30Jours dans le monde
PAPE
Saint François, le Bréviaire et l’Eucharistie

IBreviarium sancti Francisci/I, c. 197r.
L’époque de saint François fut marquée, comme la nôtre, par de profondes transformations culturelles, favorisées par la naissance des universités, par le développement des communes et par la diffusion de nouvelles expériences religieuses.
C’est justement à cette époque que, grâce à l’œuvre du pape Innocent III – celui-là même qui accorda au Poverello d’Assise la première reconnaissance canonique –, l’Église lança une profonde réforme liturgique.
Celle-ci trouva une expression éminente dans le Concile Latran IV (1215), dont l’un des fruits est le “Bréviaire”. Ce livre de prière recueillait la richesse de la réflexion théologique et du vécu priant du millénaire précédent. En l’adoptant, saint François et ses frères firent leur la prière liturgique du Souverain Pontife: de cette façon le saint écoutait et méditait assidûment la Parole de Dieu, jusqu’à la faire sienne et à la transposer ensuite dans les prières dont il est l’auteur et, d’une manière générale, dans tous ses écrits.
Le même Concile Latran IV, étudiant avec une attention particulière le sacrement de l’autel, inséra dans la profession de foi le mot “transsubstantiation”, pour affirmer la présence réelle du Christ dans le sacrifice eucharistique: “Son corps et son sang sont véritablement contenus dans le sacrement de l’autel sous les espèces du pain et du vin, le pain étant transsubstantié au corps et le sang au vin par la puissance divine” ( Denzinger, 802).
La vie évangélique de saint François et la vocation qui l’amène à parcourir à nouveau le chemin du Christ Crucifié viennent du fait qu’il assiste à la sainte messe et reçoit la sainte communion avec dévotion: “Le Seigneur – lisons-nous dans le Testament de 1226 – me donna une grande foi aux églises, foi que j’exprimais par la formule de prière toute simple: Nous t’adorons, Seigneur Jésus, dans toutes tes églises du monde entier et nous te bénissons d’avoir racheté le monde par ta sainte croix” ( Sources franciscaines n° 111).
C’est «cette expérience qui est à l’origine de la grande déférence qu’il témoignait aux prêtres et de la consigne qu’il donnait aux frères de les respecter toujours et en tout cas, “parce que, disait-il, “du très haut Fils de Dieu, je ne vois rien de sensible en ce monde, si ce n’est son Corps et son Sang très saints, que seuls ils consacrent et administrent aux autres” (Sources franciscaines, n° 113).
Face à un tel don, chers frères, quelle responsabilité de vie pour chacun de nous! “Veillez à votre dignité, frères prêtres – recommandait encore François – et soyez saints parce qu’il est saint” (Lettre au Chapitre Général et à tous les frères, Sources Franciscaines, n° 220)! Oui, la sainteté de l’eucharistie exige que nous célébrions et adorions ce mystère en étant conscients de sa grandeur, de son importance et de son efficacité pour la vie chrétienne, mais elle exige aussi de chacun d’entre nous la pureté, la cohérence et la sainteté de vie, pour que nous soyons des témoins vivants de l’unique sacrifice d’amour du Christ.
Le saint d’Assise ne cessait de contempler comment “le Seigneur de l’univers, Dieu et Fils de Dieu, s’humilie au point de se cacher pour notre salut sous une petite hostie de pain” (ibid., n° 221) et il faisait avec véhémence cette demande à ses frères: “Je vous en prie, et avec d’autant plus d’insistance que la consigne ne vient pas de moi : lorsque vous le jugerez opportun et raisonnable, suppliez humblement les prêtres de vénérer par-dessus tout le Corps et le Sang très saints de notre Seigneur Jésus-Christ ainsi que les manuscrits contenant ses saints noms et les paroles par lesquelles on consacre son Corps” (Lettre à tous les custodes, Sources Franciscaines n° 241)».
