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Tiré du n°01 - 2004



PAPE/ I
Une affirmation surprenante: «Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous»

«En ce premier dimanche de la nouvelle année, le deuxième après Noël, la liturgie propose à nouveau à notre méditation la merveilleuse page du Prologue de l’Évangile de Jean.
“Au commencement – écrit-il – était le Verbe” (Jn 1, 1). Le terme grec est “Logos”, mais dans l’esprit de l’Apôtre il est fait référence à la “Sagesse”, qui dans l’Ancien Testament est personnifiée comme la régulatrice du cosmos et de l’histoire. “…Et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu... Tout fut par lui” ((Jn 1, 1.3).
Voilà cependant une affirmation surprenante: “Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous” (Jn 1, 14). C’est précisément Jean, qui fixe le regard de la foi sur l’origine divine du Christ, qui insiste avec force sur la réalité de son Incarnation. Il rapproche deux termes apparemment incompatibles: “Verbe” et “chair”. Oui! Jésus est vrai Dieu et vrai homme. Il est le Fils unique de Dieu, que Jean et les autres Apôtres ont “vu”, “entendu”, “touché” (cf. 1 Jn 1,1-3). Dans son humanité demeure toute la plénitude de la divinité (cf. Col 2,9).
Très chers amis, guidés par l’Évangéliste Jean, nous nous approchons du mystère de l’Enfant de Bethléem, en qui Dieu a pleinement révélé son visage. Nous nous arrêtons en silence avec la Vierge Marie devant le Verbe éternel qui, pour nous, s’est fait petit enfant. A ceux qui croient en son nom, il donne, aujourd’hui comme alors, le “pouvoir de devenir enfants de Dieu” (cf. Jn 1, 12). Tel est le mystère et le don de Noël!».
C’est par ces paroles que Jean Paul II a introduit l’Angélus dominical du 4 janvier.


PAPE/ 2
Bonne année aux grands peuples de l’Orient

«Aux grands peuples d’Orient – en particulier les Chinois, les Vietnamiens et les Coréens – qui, dans les prochains jours, célébreront avec joie le nouvel an lunaire, j’assure ma proximité et je souhaite de tout cœur sérénité et prospérité». C’est ce qu’a dit le Pape après avoir récité l’Angélus du 18 janvier.


CARDINAUX/ I
Etchegaray: Noël et la merveille de l’enfant

«La fête de Noël est-elle la plus importante?». «Oui, de loin. Personne n’avait jamais vu Dieu et, à Bethléem, Marie, Joseph, des bergers et les Rois Mages ont été les premiers à le voir sous les apparences d’un fragile nouveau-né. Rien de plus bouleversant! Je me rappelle les mots du cosmonaute Amstrong: “L’important, ce n’est pas que l’homme ait marché sur la lune, mais que Dieu, en Jésus, ait marché sur la terre”». «De quoi a plus besoin le monde en cette veille de Noël?». «De retrouver un cœur d’enfant qui s’ouvre à la vie et s’émerveille de tout». Il s’agit de quelques passages d’une interview, publiée le 21 décembre, que le cardinal Etchegaray a accordée à la Stampa.


CARDINAUX/ 2
Martini: le petit événement de Bethléem et l’Apocalypse

L’Église «entend rappeler avec gratitude le petit événement de Bethléem qui, pour qui croit, a changé l’histoire du monde et nous permet de regarder avec confiance même les moments les plus difficiles de la vie, dans la mesure où ceux-ci sont éclairés et rachetés par le sens nouveau donné aux événements de la vie des hommes par la présence du fils de Dieu. Mais elle ne se limite à un souvenir commémoratif. Elle proclame sa confiance dans la venue de Celui qui “essuiera toute larme de leurs yeux” et par qui “il n’y aura plus de mort, de pleur, de cri ni de peine” (Ap 21,4) et se renouvellera l’espoir qui fait que “nous attendons de nouveaux cieux et une terre nouvelle où la justice habitera” (2P 3,13). C’est pourquoi le cri des premiers chrétiens rapporté dans la dernière page de l’Apocalypse était: “Viens, Seigneur Jésus!”». Il s’agit là d’un passage d’un article que le cardinal Carlo Maria Martini a écrit à l’occasion de Noël pour la Repubblica du 24 décembre.


