Rubriques
Tiré du n°03 - 2011


BARACK OBAMA

Obama visite la tombe de Romero


Barack Obama visite la tombe de Romero <BR>[© Associated Press/LaPresse]

Barack Obama visite la tombe de Romero
[© Associated Press/LaPresse]

Le 23 mars, au cours de sa visite à San Salvador, le président des États-Unis d’Amérique Barack Obama a voulu rendre hommage à l’évêque Óscar Arnulfo Romero, tué le 24 mars 1980, pendant qu’il célébrait la messe. La date de la visite, programmée pour le trente et unième anniversaire de l’assassinat du prélat, a été avancée à cause du départ précipité du président américain.





MOYEN-ORIENT

La paix se fait avec les ennemis


Amos Oz, <I>Une histoire d’amour et de ténèbres</I>, édition italienne

Amos Oz, Une histoire d’amour et de ténèbres, édition italienne

Des polémiques ont éclaté dans le monde juif à la suite du geste de détente d’Amos Oz, qui a offert un exemplaire de son œuvre Une histoire d’amour et de ténèbres au leader palestinien Marwan Barghouti, détenu dans une prison israélienne. Invité à rendre compte de son geste lors d’une interview accordée à Elena Loewenthal dans La Stampa du 30 mars, l’écrivain israélien a déclaré: «Je voulais que Marwan Barghouti lise Une histoire d’amour et de ténèbres, parce que je sais que ce livre a aidé de nombreux Arabes à comprendre Israël, et parce que je suis sûr qu’un jour ou l’autre nous parlerons avec lui. Quand je dis “nous”, j’entends l’État d’Israël. Un jour ou l’autre, Israël parlera avec Barghouti, même s’il a été l’instigateur de la deuxième Intifada et s’il a sur la conscience un grand nombre d’attentats-kamikaze et beaucoup plus de victimes que n’en ont fait ces attentats terroristes. Mon roman [traduit en français par Gallimard, ndr] est une histoire profondément individuelle et familiale, mais aussi et surtout l’épopée du sionisme vue de l’intérieur, avec ses raisons et ses racines […]». Enfin, en conclusion, Oz a parlé des raisons de son geste et il a voulu réaffirmer: «Je l’ai fait en toute conscience, fort avant tout d’une certitude qu’il n’est pas inutile de rappeler: à savoir que la paix se fait avec les ennemis. Avec les amis, on ne fait pas la paix, avec les ennemis, si. N’est-ce pas vrai?».





Dépêches


Benoît XVI en prière <BR>[© Osservatore Romano]

Benoît XVI en prière
[© Osservatore Romano]

PAPE/1
Saint Alphonse: «Qui prie sauve son âme»
 
