30Jours dans le monde
D'ALEMA
Afghanistan, l’opium et le terrorisme

Massimo D'Alema
30JOURS DANS LE MONDE

Daniel Ortega et Miguel Obando Bravo, archevêque émérite de Managua
Les sandinistes et la réconciliation
«Cela a été une très belle journée sur la route de la paix et de la réconciliation nationale». Tel est le commentaire du cardinal Miguel Obando Bravo sur la victoire de Daniel Ortega aux élections présidentielles qui se sont déroulées au Nicaragua, le 5 novembre dernier. Ortega, ancien leader de la guérilla, a triomphé grâce à l’alliance entre la gauche sandiniste et une partie de la droite. La déclaration du cardinal a été rapportée par Il Corriere della Sera du 7 novembre.
CARDINAUX/2
Un souhait à propos de la Chine
«Je souhaite que les rapports entre le Saint-Siège et la Chine arrivent aux mêmes résultats que ceux auxquels sont arrivés le Saint-Siège et la Russie». C’est ainsi qu’a terminé son intervention improvisée le cardinal secrétaire d’État Tarcisio Bertone, à la fin de la présentation de deux livres édités par la Libreria Editrice Vaticana: l’un dirigé par Massimiliano Valente, sur les rapports entre Santa Sede e Russia da Leone XIII a Pio XI et l’autre par Giovanni Coco sur Santa Sede e Manciukuò (1932-1945), lequel raconte les rapports entre le Vatican et l’éphémère État Mandchoukouo, créé et imposé par le gouvernement japonais en Mandchourie. Les deux livres ont été présentés au Collège Teutonique, le 13 octobre dernier, lors d’une table ronde dirigée par le secrétaire du Comité pontifical de Sciences historiques, don Cosimo Semeraro et à laquelle ont participé l’archevêque Claudio Maria Celli, l’ambassadeur russe près le Saint-Siège Nikolaj Sadchikov, Rita Tolomeo, professeur à l’Université la Sapienza de Rome et Annibale Zambarbieri, professeur à l’Université de Pavie. Le président du Comité pontifical qui s’est occupé des deux publications, Mgr Walter Brandmüller a adressé un salut à tout l’assistance. L’Osservatore Romano du 17 novembre a consacré trois bonnes pages à cet événement, rapportant toutes les interventions de la recontre, y compris celle du cardinal Bertone. Celui-ci a, entre autres, mis l’accent sur l’œuvre accomplie par Benoît XV, «un homme... capable de médiation et de relations et donc d’ouverture internationale», qui «a pris place dans les rapports avec le monde oriental par des décisions historiques». «Pensons, par exemple», a-t-il dit, «à la création de la Congrégation pour les Églises orientales, à la fondation de l’Institut pontifical d’Études orientales et puis concrètement à ce qu’il a fait pour la Russie».
CARDINAUX/3
Saddam et la liberté de l’Église
Le cardinal Renato Martino, le 7 novembre, a accordé une interview à La Stampa dans laquelle il a critiqué la sentence de mort prononcée par un tribunal irakien contre Saddam Hussein. Dans l’interview, le prélat a voulu défendre le dictateur: «Quand il y avait Saddam, l’Irak était un État laïque et les chrétiens étaient libres de professeur leur foi. C’est aujourd’hui la guerre qui rend leur situation toujours plus critique et qui oblige beaucoup d’entre eux à émigrer. Avec Saddam, les chrétiens étaient protégés. Je me rappelle que, quand j’étais observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies, j’ai dû demander une dispense des sanctions pour faire parvenir en Irak une grande croix que Saddam Hussein avait offerte à l’Église catholique arménienne. Ce n’est certes pas là un exemple de persécution».