CARDINAUX/ 3
Martino: ceux qui oublient le droit international

«Le Message révèle que l’un des fruits les plus importants du droit international a été, après la tragédie de la seconde Guerre mondiale, l’institution de l’Organisation des Nations unies, appelée à “veiller à la paix et à la sécurité mondiales, à encourager les efforts des États pour maintenir et garantir ces biens fondamentaux de l’humanité” (n. 6), ayant, comme axe central “l’interdiction du recours à la force” (n. 6). Le Saint Père rappelle à ceux qui l’ont oublié qu’il n’y a que deux exceptions à cette interdiction: le droit naturel à la légitime défense, qui doit s’exercer selon les modalités prévues et dans le cadre des Nations unies: par conséquent, également dans les limites traditionnelles de la nécessité et de la proportionnalité; le système de sécurité collective “qui attribue au Conseil de Sécurité la compétence et la responsabilité en matière de maintien de la paix, avec les pouvoirs de décision et une grande faculté discrétionnaire” (n. 6)». Il s’agit là de l’un des paragraphes du discours lu le 16 décembre par le cardinal Renato Raffaele Martino, président du Conseil pontifical “Justice et Paix”, à l’occasion de la présentation du Message pontifical pour la 37e journée mondiale de la Paix, célébrée le 1er janvier 2004.


CARDINAUX/ 4
Ruini: quand j’étais jeune, je jouais comme ailier pour ne pas faire de dégâts

«Je suis particulièrement lié» au cardinal Tarcisio Bertone «spécialement depuis qu’il m’a désigné comme avant-centre; quand j’étais jeune, on me reléguait toujours à l’aile pour que je fasse le moins de dégâts possibles…». C’est par ces propos allègres que le cardinal Camillo Ruini – invité avec l’écrivain Gaspare Barbiellini Amidei à parler dans la basilique Saint-Jean sur le sujet “De génération en génération, famille et transmission de valeurs”–, a présenté la personne de l’archevêque de Gênes. Le cardinal vicaire fait ici allusion à l’“équipe de l’Église”, une équipe qu’avait imaginée en plaisantant le cardinal Bertone quand, le 11 janvier, à l’occasion de la partie Sampdoria-Juventus, il s’est improvisé journaliste sportif pour la télévision locale Telenord (avec Gianni Vasino, visage célèbre de 90° minuto). À cette occasion, en effet, le cardinal, à la demande des journalistes, avait inventé une “formation” de cardinaux avec Joseph Ratzinger comme entraîneur, Angelo Sodano comme meneur de jeu, Dionigi Tettamanzi comme arrière et Camillo Ruini comme avant-centre…


CARDINAUX/ 5
Mort du cardinal Tzadua, les quatre-vingts ans de Korec

Le 11 décembre est décédé la cardinal éthiopien Paulos Tzadua, quatre-vingt-deux ans, archevêque d’Addis Abeba de 1977 à 1998.
Le 22 janvier a atteint quatre-vingts ans le cardinal jésuite slovaque Jan Korec, depuis 1990 évêque de Nitra. À cette date donc, le Sacré Collège est composé de cent quatre-vingt-douze cardinaux, sur lesquels cent trente ont droit de vote dans un éventuel conclave.
En février, trois cardinaux atteindront quatre-vingts ans: le 5, l’indien Simon Lourdusamy, le 21, l’italien Silvano Piovanelli et le 29 le polonais Andrzej Deskur.


SAINTS/ I
Lettre du Pape sur la doctrine mariale de saint Louis-Marie Grignion de Montfort. Saint Jean d’Avila, prochain docteur de ’Église?

