30Jours dans le monde
30JOURS DANS LE MONDE
PAPE/ I
«J’invite chacun à
prendre en main
le Rosaire»
«En cette heure de préoccupation internationale, nous ressentons tous le besoin de nous adresser au Seigneur pour implorer le grand don de la paix. Comme je l’ai souligné dans la Lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, “les difficultés que la perspective mondiale fait apparaître en ce début de nouveau millénaire nous conduisent à penser que seule une intervention d’en haut [...] peut faire espérer un avenir moins sombre” (n. 40). De nombreuses initiatives de prière se déroulent ces jours-ci dans diverses parties du monde. Tandis que je les encourage de tout cœur, j’invite chacun à prendre en main le Rosaire pour invoquer l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie: “On ne peut réciter le Rosaire sans se sentir entraîné dans un engagement précis de service de la paix” (ibid., n. 6)». C’est ce qu’a dit Jean Paul II à l’Angélus du 9 février.
PAPE/ 2
Mercredi des Cendres de prière
et de jeûne pour
la cause de la paix,
spécialement
au Moyen-Orient
«C’est pourquoi j’invite tous les catholiques à consacrer avec une intensité particulière la journée du 5 mars prochain, Mercredi des Cendres, à la prière et au jeûne pour la cause de la paix, en particulier au Moyen-Orient. Nous implorerons avant tout de Dieu, la conversion des cœurs et la clairvoyance pour prendre des décisions justes afin de résoudre par des moyens adéquats et pacifiques les différends qui font obstacle au pèlerinage de l’humanité de notre temps. Dans chaque sanctuaire marial s’élèvera vers le Ciel une prière ardente pour la paix à travers la récitation du Saint-Rosaire. Je place une grande confiance dans le fait que dans les paroisses et dans les familles également soit récité le chapelet au service de cette grande cause dont dépend le bien de tous. Cette invocation chorale sera accompagnée par le jeûne, expression de pénitence pour la haine et la violence qui entachent les rapports humains. Les chrétiens partagent l’antique pratique du jeûne avec de nombreux frères et sœurs d’autres religions qui, à travers celle-ci, souhaitent se dépouiller de toute arrogance et se préparer à recevoir de Dieu les dons les plus grands et les plus nécessaires, parmi lesquels, en particulier, celui de la paix». C’est ce qu’a dit Jean Paul II à l’Angélus du 23 février.
IRAK
«Le monde a besoin d’espoir».
Appel du patriarche
de Jérusalem des Latins, du patriarche de Babylone des Chaldéens (Bagdad)
et du cardinal
de Sarajevo
«Nous qui avons vécu ou qui vivons encore la tragédie de la guerre, nous voulons dire au monde entier et, en particulier, aux puissants de la terre: ne prenez pas la voie de la guerre, parce que c’est une voie sans issue». Ce sont les termes d’un appel conjoint de Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem et président international de Pax Christi, du cardinal Vinko Puljic, archevêque de Sarajevo, et du patriarche de Babylone des Chaldéens Raphaël Bidawid, appel rendu public le 24 février. «Nous voulons être la voix de notre peuple qui a subi et subit encore guerre, oppressions et injustices et qui vit sur nos terres tragiquement devenues symbole de souffrance […]. Nous nous adressons en particulier à ceux qui ont la responsabilité et le pouvoir de décider de l’avenir pour qu’ils puissent faire prévaloir le bon sens et le dialogue en rappelant que “la guerre est une aventure sans retour”. Nous disons nous aussi avec le Pape: Non à la guerre! La guerre est toujours un échec de l’humanité […]. Les conséquences qu’une guerre porte inévitablement avec soi ne sont pas moins tragiques: divisions, haines et beaucoup de réfugiés. Les millions de réfugiés de la Bosnie et de toute l’ex-Yougoslavie sont sous les yeux du monde; la situation invivable des Palestiniens… Et, en cas de guerre, quel sera le nombre des réfugiés irakiens qui viendront s’ajouter à ceux qui ont déjà cherché un espoir de vie en quittant cette terre marquée depuis trop d’années par la guerre et l’embargo? […] Ne nous laissez pas seuls, parce que le monde a aujourd’hui besoin de construire cette espérance».
MÈRE TERESA
Le 19 octobre,
la cérémonie
de béatification:
réservations possibles
sur Internet
La cérémonie de béatification de mère Teresa de Calcutta est prévue pour le dimanche 19 octobre, sur la place Saint-Pierre, à Rome. Pour faciliter la participation des fidèles, le site officiel pour la béatification (www.motherteresacause.info) offre la possibilité de réserver online, en envoyant un message ou un fax au numéro indiqué sur ce même site.