SACRÉ COLLÈGE
La disparition des cardinaux Vachon, Monduzzi et Pompedda
Le 29 septembre est décédé le cardinal canadien Louis-Albert Vachon, 94 ans, archevêque de Québec de 1981 à 1990. Le 13 octobre, ensuite, a disparu le cardinal originaire de Romagne, Dino Monduzzi, 84 ans, préfet émérite de la Maison pontificale. Le 18 octobre a disparu à son tour le cardinal sarde Mario Francesco Pompedda, 77 ans, préfet émérite du Tribunal Suprême de la Signature apostolique. À la fin d’octobre, donc, le Sacré Collège était composé de 187 cardinaux dont 115 électeurs.
CURIE/ I
Hummes préfet du Clergé, Comastri archiprêtre vatican
Le 31 octobre, le cardinal brésilien Cláudio Hummes a été nommé préfet de la Congrégation pour le Clergé. Il succède au cardinal colombien Darío Castrillón Hoyos, 77 ans depuis juillet, qui reste cependant président de la Commission pontificale «Ecclesia Dei». Hummes, 72 ans, franciscain, prêtre depuis 1958 et évêque depuis 1975, était archevêque de São Paulo depuis 1998.
Le 31 octobre toujours, l’archevêque toscan Angelo Comastri, 63 ans, a été nommé archiprêtre de la basilique patriarcale vaticane. Il succède au cardinal piémontais Francesco Marchisano, 77 ans depuis juin, qui conserve la charge de président du Bureau du travail du Siège apostolique.
CURIE/ 2
Bertone nommé membre de plusieurs Congrégations. Nouveau prélat au IOR
Le 30 septembre, le cardinal secrétaire d’État Tarcisio Bertone, déjà membre des Congrégations pour la Doctrine de la Foi, pour le Culte divin et pour le Clergé, a été nommé aussi membre des Congrégations pour les Églises orientales et pour les Évêques ainsi que de la Congrégation Propaganda Fide. Le 14 octobre, le cardinal salésien a aussi été nommé membre de la Commission cardinalice de vigilance de l’Institut pour les œuvres de religion (IOR) à la place du cardinal slovaque Jozef Tomko, qui a dépassé en 2004 quatre-vingts ans. Dans le bulletin Variazioni all’Annuario pontificio 2006 du 1er octobre a été rendue officielle la nomination, qui remontait à quelques mois, du nouveau prélat du IOR, charge qui était vacante depuis 1993. A été appelé à cette charge Mgr Piero Pioppo, 45 ans, appartenant au clergé d’Acqui, officier de la Secrétairerie d’État et secrétaire particulier du cardinal Angelo Sodano, quand celui-ci était secrétaire d’État.
CURIE/ 3
Girotti, Stankiewicz et Farina nommés évêques
Le 15 novembre, trois ecclésiastiques qui exercent leur activité dans la Curie romaine ont été élevés à la dignité épiscopale. Il s’agit de Gianfranco Girotti, conventuel romain, 70 ans, régent de la Pénitencerie apostolique depuis février 2002; d’Antoni Stankiewicz, polonais, 71 ans, doyen de la Rote Romaine depuis janvier 2004 et de Raffaele Farina, salésien, originaire de Campanie, 73 ans, préfet de la Bibliothèque apostolique vaticane depuis 1997.
ITALIE
De nouveaux évêques à Alghero, Ozieri, Pistoie et nomination du nouvel ordinaire militaire
Le 29 septembre, Giacomo Lanzetti, 64 ans, piémontais de Carmagnola, auxiliaire de Turin depuis 2002, a été nommé évêque d’Alghero-Bosa, en Sardaigne. Le 29 septembre toujours, a été nommé évêque d’Ozieri, en Sardaigne toujours, Mgr Sergio Pintor, 70 ans, sarde d’Oristano, directeur du Bureau CEI pour la pastorale de la santé depuis 1996.
Le 14 octobre, Vincenzo Pelvi, 58 ans, évêque auxiliaire depuis 1999 de Naples, sa ville natale, a été nommé ordinaire militaire pour l’Italie.
Le 4 novembre Mansueto Bianchi, 57 ans, a été nommé évêque de Pistoie. Originaire de la province de Lucques, prêtre depuis 1974, il était depuis 2000 évêque de Volterra.