Le 13 janvier a été rendue publique une lettre écrite par Jean Paul II à l’occasion du cent soixantième anniversaire de la publication du Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge de saint Louis-Marie Grignion de Montfort. «La doctrine de ce saint», a souligné le Pape, «a exercé une influence profonde sur la dévotion mariale de nombreux fidèles et sur ma propre vie».
Après cette lettre, il semble, en tout cas, que s’évanouisse l’hypothèse que saint Louis-Marie puisse être proclamé docteur de l’Église, comme cela avait pourtant été, même en haut lieu, souhaité.
Pour devenir docteur de l’Église on trouve, en revanche, en pole position saint Jean d’Avila, qui a vécu entre 1500 et 1569 et qui était ami de sainte Thérèse d’Avila, de saint Jean de Dieu et de saint François Borgia. Saint Jean d’Avila, qui est considéré comme l’un des théologiens de référence du Concile de Trente, a été canonisé en 1970; il est le patron du clergé séculier espagnol et la cause pour le promouvoir docteur de l’Église a été engagée par l’épiscopat espagnol (CEE). Selon des représentants de la CEE cités par l’agence de presse catholique Aciprensa du 16 janvier, la cause introduite pour déclarer saint Jean d’Avila docteur de l’Église «serait très proche de l’approbation définitive».
SAINTS/ 2
Charles de Habsbourg vers les autels. Isabelle de Castille non

Le 20 décembre ont été promulgués les décrets concernant les miracles attribués à l’intercession de quatre bienheureux, parmi lesquels Gianna Beretta Molla, et de sept serviteurs de Dieu, parmi lesquels Charles Ier d’Autriche, ainsi que ceux pour la reconnaissance des vertus héroïques de sept serviteurs de Dieu. Charles de Habsbourg, dit-on, pourrait être béatifié au cours de l’année 2004.
En revanche, le jour où Isabelle de Castille, la très catholique fondatrice de la monarchie espagnole, pourra devenir sainte ne semble pas proche, bien que tombe cette année le cinq centième anniversaire de sa mort. Le Saint-Siège semble en effet vouloir agir avec une extrême prudence pour une double raison. D’abord l’épiscopat espagnol n’est pas unanimement favorable à cette béatification (les prélats basques et catalans ne semblent pas la désirer). Et puis, le fait qu’aient été chassés de la péninsule ibérique les juifs et les Maures sous son règne pourrait créer des problèmes avec le monde juif et le monde islamique.


SALÉSIENS/ I
Don dal Covolo postulateur général des Salésiens

Le 10 décembre, il a été annoncé que le recteur majeur des Salésiens don Pascual Chávez avait nommé don Enrico dal Covolo postulateur général de sa société. Celui-ci succède à don Pasquale Liberatore, disparu soudainement à la fin du mois d’octobre. Don dal Covolo, cinquante-trois ans, originaire de Vénétie, est prêtre depuis 1979. Il est depuis 1986 professeur à la faculté des Lettres chrétiennes et classiques de l’Université pontificale salésienne et a assumé durant ces années le rôle de consulteur auprès de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Don dal Covolo a été nommé pour une période déterminée avec la charge de faire avancer les causes en cours ainsi que d’autres dossiers urgents dans ce secteur, tout en conservant son enseignement à l’Université salésienne. Parmi les causes dont dal Covolo “hérite” de don Liberatore, il y a celle du pape Jean Paul Ier. À ce sujet, don Enrico se souvient avec plaisir que son oncle paternel, Mgr Antonio dal Covolo, fut le compagnon d’études théologiques d’Albino Luciani, lequel, surtout, était un grand ami de la famille.


SALÉSIENS/ 2
Le gouverneur Fazio reçoit le doctorat honoris causa

Le gouverneur de Bankitalia, Antonio Fazio, a reçu le doctorat honoris causa en Théologie morale sociale à l’Université pontificale salésienne. La cérémonie s’est déroulée le 13 décembre. Étaient présents les cardinaux Roger Etchegaray, Agostino Cacciavillan et Antonio María Javierre Ortas, ainsi que Cesare Geronzi, président de Capitalia. C’est un motet du XVIe siècle, Estote fortes in bello et pugnate qui a été choisi comme chant initial. Avant de commencer sa leçon doctorale sur “Économie et sciences morales”, Fazio a rappelé la personne du salésien don Domenico Villani, à qui, a dit le gouverneur, «[il] doit beaucoup» comme «conseiller spirituel et culturel».


