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Tiré du n°11 - 2007



La basilique dédiée à saint Chromace, à Aquilée (Udine).

La basilique dédiée à saint Chromace, à Aquilée (Udine).

PAPE
Saint Chromace, la victoire du Seigneur et l’Avent

Nous rapportons la conclusion de la catéchèse du pape Benoît XVI, le mercredi 5 décembre, dédiée à saint Chromace, évêque d’Aquilée: «Citons enfin, en conclusion de ces réflexions, une exhortation de Chromace, encore aujourd’hui parfaitement valable: “Prions le Seigneur de tout notre cœur et de toute notre foi – recommande l’Évêque d’Aquilée dans un de ses Sermons – prions-le de nous libérer de toute incursion des ennemis, de toute crainte des adversaires. Qu’il ne regarde pas nos mérites, mais sa miséricorde, lui qui par le passé également daigna libérer les fils d’Israël non en raison de leurs mérites, mais de sa miséricorde. Qu’il nous protège avec son amour miséricordieux constant, et qu’il accomplisse pour nous ce que le saint Moïse dit aux fils d’Israël: ‘Le Seigneur combattra en votre défense, et vous resterez en silence’. C’est lui qui combat, c’est lui qui remporte la victoire... Et afin qu’il daigne le faire, nous devons prier le plus possible. En effet, il dit lui-même par la bouche du prophète: ‘Invoque-moi au jour de l’épreuve; je te libérerai, et tu me rendras gloire’” (Sermo XVI, 4: Écrivains du cercle de saint Ambroise 3/1, pp. 100-102). Ainsi, précisément au début du temps de l’Avent, saint Chromace nous rappelle que l’Avent est un temps de prière, où il faut entrer en contact avec Dieu. Dieu nous connaît, il me connaît, il connaît chacun de nous, il m’aime, il ne m’abandonne pas. Allons de l’avant avec cette confiance dans le temps liturgique qui vient de commencer».


ÉGLISE/1
Reale: le christianisme est la rencontre avec une Personne

«La philosophie est la recherche de la vérité. Dans l’Évangile de Jean, Jésus dit: “Je suis la voie, la vérité et la vie”. La voie: le fait d’être chrétien ne s’épuise pas non plus dans l’instant, c’est une recherche continue, parce qu’il signifie la rencontre avec une Personne. L’erreur la plus grande est de faire du christianisme une doctrine éthique systématique». C’est ce qu’a dit le philosophe Giovanni Reale en commentant l’encyclique de Benoît XVI Spe salvi lors d’une interview publiée sur le Corriere della Sera, le 1er décembre.


ÉGLISE/2
Brague: dans l’encyclique deux ou trois joyaux extraordinaires

«Il a lu lui aussi l’encyclique Spe salvi, et il dit y avoir trouvé “deux ou trois joyaux extraordinaires”». «Lui», c’est M. Rémi Brague, spécialiste et professeur de Philosophie médiévale à la Sorbonne, à Paris, interviewé le 14 décembre dernier par le quotidien Il Foglio; les «joyaux» qu’il a découverts dans l’encyclique de Benoît XVI sont «la lettre de saint Augustin à Probe et la citation de Bernard de Clairvaux, “Dieu est impassible mais il connaît la compassion”. Mais l’aspect qui l’a le plus frappé», lit-on encore dans l’article, «c’est l’idée que la technique pourrait être une source de salut et pas seulement d’amélioration de la condition humaine. Et il a surtout été frappé par l’actualité brûlante de l’espérance qui, avant la rencontre avec le Christ n’existait pas, comme l’explique saint Paul dans l’Épître aux Ephésiens».
Il est aussi intéressant de noter dans la suite de l’interview l’allusion de Brague aux “valeurs”: «Parler de valeurs est déjà un symptôme de crise. La façon dont ce sujet a envahi le discours catholique depuis une dizaine d’années me déconcerte. Cela signifie que c’est nous qui établissons les valeurs, c’est nous qui considérons quelque chose comme une valeur. Or il s’agit d’un bien qui, au contraire est un bien pour tous. On ne peut parler de valeurs chrétiennes comme si elles ne valaient pas pour les non-chrétiens. Il vaut mieux plutôt parler de bien».


ÉGLISE/3
Gian Enrico Rusconi: le péché originel oublié

Voici un passage d’un article de Gian Enrico Rusconi paru sur la Repubblica du 7 décembre: «L’approche éthico-religieuse aujourd’hui dominante [chez les ecclésiastiques] voile (ou simplement maintient non dites) les références aux grands dogmes théologiques de la faute originelle, de la rédemption, du salut, qui, historiquement, n’ont fait qu’un avec la doctrine morale de l’Église. Aujourd’hui, ces thèmes théologiques sont devenus presque incommunicables à un public religieusement dé-culturalisé. La doctrine millénaire de la “nature déchue avec le péché”, qui a soutenu théologiquement les indications morales traditionnelles, est tacitement déclarée obsolète sans explications convaincantes».


