récemment le De civitate Dei en édition bilingue (coréen, latin). C’est la première fois que ce texte de l’évêque d’Hippone est traduit en coréen. L’ouvrage est dû au professeur Youm Bosco Seong, ambassadeur de Séoul près le Saint-Siège depuis juillet 2003. Celui-ci avait déjà traduit précédemment d’autres œuvres du docteur de l’Église comme le De doctrina christiana en 1988, le De vera religione en 1988 et le De libero arbitrio en 1998. La traduction a eu droit, sur L’Osservatore Romano du 15 décembre, à un article enthousiaste de Mgr Waldemar Turek, official de la Secrétairerie d’État et membre du conseil de direction de la Fondation Latinitas.
Le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’Unité des chrétiens, a guidé une délégation pontificale dans la Cathédrale Saint-Georges, à Constantinople, à l’occasion de la fête de saint André apôtre. La visite a eu lieu deux jours après que le Pape a eu remis au patriarche de Constantinople, Bartholomée Ier, les reliques de saint Grégoire de Nazianze et de saint Jean Chrisostome. Parlant des deux saints évêques de Constantinople, ale cardinal allemand a dit: «Deux témoins et deux maîtres de notre foi commune, appartenant au premier millénaire, une foi à laquelle l’Orient et l’Occident sont restés fidèles dans le second millénaire et que nous sommes appelés par le Seigneur Jésus-Christ à témoigner dans le troisième millénaire». Les paroles du cardinal Kasper ont été rapportées par l’Avvenire du 1er décembre.
CARDINAUX/ 2 Tettamanzi: l’Église ambrosienne et la Tradition
Le discours traditionnel prononcé par l’archevêque de Milan, le cardinal Dionigi Tettamanzi, la veille de la solennité de saint Ambroise, a eu un grand écho. La Padania du 7 décembre a rapporté ce passage: «Il faut récupérer un passé dont les racines plongent dans une Milan qui désormais, hélas, existe toujours moins, mais qui, à travers l’Église ambrosienne, peut chercher à renouer avec ses valeurs traditionnelles».
CARDINAUX/ 3 Pompedda: mais l’Europe n’est plus chrétienne
«La Constitution européenne correspond à la vision chrétienne par plusieurs aspects». C’est ce qu’a dit le cardinal Mario Francesco Pompedda, préfet émérite du Tribunal suprême de la Signature apostolique, lors d’une interview publiée sur le Corriere della Sera du 17 décembre. On lit dans l’interview: «Le christianisme doit à nouveau se faire message et prendre acte qu’aujourd’hui, sur la scène publique, il n’est plus compris; et la raison de cette situation n’est pas que les autres composantes se sont unies dans une conjuration contre lui: il faut, à mon avis, éviter le double risque d’un triomphalisme facile d’une part et, de l’autre, d’une attitude défaitiste à l’égard d’une sécularisation donnée pour fatalement victorieuse […]. Le présupposé d’une Europe encore essentiellement et majoritairement chrétienne ne correspond pas à la réalité. C’est évident dans des pays comme la France qui, alors qu’elle a été la fille aînée de l’Église, compte aujourd’hui un grand nombre de non-baptisés. Mais nous devons aussi avoir le courage, dans des pays comme l’Italie, de regarder, au-delà des statistiques sur les baptêmes, la réalité vécue des gens».
SAINTS ET BIENHEUREUX Promulgation des décrets sur les miracles attribués à l’intercession de von Galen et de Charles de Foucauld
Le 20 décembre, ont été promulgués en présence du Pape un certain nombre de décrets de la Congrégation pour les Causes des Saints, dont ceux qui concernent les miracles attribués à l’intercession des vénérables serviteurs de Dieu, Clemens August von Galen, le “Lion de Münster” et Charles de Foucauld, le prêtre français qui a vécu pendant quinze ans dans le désert algérien avant d’être assassiné en 1916. Le Figaro a fait remarquer que, bien que Charles de Foucauld ait été assassiné par des musulmans qui se battaient contre la présence française dans le Sahara, il ne sera pas béatifié comme martyr.
ZAPATERO «Le respect vaut mieux que la tolérance»
Sur son supplément La Domenica du 19 décembre, la Repubblica a publié un long reportage de Concita De Gregorio sur la polémique qui embrase l’Espagne et qui oppose les autorités catholiques et le nouveau gouvernement socialiste. La journaliste raconte une rencontre avec le premier ministre espagnol: «Zapatero tire de sa bibliothèque un texte de Fernando de los Rios, père du socialisme humaniste, l’anti-Ortega y Gasset, ministre du gouvernement en exil et lit: “Être laïque ne signifie pas être tolérant, ce qui suppose une supériorité, mais être respectueux des convictions des autres”».
SHARON «2005 sera l’année des grandes occasions»
C’est ce qu’a déclaré le premier ministre israélien Ariel Sharon au cours de la Conférence académique annuelle de Herzliya, durant laquelle il a parlé aussi d’un «tournant historique dans les relations avec les Palestiniens, d’une occasion pour la paix». Les propos du premier ministre israélien ont été rapportés par le Corriere della Sera du 17 décembre.