CRISE PARMALAT/ I
L’évêque de Parme

«Aujourd’hui, nous ne pouvons pas feindre que la crise Parmalat n’existe pas ou qu’elle ait lieu hors de l’Église». C’est ce qu’a dit Mgr Cesare Bonicelli, évêque de Parme, dans son homélie durant la messe célébrée à Collecchio. Les paroles du prélat ont été rapportées par la Repubblica du 19 janvier.


CRISE PARMALAT/ 2
Ruini à la CEI

Dans un article de Leonardo Zega publié en première page sur La Stampa du 20 janvier, ont été reprises des déclarations de hauts représentants de l’Église sur l’affaire Parmalat et, en particulier, les propos de l’évêque de Parme et du cardinal Camillo Ruini. Ce dernier a souligné comment «des surprises amères de ce genre sont une puissante incitation à redécouvrir la valeur de l’éthique, non seulement comme un facteur extérieur aux activités économiques, mais comme condition intrinsèque de leur déroulement sain et constructif». L’article se conclut ainsi: «L’Église italienne a montré qu’elle était vigilante et attentive à un phénomène dégénératif qui pèse fortement sur la vie et sur le moral des citoyens. Même s’il lui faut parfois réparer quelque innocente “distraction”. Il y a eu un temps où Tanzi était révéré de tous, clergé y compris. Mais qui pouvait savoir, si les contrôleurs mandatés, Tanzi lui-même et ses plus étroits collaborateurs déclarent qu’ils ne se sont jamais aperçus de rien?».


CRISE PARMALAT/ 3
La barque de Göring

«On dit qu’elle appartenait à Hermann Göring et qu’après la guerre elle a été emportée aux États-Unis comme butin de guerre». On dit que son nom, Te Vega, a été inspiré par la femme suédoise du feld-maréchal nazi. On raconte aussi qu’elle n’a pas porté chance». C’est en ces termes que la Repubblica du 7 janvier parlait de la barque achetée par Calisto Tanzi.


ITALIE/ I
Caffarra archevêque de Bologne à la place de Biffi

Le 16 décembre, Carlo Caffarra a été nommé archevêque de Bologne à la place du cardinal Giacomo Biffi qui a eu soixante-quinze ans le 13 juin dernier. Caffarra a soixante-cinq ans, il est originaire de Busseto (la patrie de Giuseppe Verdi) et est prêtre depuis 1961. Spécialiste de doctrine morale du mariage et de questions de bioéthique liées à la procréation, il a été appelé par Paul VI en 1974 à faire partie de la Commission théologique internationale où il a accompli deux mandats de cinq ans. En 1981, le pape Jean Paul II l’a mis à la tête du tout récent Institut pontifical “Jean Paul II” pour les études sur le mariage et la famille et l’a nommé en 1995 archevêque de Ferrare-Comacchio, charge qu’il a conservée jusqu’à sa nomination à Bologne. C’est l’un des rares ecclésiastiques à avoir son propre site web – www.caffarra.it – d’où ses fans diffusent ses homélies et ses autres interventions.
Dans les commentaires qui ont accueilli sa nomination, quelqu’un a fait remarquer que l’archidiocèse de Ferrare possède quarante grands séminaires, un chiffre remarquable surtout si on le compare aux dimensions du diocèse (276 000 fidèles): il suffit de penser que Bologne (919 000 fidèles ) n’en possède que trente-quatre.


ITALIE/ 2
Menichelli archevêque d’Ancône, Pascarella coadjuteur à Pozzuoli

Le 8 janvier, Edoardo Menichelli, soixante-quatre ans, a été nommé archevêque d’Ancône-Osimo. Menichelli, qui est originaire de la région de Macerata, était depuis 1994 archevêque de Chieti-Vasto et avait précédemment travaillé dans la Curie romaine comme official de la Signature apostolique et de la Congrégation pour les Églises orientales où, entre autres, il avait été secrétaire particulier du cardinal Achille Silvestrini.
Le 10 janvier, Gennaro Pascarella, cinquante-six ans, originaire de la région de Caserta, a été nommé évêque coadjuteur de Pozzuoli. Ordonné prêtre en 1974, il était depuis 1998, évêque d’Ariano Irpino-Lacedonia.