CULTURE
La tradition de l’Église et les théocon
Le 26 octobre, le Corriere della Sera a publié un éditorial intéressant de Claudio Magris, dans lequel l’écrivain et essayiste de Trieste déclare entre autres: «Le traditionalisme qui s’arrête au passé nie et offense l’Église et sa catholicité, c’est-à-dire son universalité, parce qu’il la considère de fait comme une relique morte. Ceux que l’on appelle les théocon ne peuvent comprendre que peu de chose à cela parce qu’ils n’ont en général aucune expérience du christianisme et du catholicisme, il ne les ont pas fréquentés […]. L’auto-définition d’“athées-dévôts” n’est pas non plus la meilleure prémisse pour s’occuper des choses de la foi». Et il conclut: «Ces révérends (protestants dans ce cas) qui ont vu dans l’attentat du 11 septembre la punition de Dieu pour les fautes des États-Unis et ceux qui ont salué la victoire électorale de Bush comme la volonté de Dieu sont bien plus blasphèmes que les ivrognes qui jurent au bistrot et qui sont peut-être moins loin, même s’ils sont pécheurs, de la tradition».
LIVRES/ I
Quand Jean XXIII voulait la présence des délégués de l’Église patriotique chinoise au Concile
Sur la Repubblica du 21 octobre, Marco Politi a présenté le livre Giovanni XXIII. Una vita nella storia de Marco Roncalli, neveu du bon Pape. Ce livre raconte un épisode inédit sur le Concile Vatican II. En voici le résumé sous la plume de Marco Politi: «Jean XXIII avait l’intention d’inviter les évêques [chinois] liés au Vatican comme ceux de l’Église patriotique choisis par les autorités communistes. Et il se mit ainsi à chercher – avec l’aide de Giorgio La Pira – par quel canal diplomatique il pouvait entrer en contact avec le gouvernement de Pékin. Mais il fallait au préalable gagner au projet la Curie vaticane. Capovilla rappelle que fut convoquée une réunion de la Congrégation des Affaires ecclésiastiques (la branche de la Secrétairerie d’État qui s’occupe des relations extérieures). Une douzaine de cardinaux étaient présents et parmi eux le chef du Saint-Office, Ottaviani. On arriva au vote explicite: fallait-il chercher ou non un contact avec la Chine Populaire? Les opposants ne voulaient pas que ce contact eût l’air d’une reconnaissance du régime de Pékin et, pour finir, il y eut neuf “Non” contre trois “Oui”».
LIVRES/ 2
Le Pontificalis Liber de Patrizi Piccolomini et Burcardo
La Libreria Editrice Vaticana a publié pour la collection “Monumenta Studia Instrumenta liturgica”, la réimpression anastatique du Pontificalis Liber d’Agostino Patrizi Piccolomini et de Giovanni Burcardo. Le livre a été édité par le liturgiste don Manlio Sodi, enseignant à l’Université pontificale salésienne et consulteur du Bureau pour les cérémonies liturgiques du Souverain Pontife. Il reproduit le livre des célébrations liturgiques présidées par l’évêque, livre voulu par le pape Innocent VIII en 1485 et rédigé par deux responsables des cérémonies pontificales de l’époque: Agostino Patrizi Piccolomini, neveu adoptif du pape Pie II, et Giovanni Burcardo.
DIPLOMATIE/ I
Girelli nonce aussi à Timor Est
Le 10 octobre, l’archevêque Léopold Girelli, 53 ans, nonce en Indonésie depuis avril dernier, a été nommé représentant pontifical aussi à Timor Est.