CARDINAUX/ I
Visite de Gantin
en Côte d’Ivoire
Le 21 février, l’église de Saint-Jean de Cocody à Abidjan s’est remplie de fidèles accourus pour écouter le cardinal Bernardin Gantin, doyen émérite du Sacré Colège, qui est venu au cœur de la crise ivoirienne témoigner sa solidarité. Le cardinal n’a pas voulu porter de jugement sur les questions politiques locales mais partager les souffrances des Ivoiriens et prier avec eux. La célébration religieuse s’est ouverte par un message dans lequel le Pape exprimait sa compassion pour le peuple de Côte d’Ivoire et appelait les chrétiens et les fidèles des autres religions à œuvrer pour l’unité du pays. Gantin a exhorté les belligérants à ne pas abandonner la voie des négociations en rappelant la phrase du Souverain Pontife: «La guerre n’est pas seulement la dernière des solutions, elle est aussi la pire…».
CARDINAUX/ 2
La démission
du cardinal
dos Santos
est acceptée
Le 22 février a été acceptée la démission du cardinal franciscain Alexandre José Maria dos Santos, soixante-dix-neuf ans, de la charge d’archevêque de Maputo qu’il assumait depuis 1974. C’est le capucin Francisco Chimoio, cinquante-six ans en décembre, évêque de Pemba depuis 2000, qui lui succède à la tête du plus important diocèse du Mozambique.
CURIE/ I
Réunion des chefs
de dicastère sur
la “gestion du personnel”
et hypothèse
de patriarcat
pour l’Église
gréco-catholique
d’Ukraine
Jeudi 6 février, s’est déroulée au Vatican, en présence du Pape, une réunion de tous les chefs de dicastère de la Curie Romaine. La nouvelle a été diffusée par la Salle de Presse du Saint-Siège sans que les sujets à l’ordre du jour aient été spécifiés. On a appris que les cardinaux et les archevêques ont discuté de deux sujets: a) les problèmes regardant la “gestion du personnel” de la Curie (respect des heures de travail, respect du secret pontifical, modalités d’“avancement dans la carrière”…); b) possibilité d’élever au rang de patriarcat catholique l’archevêché majeur de Lvov des Ukrainiens.
CURIE/ 2
Clemens
Sous-secrétaire
à la Congrégation
pour les Religieux
Le 12 février, Mgr Josef Clemens, cinquante-cinq ans, a été nommé sous-secrétaire de la Congrégation pour les Instituts de Vie consacrée et les Sociétés de Vie apostolique. Clemens travaillait depuis dix-neuf ans à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi comme secrétaire particulier du cardinal préfet Joseph Ratzinger. Originaire de l’archidiocèse de Paderborn, Clemens, a été ordonné prêtre à Rome en 1975, dans l’église Saint-Ignace, et, l’année suivante, il a passé sa licence de Théologie à la Grégorienne avec, pour rapporteur, le père Maurizio Flick. Sujet: “La méthode théologique chez Hans Küng. Infaillible? Une question”.
CURIE/ 3
Comastri prêche
les exercices spirituels
Les exercices spirituels pour la Curie Romaine sont prêchés cette année par Angelo Comastri, soixante ans en septembre, toscan, archevêque-prélat de Loreto depuis 1996 et évêque de Massa Marittima de 1990 à 1994.
DIPLOMATIE
Nouveaux nonces
en Bulgarie,
en Belgique et au
Luxembourg
Le 22 février, l’archevêque allemand Karl Josef Rauber, soixante-neuf ans, a été nommé nonce en Belgique et au Luxembourg. Il travaillait en Hongrie et en Moldavie depuis 1997.
Le même jour, l’archevêque Giuseppe Leanza, sicilien, soixante ans, a été nommé nonce en Bulgarie. Il était depuis 1999 représentant pontifical en Bosnie-Herzégovine et, depuis 2002, il l’était aussi en Macédoine et Slovénie.
Le 8 février, après l’arrivée de l’accord de New Dehli, a été officialisée la nomination de l’archevêque espagnol Pedro Lopez Quintana à la charge de nonce en Inde et au Népal. L’ancien assesseur à la première section de la Secrétairerie d’État avait déjà été nommé nonce apostolique, sans spécification du pays auquel il était destiné, le 12 décembre dernier.
ITALIE
Fragnelli nommé
évêque
de Castellaneta
Le 14 février, Pietro Maria Fragnelli a été nommé évêque de Castellaneta dans les Pouilles. Fragnelli, cinquante et un ans, originaire de la province de Tarente, était depuis 1996 recteur du Grand Séminaire romain. Il a été remplacé dans cette dernière charge par Mgr Giovanni Tani, originaire de Romagne, cinquante-six ans, anciennement recteur spirituel du même Séminaire de 1985 à 1999, date à laquelle il est devenu curé à Rome.