ARABIE
Nomination de l’auxiliaire de Mgr Gremoli

Le 20 décembre, la capucin suisse Paul Hinder, soixante et un ans, a été nommé évêque auxiliaire pour le vicariat apostolique d’Arabie. Il secondera le titulaire du vicariat, le capucin toscan Giovanni Bernardo Gremoli, soixante-dix-sept ans, qui se trouve à Abou Dhabi depuis 1975. Hinder, après avoir exercé son activité pastorale dans son pays d’origine entre 1993 et 2000, a été vice-président des Capuchin Friars International et est depuis 2001 définiteur général de son ordre.


SAINT-SIÈGE/ I
De Paolis secrétaire de la Signature. Di Mauro délégué à l’APSA

Le 30 décembre, le scalabrinien Velasio de Paolis, soixante-huit ans, originaire de la région de Latina, a été nommé secrétaire du Tribunal suprême de la Signature apostolique. Il prend la place de Francesco Saverio Salerno, qui a eu soixante-quinze ans le 27 août dernier. De Paolis, prêtre depuis 1961, docteur en Droit canonique à l’Université grégorienne et docteur en droit à l’Université “La Sapienza” de Rome, enseigne depuis 1971 à la Grégorienne et également, depuis 1987, à l’Urbanienne, où il est depuis 1998 doyen de la faculté de Droit canonique. Il est consulteur de nombreux dicastères de la Curie romaine.
Le 2 janvier, Mgr Vincenzo Di Mauro, cinquante-deux ans, originaire de Monza, a été nommé délégué de la section ordinaire de l’Administration du patrimoine du Saint-Siège. Di Mauro, prêtre depuis 1976, docteur en Lettres, a été chef de bureau au Conseil pontifical pour les Laïcs de 1995 à 1998, date à laquelle il est devenu curé de Sainte-Marie-du-Caravage à Milan.


SAINT-SIÈGE/ 2
Stiglitz nommé membre de l’Académie des Sciences sociales

Le 20 décembre, Joseph Stiglitz, soixante ans, professeur d’Économie à la Columbia University, a été nommé membre ordinaire de l’Académie pontificale des Sciences sociales. Stiglitz a été président des conseillers économiques du président des USA, Bill Clinton, de 1993 à 1997, et vice-président des économistes de la Banque mondiale de 1995 à 2000. En 2001, il a reçu le Prix Nobel pour l’économie.


DIPLOMATIE/ I
Assassinat de l’archevêque Courtney, nonce au Burundi. Gallagher nommé à sa place

Le 29 décembre, a été assassiné l’archevêque irlandais Michael Aidan Courtney, nonce au Burundi. Il retournait à Bujumbura, la capitale, lorsque des coups de feu tirés sur la jeep sur laquelle il voyageait l’ont blessé à mort. Courtney était nonce dans ce pays africain depuis 2000. Le jour de sa mort était arrivée à la Secrétairerie d’État du Vatican l’approbation officielle de la part des autorités de La Havane de sa nomination comme nonce à Cuba.
C’est la première fois, au moins à notre époque, qu’un nonce meurt de mort violente. Il est arrivé dans le passé qu’un nonce soit expulsé ou malmené, comme cela a été le cas, par exemple, au début des années Quatre-vingt-dix, à Haïti, pour Giuseppe Leanza, qui était alors nonce.
Le 22 janvier a été annoncé le nom du successeur de Courtney. Il s’agit de Paul Richard Gallagher, cinquante ans le lendemain de sa nomination, né à Liverpool, en Grande-Bretagne. Il a en même temps été élevé à la dignité archiépiscopale. Prêtre depuis 1977, il est entré en 1984 dans le service diplomatique vatican et a exercé son activité en Tanzanie, Uruguay, aux Phlippines et dans la section rapports avec les États de la Secrétairerie d’État. Il était depuis 2000 observateur auprès du Conseil de l’Europe de Strasbourg.