SACRÉ COLLÈGE
La mort du cardinal Stickler

Le 12 décembre s’est éteint à Rome le cardinal Alfons Maria Stickler, archiviste et bibliothécaire émérite de la Sainte Église Romaine. Stickler, salésien, était avec ses 97 ans le plus âgé des membres du Sacré Collège. Après sa mort, les cardinaux sont au nombre de 200, dont 120 électeurs. Le plus âgé est désormais le bénédictin allemand Paul Augustin Mayer, 96 ans.


MOYEN-ORIENT/1
Olmert: ou deux États ou l’apartheid

«Si la solution “deux peuples pour deux États” échoue, viendra le jour où nous nous trouverons dans une guerre pour l’égalité des droits de style sud-africain et, alors, Israël disparaîtra». C’est ce qu’a déclaré Ehoud Olmert dans une interview au quotidien Haaretz, après le sommet d’Annapolis, auquel ont participé Israël, la Palestine, la Syrie et l’Arabie Saoudite et qui avait pour objet la recherche d’une solution aux problèmes du Moyen-Orient. L’interview a été rapportée en Italie par La Stampa, le 30 novembre.


MOYEN-ORIENT/2
Elie Wiesel, la paix avec l’Allemagne et la Palestine

«Aux Palestiniens je dis: Israël tient ses promesses; la paix avec l’Égypte qui a garanti les frontières communes le prouve. Aux Israéliens: si vous avez fait la paix avec l’Allemagne, vous pouvez aussi la faire avec vos cousins palestiniens». Propos d’Elie Wiesel, prix Nobel et survivant d’Auschwitz, publiés sur Corriere della Sera, le 28 novembre.


RUSSIE
Evtouchenko, la Russie et les bases américaines

«Les bases militaires américaines poussent comme des champignons dans les ex-pays satellites de l’URSS et même dans ceux qui naguère faisaient partie de l’Union Soviétique. Notre territoire est envahi par les armes américaines et on parle d’en déployer toujours plus. Pour finir, la Russie, au jour d’aujourd’hui, n’a de bases militaires dans aucun pays du monde mais doit compter avec celles des autres installées ici et là. Il y a plus: les pays occidentaux continuent à faire la leçon à Moscou, chaque rencontre au sommet est l’occasion de souligner que la Russie n’est pas assez démocratique. Mais ensuite, de quelle chaire vient le prêche? Dites-moi le nom d’un pays qui soit un véritable exemple de démocratie, un modèle dont, comme citoyen du monde, je puisse être fier. Que chacun, pour commencer, reconnaisse ses fautes. Je m’accorde dans ces conditions une licence poétique: si Andreï Sakharov était aujourd’hui le président de la Russie, il ne pourrait pas lui-même ignorer un tel contexte». Tels sont les propos tenus par le grand poète Evgueni Evtouchenko dans une interview publiés sur la Repubblica du 3 décembre, au sujet des récentes élections en Russie.


ÉTATS-UNIS
Pour le gourou des néoconservateurs, l’attaque contre l’Iran est une option dépassée

«Quel que soit le jugement que l’on porte sur les conclusions du National Intelligence Estimate (NIE), selon lequel l’Iran aurait interrompu son programme d’armes nucléaires en 2003 – et les différents points du rapport sont tous à éclaircir – leurs conséquences pratiques sont indiscutables. L’administration Bush ne pourra entreprendre aucune action militaire contre l’Iran dans les derniers mois de son mandat ni menacer de le faire sans perdre sa crédibilité, à moins qu’il ne s’agisse d’une réponse à une provocation exceptionnelle de l’Iran. L’attaque militaire contre de présumées implantations nucléaires iraniennes a toujours été une voie très risquée. Pour l’administration Bush, cette option est désormais dépassée». C’est ainsi que commence un article de Robert Kagan, représentant de marque des néoconservateurs américains, paru sur Corriere della Sera du 8 décembre et intitulé: Traiter avec Téhéran? Mieux vaut le faire tout de suite.


CURIE
Nomination du secrétaire et secrétaire adjoint du Conseil pontifical des Communications sociales

Le 30 novembre a été nommé secrétaire du Conseil pontifical des Communications sociales Mgr Paul Tighe, appartenant au clergé de l’archidiocèse de Dublin, jusque là directeur du “Diocesan Office for Public Affairs”. Le même jour a été nommé secrétaire adjoint du même dicastère Mgr Giuseppe Antonio Scotti, qui travaillait jusqu’alors à la Section pour les Affaires générales de la Secrétairerie d’État.