CULTURE/ 1 Magris: Del Noce et la Monarchie de Dante
Sur la première page du Corriere della Sera du 13 décembre a paru un article de Claudio Magris, dont nous rapportons un passage. «Augusto del Noce», écrit Magris, «– philosophe catholique rigoureusement orthodoxe et traditionaliste, critique acharné et fasciné du marxisme et interprète génial de l’athéisme et de la modernité nihiliste – parlait souvent du silence qui avait pesé, pendant des siècles, sur la Monarchie de Dante, excluant cet ouvrage du débat politique et en effaçant presque le souvenir. Ce bûcher qui n’avait rien de métaphorique était né à l’origine de la volonté de l’Église d’étouffer la théorie dantesque des deux soleils, c’est-à-dire de la dignité égale du pouvoir spirituel et du pouvoir politique, tous deux également légitimes dans leurs sphères spécifiques de compétence – théorie donc dangereuse pour l’intégrisme catholique qui voulait que l’État fût subordonné à l’Église […]. Dans les formes et selon les modes qui étaient ceux du Moyen Âge, ce texte de Dante, que Del Noce considérait presque comme un samizdat, était un manifeste de laïcité».
CULTURE/ 2 Brague: La transcendance ne se crée pas
«Loin de moi l’idée selon laquelle on pourrait se créer la transcendance dont on a besoin. Par définition une transcendance créée, ou une transcendance horizontale, n’est pas une transcendance». C’est ce qu’a dit Rémi Brague dans une interview publiée par la Repubblica du 23 décembre.
CULTURE/ 3 Depardieu: Dieu, Augustin et la psychiatrie
«J’ai découvert Dieu depuis que je déclame dans toutes les églises de France les Confessions de saint Augustin. Je les porterai bientôt dans toute l’Europe. Si l’on ne regarde pas vers le ciel, l’homme n’est rien. C’est un homme qui, en vingt-huit ans d’analyse a enterré deux psychiatres qui vous le dit. Qui est Freud comparé à Dieu?». C’est ce qu’a dit l’acteur français Gérard Depardieu dans une interview accordée au Giornale du 19 décembre.
ITALIE Ruini fait un bilan de vingt ans
Sur la rubrique en ligne de l’Espresso, dont s’occupe Sandro Magister, sont rapportés les passages les plus significatifs de l’article du cardinal Camillo Ruini publié sur Vita e Pensiero (revue de l’Université Catholique de Milan) de janvier 2005, dans lequel le cardinal, ne se contentant pas d’aborder des thèmes habituels tels que la «nouvelle question anthropologique», trace un bilan du rapport entre catholiques et politique depuis le Congrès de Lorette de 1985. Un bilan de vingt ans qui part de l’objectif «ambitieux» proposé à Lorette de restituer à la foi chrétienne en Italie «un rôle de guide et de moteur», et relancé avec force après la chute du Mur de Berlin, en 1989. Un projet qui a traversé aussi la fin de l’unité politique des catholiques, unité que, dit Magister, Ruini a «défendu jusqu’au dernier moment», mais dont il a cependant considéré «qu’elle ne pouvait plus être proposée après 1994». Cette année-là, dit encore Magister, «Ruini a présenté à la direction de la CEI réunie à Montecassino, le “projet culturel orienté en sens chrétien”». Tel est le climat dans lequel s’est déroulé le congrès ecclésial de Palerme de 1995. C’est là, selon Ruini, que le Pape a dicté lui-même la nouvelle attitude que les catholiques devaient adopter en politique, par une formule souvent reprise par le président de la CEI: «L’Église ne doit pas et n’entend pas s’impliquer par le choix d’une formation politique ou d’un parti». Un bilan dans lequel Ruini s’arrête aussi sur les résistances opposées par certains milieux ecclésiaux dans lesquels Magister reconnaît en particulier le «catholicisme progressiste». Ce bilan, selon le cardinal, ne peut pas ne pas être considéré comme positif, vu le respect dont ont joui les institutions ecclésiastiques, respect qui a été confirmé par «le très haut pourcentage d’élèves qui bénéficient de l’enseignement de la religion catholique et de contribuables qui destinent à l’Église le “8 pour mille” [du montant des impôts]». Commentaire de Magister: «L’article est à lire en entier. Il fournit de bonnes armes au petit nombre de personnes qui apprécient le cardinal Ruini et au grand nombre de celles qui lui sont hostiles ou qui l’ignorent».
DIPLOMATIE/ 1 Nouveau nonce en Grande-Bretagne et en Australie
Le 11 décembre, l’archevêque espagnol Faustino Sainz Muñoz, 67 ans, a été nommé nonce en Grande-Bretagne. Prêtre depuis 1964, Sainz Muñoz est entré dans le service diplomatique vatican en 1970 et a travaillé au Sénégal, dans les pays scandinaves et, depuis 1973, à la Secrétairerie d’État. En 1988, il a été promu archevêque et prononce à Cuba. En 1992, ensuite, il a été nommé nonce au Zaïre et il était depuis 1999 nonce auprès des Communautés européennes de Bruxelles.