GORBATCHEV
Perestroïka
pour l’Amérique aussi
Mikhaïl Gorbatchev est l’auteur d’un long et intéressant éditorial sur La Stampa du 15 février dernier, qui a pour titre Perestroïka pour l’Amérique aussi. Nous rapportons les passages les plus significatifs de ce texte: «La question irakienne a désormais atteint un seuil plus que dangereux. L’irréparable peut arriver. Bien que je cherche à éviter toute emphase, je suis totalement convaincu de ce que j’écris […]. L’administration des États-Unis, au contraire, a tout misé sur une solution militaire du problème et elle n’entend examiner aucun argument [en faveur d’une autre solution]. En même temps, ce qu’elle considère comme des arguments ne convainc personne […]. Une telle attitude de la part de l’administration actuelle américaine, si inexplicable en termes politiques et même rationnels, oblige tout le monde à se poser une question: mais tout cela a-t-il vraiment quelque chose à voir avec l’Irak? Ou bien l’Irak n’est-il qu’une victime occasionnelle, une espèce de prétexte? Ou bien veut-on passer consciemment le seuil au-delà duquel la situation mondiale sera entièrement déstabilisée, dans l’idée de mettre sur pied un ordre mondial nouveau, guidé non plus par le droit mais par la force? […] Il est indispensable de rappeler à l’actuel président des États-Unis la conclusion à laquelle est arrivé un autre président des États-Unis, il y désormais longtemps, en 1963. John Kennedy a dit alors: si quelqu’un pense que l’avenir de la planète s’appellera pax americana, il vaut mieux qu’il revoie cette idée, parce c’est une erreur. Ou le monde sera le monde de tous les hommes, ou il ne survivra pas […]. Je n’entends pas peindre un tableau apocalyptique, mais une si profonde fracture dans le monde, qui peut mener à la perte de tous les instituts existants de la coopération internationale, ne peut pas ne pas nous inquiéter, Américains compris. Mais il ne peut y avoir de changement de direction si ne s’instaure pas aux États-Unis une réflexion sur le modèle de développement social et économique que les Américains ont choisi et si n’est pas accompli un grand effort pour regarder l’avenir avec plus de réalisme. En d’autres termes, une profonde perestroïka est nécessaire pour les États-Unis d’Amérique».
SCALFARI
Le Christ a mis
hors-jeu le Dieu
des Armées
«Je suis personnellement un admirateur de Machiavel. Et aussi de Guicciardini. Et j’ai une grande dévotion pour la pensée kantienne (et non pour l’hégélienne). Kant descend tout droit de la pensée des Lumières, il fut même un grand penseur des Lumières. Hegel absolument pas. Kant laïcisa le divin, Hegel le remit sur le trône. […] Machiavel s’était posé un problème et une question: quels sont les moyens pour rendre efficient le Pouvoir et pour le conquérir, et il avait répondu: adapter les moyens à la fin, calculer – dirions-nous aujourd’hui – les coûts et les bénéfices. Le même Machiavel se posa, dans d’autres parties de sa pensée, d’autres questions, parmi lesquelles aussi des questions sur l’éthique, c’est-à-dire sur le bien commun, c’est-à-dire sur les fins du Pouvoir et pas seulement sur le Pouvoir comme fin. Et, en effet, il plaisait aussi bien à De Sanctis qu’à Croce. Parce qu’il distinguait. Il affrontait distinctement des problèmes distincts. […] Je me permets de prendre un exemple terre à terre parce que je crains toujours de ne pas être bien compris: Aznar a aujourd’hui de bonnes raisons de craindre qu’aux prochaines élections, les socialistes (pacifistes sans “si” ni “mais”) de Zapatero ne reconquièrent le gouvernement du pays. Blair aussi a chez lui quelques ennuis. Berlusconi, le premier, en extraordinaire vendeur de tapis qu’il est, a déjà repéré ces dangers: il est en effet très inquiet et il navigue à vue en espérant au moins dans l’“imprimatur” de l’ONU. Je ne veux pas par là identifier le pacifisme avec l’éthique, mais une chose est certaine: l’éthique n’a absolument rien à voir avec la guerre. Le Dieu des Armées, cher Ernesto Della Loggia, n’a rien à voir avec le monde moderne, le Christ l’a mis hors-jeu dès le départ. J’ai du mal à comprendre comment cette chose-là peut encore te venir à l’esprit. […]
Mgr Tauran, secrétaire d’État du Vatican pour les Affaires étrangères, a dit l’autre jour que cette guerre serait un crime. Il peut se permettre de le dire parce qu’il a le Vicaire du Christ chez lui. Moi je me limite à dire que c’est une imbécillité et qu’il faut l’éviter. Et si vous le permettez sans “si” et sans “mais”». Partie finale de l’article d’Eugenio Scalfari publié sur la Repubblica du 27 février sous le titre L’Europe pacifiste entre Kant et Machiavel.