Benoît XVI a consacré la catéchèse du mercredi 30 mars à saint Alphonse-Marie de Liguori, le saint napolitain qui a aussi été l’auteur, comme l’a rappelé le Pape, du chant populaire de Noël Tu descends des étoiles. «À son époque, s’était diffusée une interprétation très rigoriste de la vie morale, en raison, entre autres, de la mentalité janséniste qui, au lieu d’alimenter la confiance et l’espérance dans la miséricorde de Dieu, fomentait la peur et présentait un visage de Dieu revêche et sévère, bien éloigné de celui que nous a révélé Jésus. Saint Alphonse, en particulier dans son œuvre principale intitulée Théologie morale, propose une synthèse équilibrée et convaincante entre les exigences de la loi de Dieu, gravée dans nos cœurs, pleinement révélée par le Christ et interprétée d’une manière qui fait autorité par l’Église, et les dynamismes de la conscience et de la liberté de l’homme, qui précisément, dans l’adhésion à la vérité et au bien, permettent la maturation et la réalisation de la personne. Alphonse recommandait aux pasteurs d’âmes et aux confesseurs d’être fidèles à la doctrine morale catholique, en assumant, dans le même temps, une attitude charitable, compréhensive, douce, pour que les pénitents puissent se sentir accompagnés, soutenus, encouragés dans leur chemin de foi et de vie chrétienne. Saint Alphonse ne se lassait jamais de répéter que les prêtres sont un signe visible de la miséricorde infinie de Dieu, qui pardonne et illumine l’esprit et le cœur du pécheur afin qu’il se convertisse et change de vie. À notre époque, où on voit de clairs signes d’égarement de la conscience morale et – il faut le reconnaître – un certain manque d’estime envers le sacrement de la confession, l’enseignement de saint Alphonse est encore de grande actualité […]».
Dans son intervention, le Pape a ensuite rappelé l’insistance du saint sur la prière, par cette explication: «Au sujet de la prière, il écrit: “Dieu ne refuse à personne la grâce de la prière, par laquelle on obtient l’aide pour vaincre les concupiscences et les tentations. Et je dis, et je réponds et je répondrai toujours, tant que j’aurai vie, que tout notre salut réside dans la prière”. De là vient son célèbre axiome “Qui prie sauve son âme” (DuGrand moyen de la prière, Introduction). Il me revient à l’esprit, à cet égard, l’exhortation de mon prédécesseur, le vénérable serviteur de Dieu Jean Paul II: “Nos communautés chrétiennes doivent devenir d’authentiques ‘écoles’ de prière [...]. Parmi les formes de prière conseillées avec ferveur par saint Alphonse se détache la visite au Très Saint Sacrement ou, comme nous l’appellerions aujourd’hui, l’adoration, brève ou prolongée, personnelle ou communautaire, devant l’Eucharistie. “Assurément – écrit Alphonse – parmi toutes les dévotions celle d’adorer Jésus sacrement est la première après les sacrements, la plus chère à Dieu, et celle qui nous est la plus utile [...]. Oh, quel délice d’être plein de foi devant un autel... et de lui présenter nos besoins, comme fait un ami avec un autre ami dans lequel il a une entière confiance!» (Visites au Saint Sacrement et à la Sainte Vierge pour chaque jour du mois. Introduction)».
 
 
PAPE/2
Saint Laurent de Brindisi et le «doux joug» de Jésus
 
Au cours de la catéchèse du mercredi 23 mars, consacrée à saint Laurent de Brindisi, Benoît XVI a dit: «En m’adressant aux prêtres et aux séminaristes dans la cathédrale de Brindisi, la ville natale de saint Laurent, j’ai rappelé que “le moment de la prière est le plus important dans la vie du prêtre, celui où la grâce divine agit avec le plus d’efficacité, en donnant sa fécondité au ministère. Prier est le premier service à rendre à la communauté. Les temps de prière doivent donc avoir une véritable priorité dans notre vie […]”». En concluant sa catéchèse, le Pape a rappelé la belle dévotion de saint Laurent à l’Esprit saint: «L’Esprit saint – écrit saint Laurent – rend doux le joug de la loi divine et léger son poids, afin que nous observions les commandements de Dieu avec une très grande facilité et même avec plaisir».
 
 
Le monastère de Lecceto, Sienne

Le monastère de Lecceto, Sienne

PAPE/3
Les méditations du Chemin de Croix rédigées et dessinées par les moniales augustines
 
Le 25 mars dernier, la Salle de presse du Vatican a annoncé que le Saint-Père a chargé cette année Mère Maria Rita Piccione, présidente de la Fédération des Moniales augustines, résidente au monastère des Quatre Saints couronnés, à Rome, de rédiger les textes des méditations pour les stations du Chemin de Croix, au Colisée. Les images qui illustreront les différentes stations seront dessinées par sœur Elena Manganelli, elle aussi religieuse augustine, du monastère de Lecceto (Sienne).
 
