30Jours dans le monde
ÉGLISE
L’onction des malades ne doit être administrée que par des prêtres (évêques et prêtres)

L’onction des malades sur une miniature du XVe siècle
L’Osservatore Romano du 21 octobre (p. 5) a publié un Note au sujet du Ministre du Sacrement de l’onction des malades: «Le Code de Droit canonique, dans le can. 1003 § 1 (cf. aussi can. 739 § 1 du Code des canons des Églises orientales) reprend exactement la doctrine exprimée par le Concile de Trente (Sessio XIV, can. 4: DS 1719; cf. aussi le Catéchisme de l’Église catholique, n. 1516), selon laquelle seuls les prêtres (évêques et prêtres) sont ministres du sacrement de l’onction des malades. Cette doctrine est definitive tenenda. Ni les diacres ni les laïcs ne peuvent donc exercer ce ministère et toute action en ce sens constitue une simulation du sacrement».
La Note en question porte la date du 11 février et est signée par celui qui était alors le cardinal préfet Joseph Ratzinger et par l’archevêque secrétaire, le salésien Angelo Amato. La Note a été publiée par L’Osservatore Romano, accompagnée d’un commentaire non signé.
30JOURS DANS LE MONDE

La couverture du livre de Benoît XVI La révolution de Dieu
La promesse et les impératifs du Seigneur
À l’ouverture des travaux de la XIe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques, le lundi 3 octobre 2005, après la lectio brevis de l’heure tierce, le Saint-Père a prononcé une méditation dont nous publions la conclusion: «Ici se pose une question: cette promesse est-elle soumise à des impératifs? Autrement dit, est-ce seulement dans la mesure où nous pouvons réaliser les impératifs que ce Dieu de la paix est avec nous? Quel est le rapport entre impératif et promesse? Je dirais qu’il est bilatéral: la promesse précède les impératifs, elle les rend réalisables, et elle suit aussi la réalisation des impératifs.
Autrement dit, avant tout ce que nous faisons, le Dieu d’amour et de paix s’est ouvert à nous, il est avec nous. Dans la Révélation, commencée dans l’Ancien Testament, Dieu est venu à notre rencontre avec son amour, avec sa paix. Enfin, par son Incarnation, il s’est fait Dieu-avec-nous, l’Emmanuel, il est avec nous, ce Dieu de la paix qui s’est fait chair avec notre chair, sang de notre sang. Il est homme avec nous, et il embrasse tout l’être humain. Et dans la crucifixion et la descente dans la mort, il s’est fait totalement un avec nous, il nous précède avec son amour, il embrasse avant tout notre agir. Telle est notre grande consolation. Dieu nous précède. Il a déjà tout fait. Il nous a donné la paix, le pardon et l’amour. Il est avec nous. Et ce n’est que parce qu’il est avec nous, parce que dans le Baptême nous avons reçu sa grâce, dans la Confirmation l’Esprit Saint, dans le Sacrement de l’Ordre sa mission, que nous pouvons maintenant agir à notre tour, coopérer avec sa présence qui nous précède. Tout notre agir dont nous parlent les cinq impératifs consiste à coopérer, à collaborer avec le Dieu de paix qui est avec nous.
Mais d’autre part, cela vaut dans la mesure où nous entrons réellement dans cette présence qui nous a été donnée, dans ce don déjà présent dans notre être. Sa présence, son être avec nous, grandissent alors naturellement. Prions le Seigneur pour qu’il nous apprenne a collaborer avec sa grâce qui précède, afin qu’il soit ainsi réellement toujours avec nous. Amen!».