LIVRES
Una scomessa per
l’America Latina
de Guzmán Carriquiry
Vient de sortir dans les librairies italiennes Una scomessa [un défi] per l’America Latina. Memoria e destino storico di un continente (éd. Le Lettere, Florence 2002, 274 pp.]. L’auteur est Guzmán M. Carriquiry Lecour, uruguayen, sous-secrétaire du Conseil pontifical pour les Laïcs. Le livre se propose de donner en cinq chapitres certaines clefs de lecture du continent latino-américain à la lumière du phénomène de la globalisation et de la situation géopolitique mondiale, après le 11 septembre. Une attention particulière est apportée à la “dialectique bipolaire” entre Amérique du Nord et du Sud; aux rapports entre l’Amérique latine et les autres continents, à commencer par l’Europe; aux aspects culturels de la “rencontre-affrontement” entre le monde latin et le monde anglo-saxon. Et il y a encore, pour finir, une analyse approfondie de la situation actuelle de l’Église latino-américaine, avec ses lumières et ses ombres. Le livre sera présenté le 21 mars par Roberto Formigoni, “gouverneur” de la Lombardie, Enrique Iglesias, président de la Banque interaméricaine de développement, Luis Meyer, ministre paraguayen pour la Programmation, Nicolás Cotugno Fanizzi, archevêque salésien de Montevideo. Puis le 27 mars, il y aura une autre présentation à Rome, à laquelle participeront les cardinaux James Francis Stafford et Oscar Andrés Rodríguez Maradiaga, Francesco Cossiga et Andrea Riccardi. q
«J’invite chacun à
prendre en main
le Rosaire»
«En cette heure de préoccupation internationale, nous ressentons tous le besoin de nous adresser au Seigneur pour implorer le grand don de la paix. Comme je l’ai souligné dans la Lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, “les difficultés que la perspective mondiale fait apparaître en ce début de nouveau millénaire nous conduisent à penser que seule une intervention d’en haut [...] peut faire espérer un avenir moins sombre” (n. 40). De nombreuses initiatives de prière se déroulent ces jours-ci dans diverses parties du monde. Tandis que je les encourage de tout cœur, j’invite chacun à prendre en main le Rosaire pour invoquer l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie: “On ne peut réciter le Rosaire sans se sentir entraîné dans un engagement précis de service de la paix” (ibid., n. 6)». C’est ce qu’a dit Jean Paul II à l’Angélus du 9 février.
PAPE/ 2
Mercredi des Cendres de prière
et de jeûne pour
la cause de la paix,
spécialement
au Moyen-Orient
«C’est pourquoi j’invite tous les catholiques à consacrer avec une intensité particulière la journée du 5 mars prochain, Mercredi des Cendres, à la prière et au jeûne pour la cause de la paix, en particulier au Moyen-Orient. Nous implorerons avant tout de Dieu, la conversion des cœurs et la clairvoyance pour prendre des décisions justes afin de résoudre par des moyens adéquats et pacifiques les différends qui font obstacle au pèlerinage de l’humanité de notre temps. Dans chaque sanctuaire marial s’élèvera vers le Ciel une prière ardente pour la paix à travers la récitation du Saint-Rosaire. Je place une grande confiance dans le fait que dans les paroisses et dans les familles également soit récité le chapelet au service de cette grande cause dont dépend le bien de tous. Cette invocation chorale sera accompagnée par le jeûne, expression de pénitence pour la haine et la violence qui entachent les rapports humains. Les chrétiens partagent l’antique pratique du jeûne avec de nombreux frères et sœurs d’autres religions qui, à travers celle-ci, souhaitent se dépouiller de toute arrogance et se préparer à recevoir de Dieu les dons les plus grands et les plus nécessaires, parmi lesquels, en particulier, celui de la paix». C’est ce qu’a dit Jean Paul II à l’Angélus du 23 février.
IRAK
«Le monde a besoin d’espoir».