DIPLOMATIE/ 2
Causero nonce en République tchèque, Moliner en Éthiopie et à Djibouti

Le 10 janvier, l’archevêque Diego Causero a été nommé nonce apostolique en République tchèque. Causero, soixante-quatre ans, originaire du Frioul, est prêtre depuis 1963. Il est entré dans le service diplomatique vatican en 1973 et a travaillé dans les représentations pontificales du Nigeria, d’Espagne, de Syrie, d’Australie, de Genève (ONU), d’Albanie. En 1993, il a été promu archevêque et nonce apostolique en République centrafricaine et au Congo. Il était depuis 1999 représentant pontifical en Syrie.
Le 17 janvier l’archevêque Ramiro Moliner Inglés, soixante-trois ans, espagnol, a été nommé nonce apostolique en Éthiopie et à Djibouti et délégué apostolique en Somalie. Entré dans le service diplomatique en 1973, il a exercé son activité dans les nonciatures de Nouvelle Zélande, d’Équateur, du Costa Rica, du Brésil, d’Uruguay, du Soudan et de Grande-Bretagne. En 1993, il a été promu archevêque et nonce apostolique en Papouasie-Nouvelle-Guinée et dans les îles Salomon. Il était depuis 1997 représentant pontifical au Guatemala. Il faut noter que, jusqu’à cette nomination, la charge de délégué apostolique en Somalie était associée à celle de nonce au Soudan.


DIPLOMATIE/ 3
Nouveaux ambassadeurs du Paraguay, de la République dominicaine, de Côte d’Ivoire et d’Indonésie

Quatre nouveaux ambassadeurs près le Saint-Siège ont récemment présenté leurs lettres de créance. C’étaient :
Le 9 décembre, l’ambassadeur du Paraguay, Marcos Martinez Mendieta, soixante-quatre ans, dans la carrière diplomatique depuis 1967, anciennement représentant aux USA et en Allemagne et, depuis 2001, vice-ministre des Affaires étrangères.
Le 15 décembre, l’ambassadeur de la République dominicaine, Carlos Rafael Conrado Marion-Landais Castillo, soixante-trois ans, professeur d’université, responsable du programme de construction d’écoles primaires dans son pays depuis 1999.
Le 10 janvier, l’ambassadeur de Côte d’Ivoire, Kouamé Benjamin Konan, cinquante-quatre ans, diplomate de carrière, premier conseiller d’ambassade en Afrique du Sud, ces dernières années.
Le 10 janvier toujours, l’ambassadeur d’Indonésie, Bambang Prayitno, cinquante-huit ans, lui aussi diplomate de carrière, ministre d’ambassade en Autriche, ces trois derniers mois.
Il faut ajouter encore que, le 12 décembre, ont présenté leurs lettres de créance quatre ambassadeurs près le Saint-Siège qui ne résideront pas à Rome. Il s’agit des nouveaux représentants du Danemark (Birger Dan Nielsen, soixante ans, résidant en Suisse), de Singapour (Walter Woon, quarante-sept ans, résidant en Belgique), du Qatar (Mohammad Jaham Abdulaziz Al-Kawari, quarante-cinq ans, résidant en France) et d’Estonie (Priit Kolbre, quarante-sept ans, résidant dans sa patrie).


DIPLOMATIE/ 4
Balboni Acqua nouvel ambassadeur d’Italie

Le 9 janvier le nouvel ambassadeur d’Italie près le Saint-Siège a présenté au Pape ses lettres de créance. Il s’agit de Giuseppe Balboni Acqua, soixante-trois ans, originaire des Marches, diplomate de carrière, marié avec deux enfants. Il a été ambassadeur à Varsovie de 1993 à 1997. Le nouvel ambassadeur a dit à ce propos dans son discours: «Je garde un souvenir inoubliable de cette mission diplomatique, de la richesse de la ferveur chrétienne du peuple polonais, de l’engagement pastoral généreux des nombreuses autorités ecclésiastiques que j’ai eu l’occasion de rencontrer et du grand dévouement au bien commun des autorités civiles, nationales et locales».


DIPLOMATIE/ 5
Modification de la convention monétaire Italie-Saint-Siège

Le 22 décembre a été effectué à la Farnésine l’échange de notes sur la modification de la convention monétaire entre l’Italie, pour le compte de l’Union européenne, et l’État de la Cité du Vatican, signée à Rome en décembre 2000. La modification consent au Saint-Siège d’augmenter le contingent d’euros (de six cent soixante-dix mille à un million) à son effigie par rapport à la quantité fixée il y a trois ans.