Le 18 décembre, l’archevêque Ambrose B. De Paoli a été nommé nonce apostolique en Australie. De Paoli, américain, 70 ans, prêtre depuis 1960, était depuis 1997 nonce au Japon après l’avoir été précédemment au Sri Lanka et en Afrique du Sud.
Le 15 décembre ensuite, l’archevêque Thomas E. Gullickson, nonce à Trinité-et-Tobago et dans d’autres petits pays des Antilles depuis le 2 octobre, a été également nommé nonce à Antigua-et-Barbuda, Barbados, la Jamaïque, la Guyane et au Surinam. Le 20 décembre, le même Gullickson a été également nommé nonce dans l’État de Grenade.
DIPLOMATIE/ 2 Nouveaux ambassadeurs de Lituanie, du Pérou et de Croatie près le Saint-Siège
Le 6 décembre, le nouvel ambassadeur de Lituanie près le Saint-Siège a présenté ses lettres de créance. Il s’agit d’Algirdas Saudargas, 56 ans, ancien professeur de mathématiques puis ministre des Affaires étrangères (1990-1992 et 1996-2000), président de la DC lituanienne (1995-1999), parlementaire (1992-2004). Le Pape s’adressant à lui, a dit, entre autres: «Dans le débat culturel et social qui intéresse en ce moment votre patrie, je sais qu’apparaît le besoin de souligner les racines chrétiennes dont le tissu populaire a tiré la sève vitale tout au long des siècles». L’ambassadeur a, de son côté, rappelé que «la plus courageuse et la plus efficace résistance au régime totalitaire se regroupait autour de la Chronique de l’Église catholique en Lituanie, publication périodique clandestine qui a joui de la plus grande autorité».
Le 7 décembre, c’était au nouveau représentant du Pérou de présenter ses lettres de créance. Il s’agit de Pablo Moral Van, 72 ans, diplomate de carrière, ancien ambassadeur en Union Soviétique, en Hongrie, et ces deux dernières années, en Italie. Le Pape lui a dit entre autres: «Satisfaire les besoins de base des personnes les plus déshérités et les plus exclues doit être considéré comme une priorité fondamentale, vu que l’accélération des changements économiques internationaux a mis beaucoup d’entre eux dans une situation presque désespérée». Le diplomate péruvien a rappelé, de son côté, le rôle de fra Bartolomeo de Las Casas et du père Francisco de Vitoria dans la défense des droits des populations indigènes des Amériques.
Le 11 décembre enfin, le nouvel ambassadeur de Croatie a présenté ses lettres de créance. Il s’agit d’Emilio Marin, né à Split il y a 53 ans, professeur d’Archéologie romaine à l’Université de sa ville natale et enseignant à Oxford et à la Sorbonne, membre correspondant de l’Académie pontificale romaine d’Archéologie. Dans son discours, le Pape a souligné que les Croates «forts de leur identité spirituelle, pourront apporter aux peuples européens la contribution de leur expérience». De son côté, Marin a remercié le Pape pour «son engagement personnel et aussi pour le soutien du Saint-Siège à la République de Croatie dans son chemin vers l’indépendance, la reconnaissance, le développement et la pleine insertion dans la famille européenne…».
DIPLOMATIE/ 3 Nouveaux ambassadeurs, non résidents, du Malawi, de Thaïlande, du Luxembourg, du Kenya et de Norvège
Le 16 décembre, cinq ambassadeurs près le Saint-Siège – non résidents à Rome – ont présenté leurs lettres de créance. Il s’agit des représentants du Malawi (Gilton Bazilio Chiwaula, ambassadeur aussi à Berlin, où il réside), de la Thaïlande (Pradap Pibulsonggram, Suisse), du Luxembourg (Georges Santer, également secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères), du Kenya (Raychelle Awuor Omamo, France) et de Norvège (Lars Petter Forberg, Suisse).
LIVRES/ I Le De civitate Dei traduit en coréen
La Maison d’édition coréenne Benedictine Press de Waugwan a publié récemment le De civitate Dei en édition bilingue (coréen, latin). C’est la première fois que ce texte de l’évêque d’Hippone est traduit en coréen. L’ouvrage est dû au professeur Youm Bosco Seong, ambassadeur de Séoul près le Saint-Siège depuis juillet 2003. Celui-ci avait déjà traduit précédemment d’autres œuvres du docteur de l’Église comme le De doctrina christiana en 1988, le De vera religione en 1988 et le De libero arbitrio en 1998. La traduction a eu droit, sur L’Osservatore Romano du 15 décembre, à un article enthousiaste de Mgr Waldemar Turek, official de la Secrétairerie d’État et membre du conseil de direction de la Fondation Latinitas.
L’IMMACULEE CONCEPTION
Marie de Nazareth accueille le Fils de Dieu dans l’histoire

L’Immaculée Conception, image française de la moitié du XIXe siè cle