 
Antonio Cañizares Llovera au vicariat apostolique du Koweït <BR>[© Congrégation du Culte Divin]

Antonio Cañizares Llovera au vicariat apostolique du Koweït
[© Congrégation du Culte Divin]

ÉGLISE/1
Cañizares et la Vierge Marie, désormais devenue Notre-Dame d’Arabie
 
«“Je proclame Notre-Dame d’Arabie patronne des deux vicariats apostoliques du Golfe”. Par cette déclaration solennelle au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée le 16 janvier 2011 dans la cathédrale du Koweït, le cardinal Antonio Cañizares Llovera, préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements, a proclamé la bienheureuse Vierge Marie Notre-Dame d’Arabie, patronne de tous les pays du Golfe: Koweït, Bahreïn, Qatar, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Yémen et Oman. Ce “nouveau” titre de la Vierge a touché le cœur des gens. Désormais, à des titres glorieux comme “Notre-Dame de Lourdes”, “Notre-Dame de Fatima” et tant d’autres, nous pouvons humblement ajouter “Notre-Dame d’Arabie”. Ici, au Koweït, la Vierge n’a pas fait d’apparitions comme à Lourdes et à Fatima, mais elle a toujours été présente et elle a amené Jésus avant même que naisse l’islam. En effet, on trouve dans l’île de Failaka, qui appartient au Koweït, les restes d’une église du Ve siècle, probablement nestorienne. On rencontre d’ailleurs, dans d’autres pays du Golfe, d’importants vestiges d’églises de la même époque. Si nous avons voulu, avec grande vénération, consacrer le Golfe tout entier à la Vierge, c’est pour qu’elle précède et accompagne notre ministère». Ainsi commence un article publié par L’OsservatoreRomano du 11 mars et signé par le vicaire apostolique au Koweït, le combonien Camillo Ballin. L’article finit par une phrase tirée de l’homélie du cardinal Cañizares de janvier dernier: «Puisse la Vierge Marie, Notre-Dame d’Arabie, nous aider à suivre Jésus, à rester fidèles et fermes dans la foi et à garder notre regard fixé sur Jésus, source de notre foi!».
 
 
ÉGLISE/2
Tettamanzi,Saint Jean Chrysostome et l’Évangile du bon chrétien
 
«Nous pourrions dire ceci: la croyance implique en quelque sorte l’appropriation d’une idée, ou d’un Dieu, que l’on finit par mettre à son service. Celui qui est animé par la foi, au contraire, se livre lui-même à l’autre, abandonne l’idée de dominer la réalité», écrit le cardinal Dionigi Tettamanzi dans une interview publiée par la Repubblica le 14 mars. Interrogé sur ce que signifie croire en Dieu, le prélat a répondu: «Cela signifie non pas tant faire référence à un être absolu et transcendant, mais à un être qui a un nom, un visage et un cœur. Cela signifie croire en quelqu’un qui m’intercepte, qui m’accompagne, me provoque, me console, et m’oblige à me conduire de manière différente. En somme, la foi est une communion, une rencontre, plus qu’un concept. Et ceci ne vaut pas seulement pour les catholiques ou pour les chrétiens». Enfin, pour expliquer en quoi consiste le témoignage chrétien, il a rappelé l’enseignement de saint Jean Chrysostome, «lequel soutient qu’il n’y a aucun besoin d’annoncer l’Évangile. Si la foi vit dans les gestes les plus humbles et les plus simples du bon chrétien, celui-ci devient lui-même Évangile: un Évangile vivant».
 
 
Le cardinal Varkey Vithayathil

Le cardinal Varkey Vithayathil

SACRÉ COLLÈGE
La mort du cardinal Vithayathil. La démission de Mahony
 
Le premier avril est mort le cardinal indien Varkey Vithayathil, 84 ans, rédemptoriste, archevêque majeur d’Ernakulam-Angamaly des Syro-malabars depuis 1999. À cette date, le Sacré Collège comptait donc 200 cardinaux, dont 116 électeurs. Auparavant, le 1er mars, le Pape avait accepté la renonciation au gouvernement pastoral de l’archidiocèse de Los Angeles (États-Unis) du cardinal Roger Michael Mahony, qui avait atteint 75 ans deux jours auparavant. Lui succède l’archevêque José Horacio Gómez, 59 ans, du clergé de l’Opus Dei, coadjuteur de ce même archidiocèse depuis avril 2010.
 