PAPE/2
La transformation du monde est dans la fragile, la blanche hostie consacrée
«À son premier livre écrit en tant que Pape, qui rassemble ses discours de Cologne et qui est en vente ces jours-ci dans le monde entier, Benoît XVI a donné le titre audacieux de La révolution de Dieu. Mais la véritable audace se trouve dans le texte même lorsque le Pape dit que le big bang de la révolution divine, “dont le terme ultime est la transformation du monde”, est dans la fragile, la blanche hostie consacrée, sacrement de la présence réelle de Jésus homme et Dieu. L’image de Benoît XVI à genoux et en silence devant l’Eucharistie est désormais l’image-clef de ce pontificat. Il en a été ainsi en août, à Cologne, avec le million de jeunes. Il en a été ainsi à la mi-octobre avec les cent mille enfants de la première communion, place Saint-Pierre. Il en a été ainsi avec les deux cent cinquante évêques et cardinaux réunis à Rome pour le Synode, dans la sévère adoration eucharistique du lundi 17 octobre». C’est ce qu’écrit Sandro Magister sur l’Espresso du 27 octobre.
SACRÉ COLLÈGE
La mort du cardinal Caprio. Les quatre-vingts ans de Falcão
Le 15 octobre est décédé le cardinal Giuseppe Caprio, originaire de Campanie, 90 ans, président émérite de la Préfecture des Affaires économiques du Saint-Siège. Le 23 octobre, le cardinal José Freire Falcão, archevêque de Brasilia de 1984 à 2004, a atteint quatre-vingts ans.
À la fin d’octobre donc, le Sacré Collège est composé de cent quatre-vingt cardinaux dont cent onze sont électeurs.
CUBA
Castro: «L’Église nous précède»
«”L’Église nous précède tous”». C’est peut-être là la remarque la plus révélatrice et la plus surprenante qu’a faite Fidel Castro lundi dernier, à La Havane, à la fin de son entretien avec le cardinal Tarcisio Bertone. À peine de retour de l’île, le cardinal archevêque de Gênes fait ce récit aux journalistes: “Nous étions en train de parler de la nécessité d’aider les pauvres à sortir du besoin, du devoir de promouvoir le développement humain, deux thèmes chers à Castro. À un certain moment, confrontant les différents engagements en faveur de l’homme dans la société cubaine, mais aussi ailleurs, le líder máximo a lancé cette remarque”». Tel est le début d’un article publié sur l’Avvenire du 13 octobre à propos du voyage de l’archevêque de Gênes à Cuba, au début d’octobre.
RUSSIE
La libération de la domination polonaise à la place de la Révolution d’octobre
Révolution d’octobre, adieu la fête. Par décision de Poutine, les Russes célébreront la libération de la domination polonaise de 1612. Tel est le titre d’un article du Corriere della Sera, publié le 5 novembre, consacré à la décision d’abroger les célébrations de la Révolution russe.
USA/I
Cheney, Rumsfeld et la cabale
«George Bush? “Un cowboy”. L’axe Cheney-Rumsfeld? “Une cabale secrète”. C’est ce qu’a dit l’ancien secrétaire d’État Colin Powell, par la bouche de son bras droit, le colonel Larry Wilkerson. Les déclarations du colonel ont été rapportées par La Stampa du 21 octobre. Wilkerson a critiqué l’axe Cheney-Rumsfeld parce qu’il a, entre autres, pris des décisions «potentiellement désastreuses au sujet de l’Irak, de la Corée du Nord et de l’Iran et dans les crises internes comme celle déclenchée par l’ouragan Katrina».
USA/2
Les prisons secrètes de la CIA en Pologne et en Roumanie
Tel est le titre d’un article du Corriere della Sera du 4 novembre rapportant ce qui avait été publié les jours précédents sur le Washington Post et sur le Financial Times et ce qu’avait dénoncé l’organisation humanitaire “Human Rights Watch” au sujet de ce que l’on appelle les “sites noirs”, c’est-à-dire les lieux où des terroristes présumés ont été torturés par des agents de la CIA hors du territoire des États-Unis. La nouvelle a été démentie par les pays de l’Est intéressés mais des approfondissements sont en cours de la part de la Commission de l’UE.
IRAK/I
«Pourquoi avons-nous tué dix-huit enfants?»
La Maison Blanche examinera les circonstances du massacre de Ramadi où plus de soixante-dix civils irakiens, dont dix-huit enfants, sont morts sous les bombes lancées par des avions américains. «C’est ce qu’a annoncé le porte-parole de la Maison Blanche Scott McClennan, harcelé publiquement dans le briefing à la Maison Blanche par la journaliste Helen Thomas, doyenne des chroniqueurs présidentiels, qui par quatre fois lui a demandé des éclaircissements sur le massacre en répétant: “Pourquoi avons-nous tué dix-huit enfants?”». C’est ce que dit le compte-rendu paru sur la Repubblica du 19 octobre.