Appel du patriarche
de Jérusalem des Latins, du patriarche de Babylone des Chaldéens (Bagdad)
et du cardinal
de Sarajevo
«Nous qui avons vécu ou qui vivons encore la tragédie de la guerre, nous voulons dire au monde entier et, en particulier, aux puissants de la terre: ne prenez pas la voie de la guerre, parce que c’est une voie sans issue». Ce sont les termes d’un appel conjoint de Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem et président international de Pax Christi, du cardinal Vinko Puljic, archevêque de Sarajevo, et du patriarche de Babylone des Chaldéens Raphaël Bidawid, appel rendu public le 24 février. «Nous voulons être la voix de notre peuple qui a subi et subit encore guerre, oppressions et injustices et qui vit sur nos terres tragiquement devenues symbole de souffrance […]. Nous nous adressons en particulier à ceux qui ont la responsabilité et le pouvoir de décider de l’avenir pour qu’ils puissent faire prévaloir le bon sens et le dialogue en rappelant que “la guerre est une aventure sans retour”. Nous disons nous aussi avec le Pape: Non à la guerre! La guerre est toujours un échec de l’humanité […]. Les conséquences qu’une guerre porte inévitablement avec soi ne sont pas moins tragiques: divisions, haines et beaucoup de réfugiés. Les millions de réfugiés de la Bosnie et de toute l’ex-Yougoslavie sont sous les yeux du monde; la situation invivable des Palestiniens… Et, en cas de guerre, quel sera le nombre des réfugiés irakiens qui viendront s’ajouter à ceux qui ont déjà cherché un espoir de vie en quittant cette terre marquée depuis trop d’années par la guerre et l’embargo? […] Ne nous laissez pas seuls, parce que le monde a aujourd’hui besoin de construire cette espérance».
MÈRE TERESA
Le 19 octobre,
la cérémonie
de béatification:
réservations possibles
sur Internet
La cérémonie de béatification de mère Teresa de Calcutta est prévue pour le dimanche 19 octobre, sur la place Saint-Pierre, à Rome. Pour faciliter la participation des fidèles, le site officiel pour la béatification (www.motherteresacause.info) offre la possibilité de réserver online, en envoyant un message ou un fax au numéro indiqué sur ce même site.
CARDINAUX/ I
Visite de Gantin
en Côte d’Ivoire
Le 21 février, l’église de Saint-Jean de Cocody à Abidjan s’est remplie de fidèles accourus pour écouter le cardinal Bernardin Gantin, doyen émérite du Sacré Colège, qui est venu au cœur de la crise ivoirienne témoigner sa solidarité. Le cardinal n’a pas voulu porter de jugement sur les questions politiques locales mais partager les souffrances des Ivoiriens et prier avec eux. La célébration religieuse s’est ouverte par un message dans lequel le Pape exprimait sa compassion pour le peuple de Côte d’Ivoire et appelait les chrétiens et les fidèles des autres religions à œuvrer pour l’unité du pays. Gantin a exhorté les belligérants à ne pas abandonner la voie des négociations en rappelant la phrase du Souverain Pontife: «La guerre n’est pas seulement la dernière des solutions, elle est aussi la pire…».
CARDINAUX/ 2
La démission
du cardinal
dos Santos
est acceptée
Le 22 février a été acceptée la démission du cardinal franciscain Alexandre José Maria dos Santos, soixante-dix-neuf ans, de la charge d’archevêque de Maputo qu’il assumait depuis 1974. C’est le capucin Francisco Chimoio, cinquante-six ans en décembre, évêque de Pemba depuis 2000, qui lui succède à la tête du plus important diocèse du Mozambique.
CURIE/ I
Réunion des chefs
de dicastère sur
la “gestion du personnel”
et hypothèse
de patriarcat
pour l’Église
gréco-catholique
d’Ukraine
Jeudi 6 février, s’est déroulée au Vatican, en présence du Pape, une réunion de tous les chefs de dicastère de la Curie Romaine. La nouvelle a été diffusée par la Salle de Presse du Saint-Siège sans que les sujets à l’ordre du jour aient été spécifiés. On a appris que les cardinaux et les archevêques ont discuté de deux sujets: a) les problèmes regardant la “gestion du personnel” de la Curie (respect des heures de travail, respect du secret pontifical, modalités d’“avancement dans la carrière”…); b) possibilité d’élever au rang de patriarcat catholique l’archevêché majeur de Lvov des Ukrainiens.
CURIE/ 2
Clemens
Sous-secrétaire
à la Congrégation
pour les Religieux
Le 12 février, Mgr Josef Clemens, cinquante-cinq ans, a été nommé sous-secrétaire de la Congrégation pour les Instituts de Vie consacrée et les Sociétés de Vie apostolique. Clemens travaillait depuis dix-neuf ans à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi comme secrétaire particulier du cardinal préfet Joseph Ratzinger. Originaire de l’archidiocèse de Paderborn, Clemens, a été ordonné prêtre à Rome en 1975, dans l’église Saint-Ignace, et, l’année suivante, il a passé sa licence de Théologie à la Grégorienne avec, pour rapporteur, le père Maurizio Flick. Sujet: “La méthode théologique chez Hans Küng. Infaillible? Une question”.