 
AFRIQUE DU NORD/1
L’Égypte et les semeurs de zizanie entre chrétiens et musulmans
 
La Repubblica du 8 mars a publié un article dans lequel il est rapporté que, pendant la récente insurrection égyptienne, les rebelles, après être entrés dans le palais du gouvernement, se sont emparés de fichiers contenant des informations confidentielles, qui prouveraient certains crimes commis par l’ancien régime, et les ont transférés ensuite sur la toile. L’article se conclut ainsi: «Les accusations au sujet des tensions créées à dessein entre les chrétiens et les musulmans, suivies de rafles parmi les islamistes, sont particulièrement graves […]. Et cette fuite de documents rend encore plus crédible l’enquête sur le ministre de l’Intérieur de Moubarak, le tout-puissant Habib el-Adly. Le 7 février dernier, le parquet du Caire a mis ce dernier sous enquête pour avoir organisé l’attentat de Noël contre l’église copte d’Alexandrie».
 

AFRIQUE DU NORD/2
Les nazis, les bombes intelligentes et les guerres préventives
 
Dans un article paru sur le Corriere della Sera du 21 mars, Armando Torno, partant du conflit actuel en Libye, s’interroge sur la limite très floue entre conflits justes et injustes, et il écrit: «Dans la première guerre du Golfe, on a beaucoup parlé de “bombes intelligentes”, et en 2002, le président George W. Bush a parlé de “guerre préventive”, mais ces termes n’étaient pas nouveaux: Joseph Goebbels les avaient utilisés en 1940 et en 1941 pour les bombardements de Londres, visant – “seulement” l’emplacement des arsenaux – et pour l’attaque contre la Russie, déclenchée pour prévenir l’offensive de Staline». Parmi les brillantes argumentations pour ou contre la guerre qui suivent, on peut lire: «Tite Live en avait deviné la nature: “Bellum se ipse alet”, c’est-à-dire “La guerre se nourrit d’elle-même” (Ab urbe condita XXXIV, 9); c’est peut-être pour cela qu’il arrive que les guerres justes et injustes se confondent».
 
 
Le patriarche libanais Béchara Raï <BR>[© Associated Press/LaPresse]

Le patriarche libanais Béchara Raï
[© Associated Press/LaPresse]

ÉGLISES CATHOLIQUES ORIENTALES
Raï nouveau patriarche maronite et Shevchuk nouvel archevêque majeur de Kiev
 
Le 25 mars, le Pape a accordé, à sa demande, à Béchara Boutros Raï, l’Ecclesiastica Communio. Mgr Raï, 61 ans, avait été canoniquement élu patriarche d’Antioche des Maronites le 15 mars dernier au cours du synode des évêques de l’Église maronite réuni à Bkerké au Liban. Membre de l’Ordre Maronite de la Bienheureuse Vierge Marie, vicaire patriarcal depuis 1986, il avait été transféré en 1990 à l’éparchie de Jbeil (Byblos). Le 25 mars toujours, le Pape a donné, à sa demande, sa confirmation à Sviatoslav Shevchuk, qui avait été canoniquement élu archevêque majeur de Kyiv-Haly au cours du synode des évêques de l’Église gréco-catholique ukrainienne réuni à Lviv. Mgr Shevchuk, 41 ans, était depuis 2009 auxiliaire de l’éparchie de Sainte Marie du Patronage à Buenos Aires, en Argentine, dont il était devenu administrateur apostolique sede vacante en 2010.


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