MOYEN-ORIENT
Amos Oz, les fanatiques et la bonne nouvelle
![Amos Oz [© LaPresse]](/upload/articoli_immagini_interne/1297788249670.jpg)
Amos Oz [© LaPresse]
![Benoît XVI en prière devant le cercueil de Manuela Camagni [© Paolo Galosi]](/upload/articoli_immagini_interne/1297788307607.jpg)
Benoît XVI en prière devant le cercueil de Manuela Camagni [© Paolo Galosi]
«Si nous nous souvenons du Seigneur, c’est parce que Lui, le premier, se souvient de nous»
Le 24 novembre, a perdu la vie, via Nomentana à Rome, Manuela Camagni, laïque consacrée de la Famille pontificale qui, avec trois autres femmes de l’association laïque Memores Domini assistait Benoît XVI. À l’occasion de ses obsèques, le Pape a voulu envoyer un message dans lequel, commentant la réflexion de saint Paul: «Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur (Rm 8, 39)», il a expliqué: «Oui, si nous nous souvenons du Seigneur, c’est parce que Lui, le premier, se souvient de nous. Nous sommes Memores Domini parce qu’Il est Memor nostri, il se souvient de nous avec l’amour d’un père, d’un frère, d’un ami, même au moment de la mort».
ÉGLISE/1
Guérison inexplicable attribuée au cardinal Van Thuân
Le 15 novembre, sur son blog, le vaticaniste de La Stampa, Marco Tosatti, a repris une nouvelle diffusée par l’agence AsiaNews concernant un éventuel miracle attribué au cardinal vietnamien François-Xavier Nguyên Van Thuân, décédé le 16 septembre 2002, dont est en cours la cause de béatification. Le miracle concernerait le séminariste Joseph Ngyuên, fils de Vietnamiens émigrés aux États-Unis et amis du cardinal défunt. En 2009, écrit Tosatti, Joseph était tombé malade, atteint d’«une grave forme de pneumonie, compliquée par l’H1N1, la “grippe porcine”». Après les premiers symptômes, le jeune homme était tombé dans le coma. «Les médecins ont déclaré que Joseph était mort. Le rythme cardiaque s’était effondré au-delà de toute reprise possible et toute activité cérébrale avait cessé. Le jeune homme était dans le coma depuis désormais de nombreux jours lorsque ses parents demandèrent son aide à un vieil ami de la famille qui n’était autre que le cardinal vietnamien dont est en cours la cause de béatification. Joseph a alors guéri et est retourné au séminaire». À son réveil, le jeune homme a dit qu’il ne se souvenait que de «deux visions du cardinal Van Thuân». L’affaire est maintenant examinée par les postulateurs de la cause.
ÉGLISE/2
Les cardinaux, les contes, les enfants
Contes de Noël écrits par des cardinaux italiens. C’est une nouvelle rapportée par Armando Torno sur le Corriere della Sera du 6 décembre. Dans le détail: l’archevêque de Milan, le cardinal Dionigi Tettamanzi, a publié un petit livre intitulé Santi subito, et le cardinal Carlo Maria Martini, un autre livre Una parola per te. Dans l’article de Torno, on trouve aussi un résumé du cadeau de Noël du cardinal Angelo Bagnasco, archevêque de Gênes et président de la Conférence épiscopale italienne, auteur d’une lettre adressée aux «petits garçons et aux petites filles du catéchisme». On lit sur le Corriere della Sera: «Il y a dans cette lettre une histoire qu’il [le cardinal] demande – si on le veut – de raconter “à [ses] parents et à ceux que l’on rencontrera durant les fêtes”. Apparaît d’abord un homme pressé qui cherche le dernier modèle de téléphone portable “pour être admiré et aussi, pourquoi pas, envié” et qui ne voit pas, ni n’est en état d’écouter, une pauvre mère qui serre son enfant dans ses bras et demande de l’aide. Mais un enfant, lui, les voit. Bagnasco commente: “Le petit cœur écoute les petits et frémit d’étonnement”. L’enfant s’adresse alors à la femme qui le tient par la main: “Maman”, dit-il, “c’est Jésus avec la sainte Vierge! Ils cherchent peut-être une maison. Inviton-les à venir chez nous!”. Les paroles entendues au catéchisme, rappelle le cardinal, “sont restées dans son cœur et dans son esprit”. L’homme du téléphone portable entend ce qu’a dit l’enfant et “se réveille de sa torpeur”; ou mieux ces paroles font ressurgir “sa conscience” et il se rappelle le Noël de son enfance. C’est un instant riche de passé. Pendant ce temps, la pauvre mère “a disparu qui sait où”. Le retour de ces pensées, souligne le cardinal, “a fait renaître dans son cœur la nostalgie de la beauté, de la simplicité de celui qui sait regarder avec émerveillement les petites choses et en comprend la grandeur”. Cette rencontre et ce qu’il a entendu lui permettront de passer un Noël “différent”, “vrai”, une fête “qui n’est pas seulement pour les petits mais pour tous ceux qui deviennent enfants”».