CURIE/ 3
Comastri prêche
les exercices spirituels
Les exercices spirituels pour la Curie Romaine sont prêchés cette année par Angelo Comastri, soixante ans en septembre, toscan, archevêque-prélat de Loreto depuis 1996 et évêque de Massa Marittima de 1990 à 1994.
DIPLOMATIE
Nouveaux nonces
en Bulgarie,
en Belgique et au
Luxembourg
Le 22 février, l’archevêque allemand Karl Josef Rauber, soixante-neuf ans, a été nommé nonce en Belgique et au Luxembourg. Il travaillait en Hongrie et en Moldavie depuis 1997.
Le même jour, l’archevêque Giuseppe Leanza, sicilien, soixante ans, a été nommé nonce en Bulgarie. Il était depuis 1999 représentant pontifical en Bosnie-Herzégovine et, depuis 2002, il l’était aussi en Macédoine et Slovénie.
Le 8 février, après l’arrivée de l’accord de New Dehli, a été officialisée la nomination de l’archevêque espagnol Pedro Lopez Quintana à la charge de nonce en Inde et au Népal. L’ancien assesseur à la première section de la Secrétairerie d’État avait déjà été nommé nonce apostolique, sans spécification du pays auquel il était destiné, le 12 décembre dernier.
ITALIE
Fragnelli nommé
évêque
de Castellaneta
Le 14 février, Pietro Maria Fragnelli a été nommé évêque de Castellaneta dans les Pouilles. Fragnelli, cinquante et un ans, originaire de la province de Tarente, était depuis 1996 recteur du Grand Séminaire romain. Il a été remplacé dans cette dernière charge par Mgr Giovanni Tani, originaire de Romagne, cinquante-six ans, anciennement recteur spirituel du même Séminaire de 1985 à 1999, date à laquelle il est devenu curé à Rome.
GORBATCHEV
Perestroïka
pour l’Amérique aussi
Mikhaïl Gorbatchev est l’auteur d’un long et intéressant éditorial sur La Stampa du 15 février dernier, qui a pour titre Perestroïka pour l’Amérique aussi. Nous rapportons les passages les plus significatifs de ce texte: «La question irakienne a désormais atteint un seuil plus que dangereux. L’irréparable peut arriver. Bien que je cherche à éviter toute emphase, je suis totalement convaincu de ce que j’écris […]. L’administration des États-Unis, au contraire, a tout misé sur une solution militaire du problème et elle n’entend examiner aucun argument [en faveur d’une autre solution]. En même temps, ce qu’elle considère comme des arguments ne convainc personne […]. Une telle attitude de la part de l’administration actuelle américaine, si inexplicable en termes politiques et même rationnels, oblige tout le monde à se poser une question: mais tout cela a-t-il vraiment quelque chose à voir avec l’Irak? Ou bien l’Irak n’est-il qu’une victime occasionnelle, une espèce de prétexte? Ou bien veut-on passer consciemment le seuil au-delà duquel la situation mondiale sera entièrement déstabilisée, dans l’idée de mettre sur pied un ordre mondial nouveau, guidé non plus par le droit mais par la force? […] Il est indispensable de rappeler à l’actuel président des États-Unis la conclusion à laquelle est arrivé un autre président des États-Unis, il y désormais longtemps, en 1963. John Kennedy a dit alors: si quelqu’un pense que l’avenir de la planète s’appellera pax americana, il vaut mieux qu’il revoie cette idée, parce c’est une erreur. Ou le monde sera le monde de tous les hommes, ou il ne survivra pas […]. Je n’entends pas peindre un tableau apocalyptique, mais une si profonde fracture dans le monde, qui peut mener à la perte de tous les instituts existants de la coopération internationale, ne peut pas ne pas nous inquiéter, Américains compris. Mais il ne peut y avoir de changement de direction si ne s’instaure pas aux États-Unis une réflexion sur le modèle de développement social et économique que les Américains ont choisi et si n’est pas accompli un grand effort pour regarder l’avenir avec plus de réalisme. En d’autres termes, une profonde perestroïka est nécessaire pour les États-Unis d’Amérique».