ALLEMAGNE
Reinhard Marx nommé archevêque de Munich

Le 30 novembre a été nommé archevêque métropolite de Munich et Freising en Allemagne Mgr Reinhard Marx, jusqu’alors évêque de Trêves. Marx, 54 ans, originaire de l’archidiocèse de Paderborn, a été ordonné prêtre en 1979. De 1979 à 1981 il a été vicaire du curé d’Arolsen et de 1981 à 1986 assistant ecclésiastique de l’Institut social “Kommende” à Dortmund. En 1986, il a poursuivi ses études à l’Université de Bochum où il a obtenu son doctorat en Théologie. En 1989, il a été nommé directeur du “Kommende”. Il a aussi été professeur de Doctrine sociale de l’Église à la Faculté de Théologie de Paderborn. En 1996, il a été élu évêque auxiliaire de Paderborn et, en décembre 2001, il a été nommé évêque de Trêves. Il est, au sein de la Conférence épiscopale allemande, président de la Commission pour les questions publiques et sociales et vice-président de la Commission pour l’Église dans le monde. Il est aussi délégué dans la Commission des épiscopats de la Communauté européenne (Comece), président de la Commission allemande Iustitia et Pax et grand prieur de la Lieutenance allemande de l’Ordre équestre du Saint Sépulcre de Jérusalem. Il est aussi membre du Conseil pontifical «Justice et Paix».


HOLLANDE
Eijk nommé archevêque d’Utrecht

Le 11 décembre, Willem Jacobus Eijk, 54 ans, évêque de Groningen-Leeuwarden depuis 1999, a été promu archevêque métropolite d’Utrecht. Eijk, ordonné prêtre en 1985 pour le diocèse de Roermond, a obtenu son doctorat en Médecine à l’Université de Leyde et un autre, en Philosophie morale, à l’Université pontificale Saint Thomas d’Aquin, à Rome. Il a obtenu en 1990 une licence en Théologie morale à l’Institut pontifical Jean Paul II pour ses études sur le mariage et la famille à Rome. À partir de 1990, il a enseigné la Théologie morale aux grands séminaires de Rolduc et de s’Hertogenbosch. Il a été de 1994 à 1995 doyen de l’Institut “Mater Ecclesiae Domesticae” pour ses études sur la famille à Rolduc. De 1996 à 1999, il a été d’abord assistant puis professeur de Théologie morale à la Faculté de Théologie de Lugano. De 1997 à 1999, il a été membre de la Commission internationale de Théologie. Il est conseiller de l’Académie pontificale pour la Vie.


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Monsengwo Pasinya nommé archevêque de Kinshasa

Le 6 décembre, Mgr LaUrent Monsengwo Pasinya, 68 ans, a été nommé archevêque de Kinshasa. Ordonné prêtre en 1963, il a été nommé auxiliaire, en 1980, puis archevêque, en 1988, de Kisangani. Mgr Pasinya en était devenu archevêque en 1988. Il est depuis 2004 président de la Conférence épiscopale de la République Démocratique du Congo.


CITÉ DU VATICAN
Antonio Paolucci nommé directeur des Musées

Le 4 décembre a été nommé directeur des Musées vaticans M. Antonio Paolucci, originaire de Rimini, 68 ans. Il a passé son doctorat en Histoire de l’Art avec Roberto Longhi, s’est spécialisé avec Francesco Arcangeli et est entré à 29 ans dans la carrière de direction des Biens culturels de l’État italien. Il a été surintendant à Venise, à Vérone, directeur de l’Opificio delle Pietre dure [Institut de restauration des œuvres d’art], surintendant pour le pôle muséal florentin et directeur des Biens culturels pour la Toscane. Il a été de janvier 1995 à mai 1996 ministre pour les Biens culturels dans le gouvernement présidé par Lamberto Dini. Après le séisme de 1997, il a dirigé, en tant que commissaire du gouvernement, le chantier de restauration de la basilique San Francesco à Assise. Il est actuellement président du Comité scientifique pour les expositions d’art dans les “Scuderie “ du Quirinal. Il est vice-président du Conseil supérieur des Biens culturels et consultant du maire pour les musées municipaux de Florence.
Le 4 décembre toujours, le prédécesseur de Paolucci à la tête des Musées vaticans, Francesco Buranelli, a été nommé secrétaire de la Commission pontificale pour les Biens culturels de l’Église et inspecteur de la Commission d’Archéologie sacrée.