DIPLOMATIE/ 2
Nouveaux ambassadeurs d’Allemagne, d’Albanie, de Belgique et du Japon
Ont présenté leurs lettres de créance:
le 28 septembre, le nouvel ambassadeur d’Allemagne près le saint-Siège, Hans-Henning Horstmann, 61 ans, diplomate de carrière, ces dernières années ambassadeur à Vienne;
le 29 septembre, le nouvel ambassadeur d’Albanie, Rrok Logu, 44 ans, enseignant à l’université de formation des ingénieurs, ancien consultant de l’archidiocèse de Tirana-Durres pour les rapports avec les institutions d’État;
le 26 octobre, le nouvel ambassadeur de Belgique, Frank De Coninck, 61 ans, diplomate de carrière, ces dernières années grand maréchal de la Cour royale;
le 13 novembre, pour finir, le nouveau représentant du Japon, Kagefumi Ueno, 58 ans, diplomate de carrière.
LE STUDIO TEOLOGICO LAURENTIANUM DES FRÈRES MINEURS CAPUCINS – VENISE
Vingt ans après la Journée de prière pour la paix à Assise

Jean Paul II durant la Journée de prière de 1986, à Assise
Le Studio Teologico Laurentianum est une ancienne et prestigieuse institution culturelle des Capucins. Fondé à Venise en 1584, il a eu parmi ses élèves d’illustres figures de l’histoire de l’Église, parmi lesquelles se trouvent de nombreux évêques et saints comme, par exemple, saint Laurent de Brindisi, docteur de l’Église. Depuis 38 ans, le Studio est affilié à la Faculté de Théologie de l’Université pontificale Antonianum de Rome. Il est fréquenté par des capucins italiens, hongrois et angolais, par des séminaristes diocésains et des moines bénédictins.
C’est justement en raison de la vocation franciscaine au dialogue interreligieux et à la recherche de la paix parmi les peuples que le discours inaugural de l’année académique a été consacré à la journée de prière d’Assise de 1986. Ce n’est pas un hasard si ce discours a été confié à Andreotti qui, en qualité de ministre des Affaires étrangères, a fait, côté politique, ce qui était nécessaire pour que le Saint-Siège puisse préparer et organiser la journée de prière à Assise, journée à laquelle ont participé les représentants de toutes les grandes religions mondiales: «Il s’agissait d’inviter cinquante représentants des Églises chrétiennes, en plus des catholiques, et soixante représentants des autres religions mondiales», a rappelé le préfet du Studio, Gianluigi Pasquale ofm. «C’était la première fois dans l’histoire», a-t-il dit, «qu’avait lieu une rencontre comme celle-là et – a-t-il poursuivi – l’appel qui s’est élevé de la ville de saint François a été entendu dans le monde entier: pendant toute une journée les armes se sont tues».
Dans son intervention, Andreotti a rappelé que cette rencontre avait été fortement désirée et voulue par Jean Paul II, en dépit des objections et des observations critiques qui étaient arrivées de plusieurs côtés et même de milieux catholiques. «Face à la récente stratégie de la terreur mise en œuvre par des groupes terroristes», a-t-il dit, «certains jugent aujourd’hui simpliste et inadéquate l’idée qu’eut le pape Jean Paul II d’une journée de prière avec les autres religions, mais les intentions du Pape et de tous ceux qui organisèrent la rencontre étaient au contraire bien définies». «Sur le plan théologique aussi», a-t-il ajouté, «il n’y eut pas de confusion. Il suffit de lire les articles que L’Osservatore Romano consacra à la préparation de l’événement. Je signale parmi ceux-ci celui de don Angelo Scola, aujourd’hui patriarche de Venise, qui soulignait le fait que les représentants des différentes religions allaient à Assise pour prier mais que, cependant, étant de religions différentes, ils ne pourraient jamais prier ensemble». Le patriarche de Venise a voulu présenter à l’Institut ses félicitations: «Je fais mes compliments pour le choix du thème du discours inaugural. Sa dramatique actualité révèle la bonté du choix fait en son temps par Jean Paul II et confirmé avec autorité par Benoît XVI. Je vous prie de présenter en mon nom mon salut amical au président Andreotti et mes vœux de bon travail à toute la communauté universitaire».