SCALFARI
Le Christ a mis
hors-jeu le Dieu
des Armées
«Je suis personnellement un admirateur de Machiavel. Et aussi de Guicciardini. Et j’ai une grande dévotion pour la pensée kantienne (et non pour l’hégélienne). Kant descend tout droit de la pensée des Lumières, il fut même un grand penseur des Lumières. Hegel absolument pas. Kant laïcisa le divin, Hegel le remit sur le trône. […] Machiavel s’était posé un problème et une question: quels sont les moyens pour rendre efficient le Pouvoir et pour le conquérir, et il avait répondu: adapter les moyens à la fin, calculer – dirions-nous aujourd’hui – les coûts et les bénéfices. Le même Machiavel se posa, dans d’autres parties de sa pensée, d’autres questions, parmi lesquelles aussi des questions sur l’éthique, c’est-à-dire sur le bien commun, c’est-à-dire sur les fins du Pouvoir et pas seulement sur le Pouvoir comme fin. Et, en effet, il plaisait aussi bien à De Sanctis qu’à Croce. Parce qu’il distinguait. Il affrontait distinctement des problèmes distincts. […] Je me permets de prendre un exemple terre à terre parce que je crains toujours de ne pas être bien compris: Aznar a aujourd’hui de bonnes raisons de craindre qu’aux prochaines élections, les socialistes (pacifistes sans “si” ni “mais”) de Zapatero ne reconquièrent le gouvernement du pays. Blair aussi a chez lui quelques ennuis. Berlusconi, le premier, en extraordinaire vendeur de tapis qu’il est, a déjà repéré ces dangers: il est en effet très inquiet et il navigue à vue en espérant au moins dans l’“imprimatur” de l’ONU. Je ne veux pas par là identifier le pacifisme avec l’éthique, mais une chose est certaine: l’éthique n’a absolument rien à voir avec la guerre. Le Dieu des Armées, cher Ernesto Della Loggia, n’a rien à voir avec le monde moderne, le Christ l’a mis hors-jeu dès le départ. J’ai du mal à comprendre comment cette chose-là peut encore te venir à l’esprit. […]
Mgr Tauran, secrétaire d’État du Vatican pour les Affaires étrangères, a dit l’autre jour que cette guerre serait un crime. Il peut se permettre de le dire parce qu’il a le Vicaire du Christ chez lui. Moi je me limite à dire que c’est une imbécillité et qu’il faut l’éviter. Et si vous le permettez sans “si” et sans “mais”». Partie finale de l’article d’Eugenio Scalfari publié sur la Repubblica du 27 février sous le titre L’Europe pacifiste entre Kant et Machiavel.
LIVRES
Una scomessa per
l’America Latina
de Guzmán Carriquiry
Vient de sortir dans les librairies italiennes Una scomessa [un défi] per l’America Latina. Memoria e destino storico di un continente (éd. Le Lettere, Florence 2002, 274 pp.]. L’auteur est Guzmán M. Carriquiry Lecour, uruguayen, sous-secrétaire du Conseil pontifical pour les Laïcs. Le livre se propose de donner en cinq chapitres certaines clefs de lecture du continent latino-américain à la lumière du phénomène de la globalisation et de la situation géopolitique mondiale, après le 11 septembre. Une attention particulière est apportée à la “dialectique bipolaire” entre Amérique du Nord et du Sud; aux rapports entre l’Amérique latine et les autres continents, à commencer par l’Europe; aux aspects culturels de la “rencontre-affrontement” entre le monde latin et le monde anglo-saxon. Et il y a encore, pour finir, une analyse approfondie de la situation actuelle de l’Église latino-américaine, avec ses lumières et ses ombres. Le livre sera présenté le 21 mars par Roberto Formigoni, “gouverneur” de la Lombardie, Enrique Iglesias, président de la Banque interaméricaine de développement, Luis Meyer, ministre paraguayen pour la Programmation, Nicolás Cotugno Fanizzi, archevêque salésien de Montevideo. Puis le 27 mars, il y aura une autre présentation à Rome, à laquelle participeront les cardinaux James Francis Stafford et Oscar Andrés Rodríguez Maradiaga, Francesco Cossiga et Andrea Riccardi. q
TULLIA ZEVI
«Je jeûne moi aussi, guidée par le Pape et par une reine»
«Cher directeur, je m’identifie au pape Jean Paul II dans son refus de toute guerre, et d’autant plus si celle-ci se présente comme une prévention contre des maux pires (les quels?), une anticipation de temps meilleurs (quand?) et si elle entraîne la détérioration des processus de négociation.
Je jeûnerai donc, le 5 mars. Ce dont je m’inspire, ce n’est pas seulement de l’exemple et de l’exhortation d’aujourd’hui du chef spirituel de la catholicité, mais aussi de la mémoire enracinée dans notre inconscient collectif: l’exemple d’Esther, reine de Babylone, exemple de courage au féminin. Face à l’annonce de l’extermination imminente de son peuple, esclave dans Babylone, elle transcende son image d’épouse docile du souverain, ordonne aux juifs d’observer une semaine de jeûne; elle intervient alors énergiquement et supplie le roi, lequel annule le décret d’extermination et envoie à la mort le perfide conseiller Haman, auteur du projet.