Pisanu et la lettre de Paul VI aux Brigades rouges


Paul VI avec Aldo Moro

Paul VI avec Aldo Moro

«Derrière mon dos, quand je suis assis dans mon bureau au Viminal, il y a, encadrée, la lettre contenant l’appel de Paul VI aux Brigades rouges, cette tentative pour sauver la vie du président Moro, qui, malheureusement, est restée sans effet. Je la regarde tous les jours et je l’ai regardée ce matin encore. Avec émotion». C’est là premier commentaire, publié sur la Repubblica du 15 janvier, que le ministre de l’Intérieur Giuseppe Pisanu a fait à la suite de l’arrestation, au Caire, de deux fugitifs historiques des Brigades rouges. Il s’agit, pour l’un d’eux, de Rita Algranati qui, le 16 mars 1978, participa à l’embuscade de via Fani durant laquelle fut séquestré Aldo Moro et furent tués les hommes de son escorte.




Les activistes de la Rédemption


L’arrestation d’un colon par la police israélienne

L’arrestation d’un colon par la police israélienne

C’est ainsi que sont désignés, dans un article publié sur la Repubblica du 23 décembre, les personnes appartenant au mouvement des colons religieux, mouvement actif en Israël depuis 1977 et qui a beaucoup influencé, et continue d’influencer, les choix politiques de l’État. Nous en rapportons un passage: «Enfants de la rencontre entre sionisme et judaïsme orthodoxe, les colons religieux se nourrissent de la “théologie de la Terre”. Une théologie politique très peu sécularisée qui se fonde sur une croyance religieuse particulière. Celle selon laquelle la possession de la totalité de la Terre d’Israël […] permettra la réunion de tout le peuple d’Israël sous le signe de la Torah d’Israël. Condition fondamentale pour l’avènement de la Rédemption, laquelle met fin à l’exil de l’homme loin de Dieu et rétablit l’harmonie originale de l’univers, le tikkun, interrompue par la catastrophe cosmique qui a donné naissance au Mal. Contrairement à la tradition juive, qui abandonne à la volonté divine le temps et le mode de la Rédemption, les disciples de la “théologie de la Terre”, fauteurs d’un activisme messianique, considèrent que les hommes ont un rôle à jouer dans l’accélération du processus du salut. C’est la raison pour laquelle ils colonisent la Terre. La possession d’Eretz Israël est conçue comme le catalyseur d’un événement destiné à marquer le sort du monde. Tous ceux qui, Palestiniens ou Israéliens, s’opposent à l’intégrité d’Eretz Israël au nom de la formule “paix contre territoires” ne font pas tant obstacle à un processus politique, qu’à un événement de nature divine».




Les “néocon” et la culture de la “Vieille Europe”


Jean Paul II avec José Maria Aznar, le 23 janvier 2004

Jean Paul II avec José Maria Aznar, le 23 janvier 2004

Dimanche 21 décembre a paru sur La Stampa un article intéressant d’Enric Juliana, vice-directeur de la Vanguardia de Barcelone, dans lequel celui-ci commentait le résultat électoral de la Generalitat catalane (le Parlement catalan dont le socialiste Pasqual Maragall a obtenu la présidence grâce à l’appui des indépendantistes de l’Esquerra republicana de Catalunya et des post-communistes d’Initiativa per Catalunya). Nous en rapportons la conclusion: «Et, comme cela se produit dans beaucoup de coins du monde après le 11 septembre, en Espagne, deux façons de penser différentes sont sur le point de s’opposer de front: d’une part la pensée “neocon”, dont Aznar est un représentant important et qui est nourrie par la polarisation, laquelle ne déteste pas la querelle et tend à considérer tout accord comme un signe de faiblesse; de l’autre, la culture politique de la “Vieille Europe” (sociale-démocrate et chrétienne-démocrate), prête à pactiser, qui regarde du côté du fédéralisme et qui est hostile aux heurts de front. Le “tournant” catalan, bien plus que le terrible et stérile problème basque, est la clef d’une situation passionnante dont il n’est pas sûr qu’elle se termine bien».


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