IRAK/2
Les cartes de Saddam
et celles de Mussolini
Le 19 octobre, sur La Stampa, Igor Man a signé un article sur le procès de Saddam Hussein qui se déroule en ce moment en Irak. Nous en rapportons un passage: «Qu’on le laisse donc parler sans crainte au procès: les fautes de l’Occident qui s’est servi (mal) de lui pour chasser Khomeiny, nous les connaissons, nous les avons déjà assimilées et il n’y a pas en circulation de documents compromettants comme ceux (vrais ou présumés) avec lesquels Mussolini, s’il avait été soumis à un procès, aurait jeté dans l’embarras quelque leader anglo-saxon (c’est pourquoi on pensa qu’il valait mieux l’empêcher de parler). Il s’agit ici d’une histoire différente, sombre mais facile à lire».
NOMINATIONS/I
Le père Lombardi directeur général de Radio-Vatican
Le 5 novembre, le Pape a nommé le nouveau directeur général de Radio-Vatican. Il s’agit du père Federico Lombardi, 63 ans, originaire de Saluzzo (Cuneo), directeur des programmes de la radio vaticane. Le père Lombardi remplace le père Pasquale Borgomeo, 72 ans, napolitain, qui dirigeait cette même radio depuis 1985.
Le 5 novembre toujours, le cardinal secrétaire d’État a nommé le nouveau directeur des programmes en la personne du père Andrzej Koprowski, 65 ans, polonais, le second du père Lombardi depuis 2003.
NOMINATIONS/2
Valentinetti archevêque de Pescara-Penne
Le 4 novembre, Tommaso Valentinetti, 53 ans, évêque de Termoli-Larino depuis 2000, a été promu archevêque de Pescara-Penne. Valentinetti, prêtre depuis 1977 de son diocèse natal de Lanciano-Ortona, a été l’élève du Collège Capranica.
DIPLOMATIE
Nouveau
représentant russe
près le Saint-Siège
Le 28 octobre, le Pape a reçu en audience le nouveau représentant de la Fédération Russe près le Saint-Siège. Il s’agit de Nikolay Sadchikov, 59 ans, diplomate de carrière, qui était ambassadeur en Suède depuis 2001. La représentation russe au Vatican n’ayant pas encore le rang d’ambassade, il n’y a pas eu les discours d’usage entre le Pape et le diplomate nouvellement arrivé.
LA DOCUMENTATION CATHOLIQUE
Ratzinger et la Douce France

La couverture du numéro I de l’année 2005 de la revue la documentation catholique
La documentation catholique, la célèbre et très sérieuse revue catholique française, dirigée par le père Vincent Cabanac, a consacré un numéro spécial monographqiue au nouveau pape Benoît XVI. Le fascicule comporte une série de textes de Joseph Ratzinger qui vont d’une intervention au Katholikentag de Bamberg en 1966, à l’époque où il était encore simple professeur, à celui qu’il a lu à Subiaco, la veille de la mort de Jean Paul II. La page consacrée au discours que le cardinal prononça en mai 1998 à la Villa Bonaparte, résidence de l’ambassadeur de France près le Saint-Siège, quand l’ambassadeur de cette époque Jean-Louis Lucet lui remit les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur que lui avait accordés le président Jacques Chirac, est curieuse. Celui qui était alors préfet de l’ex-Saint-Office confia à cette occasion qu’il «[avait] toujours été depuis [sa] jeunesse un grand admirateur de la Douce France» et qu’il avait lu les grands écrivains français contemporains comme «Bernanos, Mauriac, Péguy mais aussi des auteurs laïques comme Anouilh et Sartre». Après avoir fait l’éloge des grands théologiens français comme Congar, Daniélou et Chenu et du jésuite de Lubac, Ratzinger termina son bref discours par une exclamation significative: «Vive l’amitié entre la France et l’Allemagne, vive le France!».