ý’ai été guidée pour prendre cette décision non seulement par le Pape actuel et par une reine juive ayant vécu il y a bien des siècles, mais aussi par l’espoir que, mon exemple, dans sa petitesse, pourra propager un peu la contagion non seulement parmi les croyants de chaque foi dans un Être invisible dont l’essence réconforte et inspire ceux qui croient en lui, mais aussi parmi ceux qui – laïques ou agnostiques – œuvrent pour une société laïque, pluraliste, respectueuse et garantissant toutes les formes de diversité. Bref, ceux qui croient dans le devoir de “faire du bien et non du mal pendant tout les jours de sa vie” (Pr 31,12).
C’est ce qu’a déclaré Tullia Zevi, ancienne présidente de l’Union des Communautés juives italiennes, dans une lettre ouverte publiée sur la Repubblica du 27 février.
Je jeûnerai donc, le 5 mars. Ce dont je m’inspire, ce n’est pas seulement de l’exemple et de l’exhortation d’aujourd’hui du chef spirituel de la catholicité, mais aussi de la mémoire enracinée dans notre inconscient collectif: l’exemple d’Esther, reine de Babylone, exemple de courage au féminin. Face à l’annonce de l’extermination imminente de son peuple, esclave dans Babylone, elle transcende son image d’épouse docile du souverain, ordonne aux juifs d’observer une semaine de jeûne; elle intervient alors énergiquement et supplie le roi, lequel annule le décret d’extermination et envoie à la mort le perfide conseiller Haman, auteur du projet.
ý’ai été guidée pour prendre cette décision non seulement par le Pape actuel et par une reine juive ayant vécu il y a bien des siècles, mais aussi par l’espoir que, mon exemple, dans sa petitesse, pourra propager un peu la contagion non seulement parmi les croyants de chaque foi dans un Être invisible dont l’essence réconforte et inspire ceux qui croient en lui, mais aussi parmi ceux qui – laïques ou agnostiques – œuvrent pour une société laïque, pluraliste, respectueuse et garantissant toutes les formes de diversité. Bref, ceux qui croient dans le devoir de “faire du bien et non du mal pendant tout les jours de sa vie” (Pr 31,12).
C’est ce qu’a déclaré Tullia Zevi, ancienne présidente de l’Union des Communautés juives italiennes, dans une lettre ouverte publiée sur la Repubblica du 27 février.
DOGMES MARIAUX
Amato: «Je préfère m’en tenir aux titres traditionnels et conciliaires»
«Ces derniers temps, dans le domaine catholique, le débat sur le titre de Marie “Corédemptrice”et un possible cinquième dogme marial, celui de sa médiation et de sa corédemption, a repris de la force. J’ai déjà exprimé à plusieurs reprises mon opinion sur ce point. Le titre de “Corédemptrice” n’est un titre ni biblique, ni patristique, ni théologique. Le Concile Vatican II l’a délibérément évité. Marie est “ de la façon la plus parfaite” celle qui a été “rachetée”; elle est le premier fruit de la rédemption de son Fils, unique rédempteur de l’humanité. Je préfère donc m’en tenir aux titres traditionnels et conciliaires de Marie médiatrice, avocate, auxiliatrice, associée du Rédempteur (cf. Lumen gentium 62 )». C’est ce qu’a dit l’archevêque salésien Angelo Amato, secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi depuis janvier, dans sa première interview publiée sur le dernier fascicule de la revue Ricerche teologiche (n. 2/2002, éd. Dehoniane) et signée par le directeur de la revue semestrielle, don Enrico Dal Covolo, vice-directeur de l’Université pontificale salésienne. Amato trace aussi un beau portrait du père jésuite Zoltan Alszeghy, exceptionnel professeur de la Grégorienne sous la direction duquel le secrétaire de l’ex-saint-Office a obtenu son doctorat, dont la recherche portait sur le sacrement de la Pénitence dans le Concile de Trente, «Malheureusement», dit Amato, «il me semble qu’il est aujourd’hui totalement oublié. Et pourtant, il a été avec le père Maurizio Flick, l’un des plus grands protagonistes de la théologie post-conciliaire. Il a beaucoup apporté à la méthodologie théologique comme à des questions spécifiques et hautement problématiques, comme le péché originel, la théologie de la croix, l’inculturation, le salut dans les autres religions. En lui se mêlaient harmonieusement l’eruditio et la pietas».