DIPLOMATIE/1
Nouveaux nonces au Nicaragua, au Chili et en Roumanie

Le 28 novembre a été nommé nonce apostolique au Nicaragua l’archevêque polonais Henryk Józef Nowacki, 61 ans, nonce apostolique en Slovaquie depuis 2001.
Le 6 décembre, l’archevêque Giuseppe Pinto a été nommé nonce au Chili. Pinto, 55 ans, originaire des Pouilles, était depuis décembre 2001 nonce apostolique au Sénégal. Il avait fait partie précédemment du secrétariat particulier d’Angelo Sodano, alors cardinal secrétaire d’État.
Le 10 décembre, l’archevêque espagnol Francisco-Javier Lozano, 64 ans, a été nommé nonce en Roumanie et Moldavie. Il était nonce apostolique en Croatie depuis 2003. Il avait été précédemment représentant pontifical en Tanzanie (1994-1999), dans la République Démocratique du Congo (1999-2001) et chef du Bureau information de la première Section de la Secrétairerie d’État (2001-2003).


DIPLOMATIE/2
Nouveau représentant de l’OLP et nouveaux ambassadeurs près le Saint-Siège non résidents à Rome

Le 10 décembre, le Pape a reçu en audience Shawqi Jabriel Armali, nouveau directeur du Bureau de représentation de l’Organisation pour la libération de la Palestine près le Saint-Siège.
Le 13 décembre, le Pape a reçu les lettres de créance de sept ambassadeurs près le Saint-Siège non résidents à Rome. Il s’agit des représentants des pays suivants: Thaïlande (Chaiyong Satjipanon, 54 ans, résidant à Bern), Seychelles (Alain Butler Payette, 50 ans, résidant dans son pays), Namibie (Peter Hitjitevi Katjavivi, 66 ans, résidant à Berlin), Gambie (Elizabeth Ya Eli Harding, 51 ans, résidant à Londres), Surinam (Urmila Joella-Sewnundun, 39 ans, résidant à La Haye), Singapour (Barry Desker, 60 ans, résidant à Paris), Koweït (Suhail Khalil Shuhaiber, 63 ans, résidant à Bern).




JUBILÉ DE LOURDES

Onze février 1858


La Grotte de Lourdes

La Grotte de Lourdes

Cent cinquante ans après les apparitions de la bienheureuse Vierge Marie à Lourdes, Benoît XVI a disposé une Indulgence plénière spéciale. Voici le texte de la Pénitencerie apostolique: «À l’occasion du 150e anniversaire des apparitions de la Bienheureuse Vierge Marie dans la Grotte de Massabielle, près de Lourdes, l’Indulgence plénière est quotidiennement accordée aux fidèles qui, du 8 décembre 2007 jusqu’au 8 décembre 2008, avec piété et selon les conditions établies, rendront visite à la Grotte de Massabielle et qui, du 2 au 11 février 2008, rendront visite, dans n’importe quelle église, oratoire, grotte ou lieu digne, à l’image de la Bienheureuse Vierge Marie de Lourdes solennellement exposée à la vénération publique».




ÉGLISE

Zachée, la rencontre avec Jésus et la morale chrétienne


ILe Christ parle avec Zachée sur l’arbre/I, Évangéliaire 
de Brandebourg

ILe Christ parle avec Zachée sur l’arbre/I, Évangéliaire de Brandebourg

Le 27 novembre, Barbara Spinelli a signé un intéressant article-interview sur La Stampa intitulé: Le grand hiver de l’Église. Dans cet article, la journaliste interroge un prêtre romain qui confie: «“Mon étoile polaire est la figure de Zachée, dans Luc 19, 1-10: le riche collecteur d’impôts qui grimpe sur un sycomore pour voir à quoi ressemble ce Jésus dont on parle tant. Ce n’est que lorsque Jésus le reconnaît, l’interpelle, lui rend visite dans sa maison, que Zachée comprend que de cette rencontre naîtra aussi une nouvelle façon d’agir, une éthique […]”. C’est la rencontre qui engendre la morale chrétienne et non l’inverse, me dit le prêtre: la rencontre de Jésus avec le dernier, le pauvre ou le riche collecteur d’impôts». Un passage précédent était aussi intéressant. «Le mot valeurs est lui-même ambigu et ce que dit le juriste Gustavo Zagrebelsky fait réfléchir: les valeurs sont devant nous, elles peuvent amener à justifier n’importe quel moyen qui permette de les atteindre. “Principes” est mieux: ils sont derrière nous, à l’origine de notre action, et ils la déterminent, l’orientent et la limitent».


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