LUMIÈRE DU MONDE/1
Ferrara et le Pape pasteur
Selon Giuliano Ferrara, il y aurait un «changement de paradigme» dans le pontificat de Benoît XVI. Sa thèse, exposée dans un éditorial du Il Foglio du 27 novembre, naît de la lecture du dernier livre du Pape, Lumière du monde. «Entendons-nous, Benoît confirme dans son dernier livre avec sa force de persuasion habituelle, la discordance entre la pensée chrétienne et certains traits insupportables de la vie moderne, mais le remède change dans sa substance: le théologien et philosophe proposait que le siècle se comportât “comme si Dieu existait”, une formule pascalienne, paradoxale et de style intellectuel, à la limite entre agnosticisme et foi, tandis que le pasteur, qui reste de toute façon un incomparable chasseur de loups, s’adresse aujourd’hui à son troupeau avec un appel plus prudent à la foi dans le Dieu vivant. Benoît reste un maître pour la minorité de ses disciples laïques, qui ne font pas partie du troupeau et qui en respectent et aiment la foi, mais les lignes de son enseignement pastoral perdent en partie cet attrait transgresseur, cette vigueur provocatrice et cette aura de défi au siècle, sur son terrain dangereux, qui, jusqu’à hier, nous ont fait raisonner, éventuellement un peu délirer et, en un certain sens, croire que l’on pouvait croire».
LUMIÈRE DU MONDE/2
Zizola et la réforme de Paul VI à Benoît XVI
«D’une interview à l’autre et dans l’intervalle, quarante-cinq ans de luttes pour la réforme de l’Église: le 3 octobre 1965, le Corriere della Sera ouvre par une interview de Paul VI réalisée par Alberto Cavallari, la première interview accordée par un pape à un journal, sur les changements nécessaires dans l’Église, au moment où est en cours la dernière session du Concile. Lumière du monde, le dernier livre-interview de Benoît XVI, sort quand la perspective du renouvellement semble languir sous les coups méthodiques de la restauration». Propos de Giancarlo Zizola, dans un article paru sur la Repubblica du 24 novembre.
SACRÉ COLLÈGE/1
La mort des cardinaux Navarrete et Giordano
Le 22 novembre est mort le cardinal jésuite espagnol Urbano Navarrete, 90 ans, ancien recteur de l’Université pontificale grégorienne, créé cardinal par Benoît XVI en 2007.
Le 2 décembre a disparu le cardinal Michele Giordano, 80 ans, archevêque de Naples de 1987 à 2006, créé cardinal par Jean Paul II en 1988.
Après la création par Benoît XVI, le 20 novembre, de 25 nouveaux cardinaux, le Collège cardinalice se compose de 201 membres, dont 121 électeurs.
SACRÉ COLLÈGE/2
La démission du cardinal Errázuriz Ossa à Santiago
Le 15 décembre, le Pape a accepté la démission du cardinal Francisco Javier Errázuriz Ossa, 77 ans, de sa charge d’archevêque de Santiago du Chili qu’il assumait depuis1998. A été nommé pour le remplacer le salésien Ricardo Ezzati Andrello, 68 ans, archevêque de Concepción depuis 2006.
ISLAM/1
Le grand mufti d’Arabie Saoudite: «L’islam veut et demande la paix»
«“L’une des caractéristiques les plus importantes de l’islam, c’est la modération, aussi bien dans la pratique de la religion que dans le comportement des fidèles; un autre aspect essentiel, c’est l’existence d’un équilibre entre les demandes de l’âme, le corps et l’esprit”. Aussi les musulmans doivent-ils refuser la violence et le terrorisme sous toutes ses formes; quiconque accomplit de telles actions trahit en effet les principes de l’islam, une religion qui veut et demande la paix. Tel est le message qui a retenti avec force, hier, dans la mosquée de Namira, au pied du mont Arafat, pendant le Khotba-al-Hajj, le sermon traditionnel pour le pèlerinage à la Mecque prononcé par le grand mufti d’Arabie Saoudite, Cheikh Abdel Aziz». Début d’un article paru sur L’Osservatore Romano du 17 novembre.
ISLAM/2
Irak: les chiites protègent les chrétiens
«Nous avons demandé aux chrétiens de ne pas abandonner le pays, de ne pas émigrer à l’étranger», explique le cheikh Faid al-Shamri, président du Conseil régional de Najaf, en Irak. «Notre administration a envoyé une circulaire à toutes les provinces afin qu’elles permettent à tous les citoyens chrétiens de trouver une maison et du travail dans la région. Il s’agit d’une initiative qui ne va pas à l’encontre de la Constitution ni des enseignements de l’islam, lesquels nous obligent à travailler pour la sécurité des chrétiens en les protégeant contre toutes les attaques». La déclaration du cheikh irakien a paru dans un article publié par Il Giornale du 1er décembre, dans lequel on souligne que cette initiative ne vient pas d’une région irakienne «quelconque» mais de Najaf, «la ville sainte des chiites».
ORIENT/1
Benoît XVI et la Chine
«Dans le jargon politique d’aujourd’hui, le pape Benoît XVI est indiscutablement un “conservateur”. […] C’est cependant précisément à cause de cette réputation que le vieil axiome américain –“seul Nixon peut aller en Chine” – va comme un gant à Benoît XVI. Celui-ci en raison de ce qu’il est et de ce qu’il représente, peut se permettre de temps en temps de faire des choses qu’un pape plus “libéral” n’oserait ou ne pourrait faire sans que l’Église ne vole en éclats». Extrait d’un article de John Allen Jr paru sur le National Catholic Reporter du 3 décembre dernier, sous le titre Seul Benoît pourrait aller en Chine.
ORIENT/2
Bloomberg et la Chine
«Le maire de New York, Michael Bloomberg, ne cache pas son scepticisme à l’égard du nouveau Congrès issu du vote de midterm de la semaine dernière. Dans une interview accordée au Wall Street Journal, il a déclaré [...]: “Je parie qu’un tas de gens parmi eux n’ont même pas de passeport. Si nous ne faisons pas attention aux États-Unis, nous risquons de déclencher une guerre commerciale avec la Chine par le seul fait que beaucoup de gens ne savent même pas ce qu’est ou où est la Chine”». Extrait d’un article paru sur La Stampa du 10 novembre.
POLOGNE
Jaruzelski conseiller du président
«Pour le général Wojciech Jaruzelski il s’agit presque d’une réhabilitation de facto. L’ancien président polonais [à l’époque de la confrontation avec le syndicat Solidarnosc] a été invité par l’actuel chef d’État, le libéral Bronislaw Komorowski, à une réunion réservée du Conseil de sécurité national pour préparer le prochain sommet à Varsovie avec le président russe Dmitri Medvedev». C’est ce que l’on peut lire sur un article de la Repubblica du 25 novembre, dans lequel cette invitation est qualifiée de «surprise extraordinaire».